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Beatles For Sale


Maxime, le 26/10/2009

Beatles 09.09.09 : past & present masters

L'infini à portée des caniches


Avoir, entre ses mains moites par l’émotion, l’intégrale de Beatles, c’est un peu tenir, pour reprendre la fameuse définition que donnait Céline à l’amour, l’infini à la portée des caniches. Savoir que les 16 disques qui composent le coffret stéréo (celui qui s’écoule le plus, on chiffre déjà la chose en millions) renferment 520 minutes qui ont fait et font partie du quotidien de millions (milliards ?) d’êtres humains sur la planète depuis presque 50 ans rend toute considération sur sa présentation actuelle presque superflue, aussi classieuse soit-elle. Le fond est si énorme que la forme, ravaudée en ce début de millénaire, apparaît presque accessoire… Sauf que le grand enjeu de l’affaire est bel et bien que cette remasterisation (la première depuis les premiers pressages CD en 1987), époussetage mineur en apparence, mette en valeur de la façon la plus fidèle possible le fond. Qui reste, édition pourrie ou flambant neuve, si considérable, que le terme même s’avère impuissant à en retranscrire la portée. N’empêche, il aura fallu attendre de longues années après le Who, Kinks, Led Zeppelin, Rolling Stones et centaines d’autres groupes obscurs, pour que le plus grand d’entre tous soit décemment présenté sur CD. A l’heure où celui-ci vit ses dernières heures.


Toute remasterisation obéit à un principe de rétroaction : on engage les moyens techniques contemporains, la technologie dernier cri, pour mettre en valeur une œuvre du passé en tentant d’en préserver les qualités mais aussi les imperfections originelles. A ce titre, le coffret stéréo illustre dans sa forme cette collusion entre passé et présent, puisqu’il ressemble à la fois à un cercueil (il scelle l’œuvre et un âge d’or de la pop révolus) et au monolithe de 2001 (objet quasi-surnaturel que des générations ont arpentées et arpenteront encore longtemps pour détenir les clés de l’immortalité). Sauf que notre regard sur le passé n’est fondamentalement pas objectif : en s’attelant à des enregistrements de plus de 40 ans, avec des moyens techniques qui ont considérablement changés, on ne fait que le fantasmer, en reproduire une image qui ne fait que correspondre à nos désirs actuels. Walter Benjamin l’a expliqué avec clarté dès les années 30 : la reproduction mécanique des œuvres d’art en a considérablement modifié la substance. On peut produire des millions de copies correctes d’une œuvre, mais on la détache ainsi de son "aura" originelle, de l’époque qui l’a vue naître, son hic et nunc. Tous les trésors d’ingéniosité qu’ont déployés les ingénieurs d’Abbey Road, trimant pendant quatre ans à ces remasterisations, n’ont ainsi eu pour unique but que de rester fidèle le plus possible à l’aura originelle du catalogue des Beatles, autrement dit les premiers pressages anglais sur vinyle. Le numérique comme entreprise d’exhumation des grandes heures du son analogique : rétroaction.

Or, toute remasterisation n’est pas innocente. Ceux qui, dans les laboratoires de la Cinémathèque française, nettoient les copies d’un film de Renoir ou de Murnau pour les numériser et les conserver ainsi plus aisément le savent bien. Dès que vous ré-étalonnez une pellicule, ajustez le format de l’image, grattez les couleurs, vous modifiez l’œuvre, vous changez imperceptiblement sa forme et ce parfois même aux dépends de la vision initiale du réalisateur (ou de son chef op). La qualité de noir d’un film comme l’Aurore n’est pas la même, selon que vous visionnez la bobine originelle ou un transfert digital dernier cri. Le numérique agit ainsi à la fois comme préservation (rendre l’œuvre fidèle à sa forme originelle) et révélation (on dévoile des pans que la dégradation de l’œuvre avaient cachés avec le temps, comme avec un tableau qu’on nettoie : ici, dans le cas des Beatles, des bribes de son, des pistes que les précédentes éditions ne révélaient pas, des fréquences sorties de l’oubli). Pour mesurer le critère d’authenticité de ces présentes remasterisations, il faut donc en interroger la genèse. Et il y a de quoi grincer des dents…

Get back, George !


Grincer des dents, car le mot d’ordre n’a pas été reformulation mais simple lifting : en clair, l’objectif a consisté à améliorer le transfert au moyen de plug-ins inédits, et non de reprendre le travail à zéro, alors que c’était la seule chose qui s’imposait. Car pour les Beatles, la version de référence est bel et bien la mono jusqu’en 1967 (jusqu’au White Album), celle sur laquelle George Martin et les techniciens d’Abbey Road concentraient tous leurs efforts, puisque l’équipement majoritaire à l’époque était monophonique. Seuls les Américains s’étaient convertis plus rapidement à la stéréo. Voilà pourquoi Capitol (qui éditait le catalogue EMI pour le continent) s’est livré d’emblée à un passage de la mono vers la stéréo pour que les disques conviennent à l’équipement des foyers. Et se livrer ainsi à véritable travail de boucher, une entreprise de défiguration massive. Sans aller quérir les avis de George Martin et du groupe, Capitol a sauvagement écartelé le mono en une stéréo désastreuse, scindant les pistes et les distribuant quasi-arbitrairement entre les deux baffles. Résultat, on trouvait grosso modo les voix et les guitares dans un haut-parleur, la section rythmique dans l’autre, ajoutant de l’écho pour masquer grossièrement le tout, dévoyant complètement le son original des Beatles. Le pire restant que c’est sur cette jurisprudence que les CD ont été masterisés dans les années 80, préservant ainsi cette spatialisation douteuse du son, en dépit de tout respect pour le matériau initial.


On attendait donc que ces remasterisations réparent l’injustice. Pour que les présentes versions stéréo s’avèrent intéressantes, il aurait donc fallu alpaguer George Martin et les membres restants pour qu’ils s’installent derrière la console de son, ressortent les bandes des boites et reprennent tout depuis le début. Qu’ils se demandent pour chaque morceau si la batterie doit être laissée dans les deux enceintes, où placer le chant, comment faire dialoguer tel riff et avec telle note de piano en essayant de rester le plus possible fidèle à l’esprit des masters originaux. Entendu que la version faisant autorité est la mono et que, dès lors, toute masterisation en stéréo n’est qu’une interprétation fondamentalement infidèle à l’original (du moins jusqu’au White Album donc), il fallait se livrer à cette entreprise aussi titanesque que chimérique : repenser, avec 40 ans de retard, les Beatles en stéréo. On en demandait beaucoup. Sans doute trop. Aussi apprend-ton que Paul McCartney, Ringo, Yoko Ono et Dhani Harrison (fils de George) n’ont pas participé à l’affaire, se contentant de cautionner lointainement, pour préférer réserver leurs déclarations publiques au jeu Rock Band qui, lui, a bénéficié d’un retour sur les bandes originelles pour cause de jeu se basant sur le principe du multi-pistes. Le boutonneux branlant sa guitare en plastique a été préféré à l’audiophile fidèle, mais dans quel monde vit-on ?! Et là, on fulmine de plus belle en apprenant que les services de George Martin n’ont pas été sollicités une seule seconde sur le projet. Pas un mot, pas une note, rien de rien. Le producteur attitré des Beatles sur la quasi-intégralité de leur répertoire, le type qui a passé les bandes de "Tomorrow Never Knows" à l’envers, qui a réussi à caler ensemble les parties de Macca et Lennon, au rythme différent, pour donner naissance à ce prodige qu’est "A Day In The Life", le bonhomme qui a accompagné, depuis le début, l’évolution des Fab Four n’a pas eu une seule fois droit au chapitre. On dit l’homme à la retraite, sourd comme un pot. N’aurait-il pas été possible de lui faire écouter les bandes avec un sonotone, ou au moins lui demander un avis consultatif ? Ce mépris des Anciens donne des envies de meurtre. Vraiment. Exit papy Martin donc, et bonjour Allan Rousse qui, fort de son expérience sur The Beatles Anthology et Let It Be… Naked, s’attèle à cette entreprise d’ampleur.

Mono vs stéréo : le duel


Pour tout dire, jusqu’à cette date fatidique du 09/09/09 on avait préféré fermer les écoutilles face au barnum beatlesien. On ne voulait pas lire les échos de la presse et des premiers acquéreurs tant que l’on n’aurait pas jugé soi-même sur pièces. Quelques semaines avant la sortie, les prix définitifs sont tombés. 215 euros le coffret stéréo, 250 le mono. La bourse modeste du rédacteur d’albumrock lui impose un choix. Il opte pour le coffret stéréo et entre donc dans le camp des progressistes. Un ami et beatles-fan tout aussi acharné choisit alors son équivalent mono. Il rejoint ainsi le camp des rétrogrades. Tous deux ont pré-commandé leur objet sur amazon.com et non .fr, profitant ainsi des taux de change favorables entre le dollar et l’euro et se faire au passage une ristourne de près de 100 euros très appréciée. Fans acharnés, certes, mais pas friqués. Chacun reçut son coffret le jour même et fixa l’heure du duel à midi. Se défiant du regard, les adversaires défirent leur paquet.


Le rédacteur d’albumrock exulte : "Regarde-moi ce superbe coffret ! Le côté est aimanté, il y a un petit ruban à l’intérieur des deux cavités abritant les disques qui me permet de les sortir sans les abîmer. Regarde donc ton petit truc en carton de rien du tout, on dirait un gros étui à cigarettes tout moche."
- "Tais-toi donc ! Regarde ces versions réplica fidèles aux vinyles originaux. C’est sobre et classieux. Parfait."
- "Me fait pas rire, hé pécore ! Chaque disque stéréo referme un livret en beau papier cartonné et glacé avec des notes de pochettes et des photos inédites. Regarde : c’est McCartney lui-même qui signe celles de Sgt Pepper’s ! L’étui est en carton rigide, on pourra sortir et ressortit les disques à loisir sans l’abimer."
- "Pff, et alors ? Qui va lire les notes de pochettes ? Toi, peut-être ? Tu penses vraiment qu’elles vont t’apprendre quelque chose de plus que le livre Anthology ou n’importe quel ouvrage bien documenté sur les Beatles, qui sera, lui, traduit en français ?!"
- "Peut-être, mais moi j’ai une piste multimédia sur chaque album avec un mini making-of comportant des images inédites. Parfaitement, môssieur ! Il y a même un DVD qui les compile tous au fond du coffret."
- "Et bien voyons ça."

Plus le visionnage avance, plus le pro-mono ricane. On n’apprend évidemment rien sur ces petits documentaires qui s’attardent sur chaque album en moins de 5 minutes. Pour avoir du lourd, autant, une nouvelle fois, se tourner vers les impeccables documentaires Anthology réédités il y a quelques années en DVD.

Back to Mono


Le rédacteur toussote pour avaler une fierté légèrement meurtrie. On a passé assez de temps sur l’emballage. Attaquons le fond. Les compères convinrent de la marche à suivre suivante : passer chaque album par ordre chronologique, la version stéréo puis la mono. La confrontation débute donc avec Please Please Me. "One, Two, Three, Four", et "I Saw Her Standing There" ouvre la fanfare. Le scribouilleur webzinesque commence par exulter. Beau travail de polish. Le son est définitivement meilleur. La basse est gironde, la batterie percutante, les lignes de chant claires. On sent encore le grain de l’analogique, le souffle, les parasites, ça reste authentique et délectable à l’écoute. Les Beatles y trouvent un groove inédit. Ce moment d’exaltation ne dure pas, car bien vite il se rend compte que la répartition stéréo de 1987 demeure. Et son insupportable partage des baffles avec. Il ne s’agit, en fin de compte, que des versions eighties améliorées, on ne peut plus satisfaisantes pour l’auditeur moderne, mais insuffisantes pour qui exige le son Beatles à son apogée. Le réac nargue son contradicteur avec son t-shirt Phil Spector floqué du slogan Back To Mono, et enfourne sa rondelle de plastique dans la platine. Ça n’a pas de comparaison. La mono reste définitivement la meilleure version. A l’aise. Présente sur tous les fronts, la batterie de Ringo reconquiert enfin de sa superbe. Les guitares sont mordantes. Les cris de Lennon sur "Twist And Shout" flanquent la chair de poule. La chaleur dégagée, qui respire les consoles à lampes, est insurpassable. Le progressiste peut aller moucher son désespoir dans un Libé ou un numéro des Inrocks. Il a l’impression d’écouter pour la première fois les Beatles. Avec le son qu’ils auraient toujours dû avoir. Le groupe sonne comme jamais, dynamique et mélancolique, puissant et subtil, juvénile et mature, suant dans les caves d’Hambourg comme nonchalamment allongé sur les canapés de la maison de Lennon à Kenwood. Standards rock’n’roll, balades langoureuses, riffs de génie ("I Want To Hold Your Hand", "Paperback Writer", "Ticket To Ride"…), tout y passe, en mieux.

Le chroniqueur d’albumrock vacille, car on arrive aux deux pièces maîtresses, aux albums qu’il vénère par-dessus tout : Rubber Soul et Revolver, cette époque bénie où, marchant encore main dans la main, Lennon et McCartney s’aventurent vers des terrains inédits sans renier les mélodies et céder à l’esbroufe du flower power. Juste cet art de la chanson avec un petit peu d’herbe et d’acide. La mono s’impose comme jamais. C’est particulièrement criant sur Revolver. Quel groove ce "Taxman", tandis que son équivalent stéréo met trop en avant les coups de tambourins et les maracas de Ringo (on n’entend que ça). Quelle émotion ce "Eleanor Rigby" ! Alors que sur la version bi-canaux la répartition du chant (couplet dans une enceinte, refrain et chœurs dans les deux) enlaidit tout et passe les cordes au second plan. Sur monophonie, Revolver ne perd rien de sa richesse ni de sa production visionnaire. Au contraire même. Les pistes enjouées pétaradent de plus belle ("Got To Get Her Into My Life", "And Your Bird Can Sing") et les morceaux psychédéliques déversent un fleuve multicolore dans lequel on se baigne avec déraison ("Love You To" envoûte, "I’m Only Sleeping" transporte, "Tomorrow Never Knows" fait entrer en transe). Victoire complète par KO. L’écoute comparative de Sgt Pepper’s et de Magical Mystery Tour ne fait qu’enterrer ce constat une bonne fois pour toutes.


Les forces s’équilibrent nettement à partir du double blanc. Mono ou stéréo, c’est un bonheur égal. Le disque y brille de mille feux. De fait, jusqu’à Let It Be en passant par Abbey Road, la stéréo assure sans problème, et respecte même l’âpreté d’un "Come Together" ou d’un "I Want Her (She’s So Heavy)". Le réac fait remarquer d’un air narquois mais non sans raison qu’il aurait été bizarre qu’il en fut autrement puisqu’à l’époque ces albums étaient déjà conçus pour la stéréo. Voilà pourquoi, tout comme la BO de Yellow Submarine, Abbey Road et Let It Be ne sont pas disponibles dans le coffret mono. Mais une nouvelle fois, la mono gagne le match puisque les versions stéréo sont disponibles à l’unité. Facile donc de compléter les exemplaires manquants, alors qu’à l’inverse, si on veut du mono, c’est le coffret (en tirage limité de surcroit), ou rien. Là encore, il y a motif à râler : pourquoi EMI n’a-t-il pas imité Universal avec sa collection deluxe en proposant, tout comme son concurrent l’a fait pour les grands albums des Who ou du Velvet Underground, un coffret unique par album regroupant la version stéréo sur un CD et la mono sur un autre ? Le tiroir caisse aura donc une nouvelle fois raison sur tout et seuls les plus nantis pourront avoir le luxe de ne pas choisir. Pour le lecteur qui se demande quel coffret il désire voire trôner au pied de son sapin de Noël, le choix du rédacteur d’alburmock, déconfit et un peu honteux, se porte donc bel et bien sur le mono, agrémenté des albums manquants en stéréo. Autant commencer à économiser dès maintenant.

Bien sûr, pour pleinement apprécier les Beatles dans des conditions optimales, c’est évidemment vers les pressages originaux anglais qu’il faut se tourner. Compter 200 euros pièce minimum sur Ebay. Aie. Ou bien alors traquer les pressages français (chez Odeon) dans les puces et autres brocantes, en écumant au préalable le net pour s’assurer que le code matrice correspond bien à la version mono (ça n’est pas toujours mentionné explicitement sur le disque). La quête de l’excellence est à ce prix. Qui le fera l’écoutera. Et qui l’écoutera n’en reviendra pas.

Maxime
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Commentaires
Arbitre, le 27/09/2020 à 03:24
Moi aussi j'ai eu la chance d'avoir un père qui disposait d'un véritable trésor musical. Grâce à lui, j'ai pu connaître Jefferson Airplane, Neil Young et CSNY, Jethro Tull, King Crimson, Genesis, Peter Gabriel, et même Steve Hackett. Rien que ça. Mais les Beatles, c'est grâce à mon oncle. Bien sûr, comme vous le dites vous-même, je connaissais déjà le nom "Beatles", ainsi que les noms des 4 scarabées, tant ils étaient célébrissimes. On entendait encore, à cette époque, "Love me do" à la radio, indépendamment du fait qu'on était au début des années 80, et que John Lennon venait de se faire assassiner. Mais pour Noël 83, mon tonton est venu passer les fêtes chez nous. Il faisait alors son service militaire, et avait amené avec lui les 2 doubles rouge/bleu. C'était des disques qu'un pote de l'armée lui avait prêtés. Eh bien il est rentré à la caserne sans eux. Je lui avais clairement fait comprendre qu'il n'y avait rien à négocier. C'était du racket, ni plus ni moins. Je n'avais que 10 ans. Depuis, pendant au moins 4 années, ma famille se transmettait la liste des albums que je n'avais pas encore, mise à jour scrupuleusement, pour ne pas avoir à me demander quel cadeau je souhaitais pour mon anniv ou pour Noël. 30 ans plus tard, avec des potes de fraiche date, on a passé une soirée/nuit à se passer toute la collection des Beatles, au plus grand plaisir de tous. Qu'on se le dise, au début des années 2010, les Beatles avaient encore la faculté de mettre tout le monde d'accord !
Arbitre, le 27/09/2020 à 03:08
J'ignorais totalement qu' "Helter skelter" avait un lien avec le "I can see for miles" des Who. Morceau effectivement démoniaque, frisant un Metal que n'ont pas renié Slayer ("Haunting the chapel" et "At dawn they sleep"). Quand Charles Manson l'écoutait, il entendait des voix l'incitant à commettre un meurtre de masse (c'est ce qu'il a dit à son procès, à la grand tristesse de Mac Cartney). Concernant le "Satanic majesties" des Stones, il est bien vrai qu'on y retrouve les sonorités "Pet sounds" qui ont influencé "Sgt Pepper" (les claviers doublés d'instruments à cordes, comme dans "She's a rainbow" et "Dandelion"). Les Stones avaient l'avantage sur les Beatles au niveau des percussions ("20 000 light years from home"). Le morceau que les Stones auront le mieux réussi est en fait un rock teinté de psychédélisme, "Citadel".
Arbitre, le 27/09/2020 à 02:49
Je plussoie à tout ce que je viens de lire, et qui est brillamment écrit (comme tous les articles que j'ai lus sur ce site, respect total pour la qualité d'écriture). A l'âge de 10 ans seulement, je me suis plongé dans les Beatles, et après 4 ans d'exploration Livingstonienne, j'étais prêt à aller dans pratiquement toutes les directions prises par la Rock-music (ou Pop) dans les années 60. Pour moi, les Beatles, c'est l'école de musique contemporaine par excellence. Avant d'apprendre la guitare, je croyais (comme beaucoup d'autres), que la musique des Beatles était plus facile que celle des Stones, mais j'ai très vite compris par la suite que c'était archi-faux. Avec les Beatles, j'ai appris des accords dissonnants, ainsi que les arpèges. Les Beatles, ce n'était pas que Lennon et Mac Cartney, mais également Harrison (qui a littéralement explosé avec un titre comme "Taxman"). Brian Wilson n'aurait jamais du se morfondre de n'avoir pu continuer à lutter contre eux, il était seul contre trois. Et non contre deux, comme on l'entend trop souvent.
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