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Furia Antistatic 2007


Jerome, le 23/10/2007


A événement exceptionnel, salle exceptionnelle. Pour la septième édition de la Furia Antistatic, le collectif s'empare enfin d'un lieu à sa mesure. Le nouveau Bikini, reprenant le flambeau de celui soufflé six ans auparavant, lui ouvrant les portes pour une soirée haute en décibels.


La salle se rempli petit à petit quand deux gyrophares se chargent d'annoncer l'arrivée imminente de Sleeppers sur les planches. Ces quatre bordelais nous ayant déjà bluffé lors de la sortie de leur dernier album (Signals From Elements), c'est non sans une certaine curiosité que nous nous rapprochons rapidement, et assez facilement, de la scène lorsque les premiers frottements de cordes de "Blacklisted" commencent à envahir le paysage sonore. La suite du show ne laissera aucun doute. Le groupe maîtrise sa partition à la perfection en s'appuyant sur un son d'une puissance exceptionnelle. Les basses sont caverneuses à souhait, Fred fait des merveilles derrière les fûts et l'entrelacement des guitares et des voix explosent aux oreilles des auditeurs pour imposer ce noisy-métal en passe de devenir incontournable. Point culminant aux yeux du public, la présence de Lofofora dans les coulisses s'avèrera l'occasion rêvée d'emballer la machine avec un Reuno venant, comme sur leur album, donner de la voix sur un "Ruines" de haut vol. La soirée ne pouvait pas mieux commencer et Sleeppers venait sans doute de s'octroyer le titre de grosse découverte de cette Furia pour de nombreuses oreilles.


A ceux qui trouvent que les changements de plateaux sont toujours trop longs dans ce type de soirée, la Furia Antistatic a trouvé la meilleure réponse qui soit : installer une deuxième scène, plus petite mais superbement décorée, dans un des coins de la salle pour laisser l'occasion à quelques formations locales de tâter l'ambiance. Premier groupe à se lancer dans l'arène, Nabass joue la carte de la chanson française acoustique théâtralisée. Rien de tel finalement pour accompagner les quelques litres de bière sirotés en attendant la suite. On finira malgré tout par retourner guetter les abords de la "grande scène" non sans s'apercevoir que le groupe est en partie constitué d'actuel et d'ex membres de Psykup. Et si la Furia n'était qu'une grande histoire de famille ?


Deuxième groupe à pouvoir prétendre à la grande scène, 31Knots peut déjà se vanter de ne ressembler à rien de connu. Arrivés sur scène comme s’ils se trouvaient la par hasard, Joe Haege (guitare) caché derrière son masque déambule jusqu'à son micro alors que Jay Winebrenner (basse) s'empare d'une guitare pour s'asseoir tranquillement entre les deux retours de scène l'air à peine concerné. S'inscrivant dans une démarche des plus expérimentale, on a un peu de mal à cerner ce trio hors norme, tiraillé entre le sentiment d'être face à de doux dingues ou de véritables virtuoses. Surtout quand Joe change d'apparats entre chaque morceau, tirant toutes ses frusques d'une grosse valise posée sur le côté, ou s'aventure dans la foule pour se payer un bon gros solo à la lueur d'une lampe torche tenu par un spectateur. Mais il n'y a pas de doutes, ces trois énergumènes débarqués de Portland maîtrisent leurs instruments à la perfection. Peut être même un peu trop, empêchant du coup à certain d'entrer dans leurs délires aux accents parfois un peu jazzy.


Le Bikini continue de se remplir tranquillement durant la deuxième partie du concert de Nabass, quand les lumières s'éteignent pour laisser la place aux déjantés de Punish Yourself. Couverts comme à chaque fois de peinture fluo de la tête aux pieds, il ne faudra pas longtemps au groupe pour mettre la salle en ébullition, à grands renforts de décharges techno-punk industrielles. Car quand Punish Yourself joue à domicile, c'est souvent l'hécatombe. La fosse crépite, transpire, les corps se dénudent et les têtes se balancent au rythme du déhanché de Vx69 (chant). Tout est poussé à la limite du supportable. Ca joue avec un canon à mousse ou à faire des étincelles sur un plastron et ça s'amuse à franchir les limites de la bienséance tout en te lobotomisant le cerveau à grands coups de riffs en somme assez répétitifs. Ca explose dans tous les sens et ça te laisse finalement tout penaud quand le set arrive à son terme. On pourra dire ce qu'on veut, Punish Yourself reste quand même une sacrée machine scénique pour peu qu'on arrive un tant soit peu à se mettre dans l'ambiance.

Le temps de reprendre ses esprits et c'est au tour de Khod Breaker de fouler la petite scène. Malgré quelques compositions pas inintéressantes, ce petit collectif de hip hop sans prétentions aura malheureusement un peu de mal à trouver son public. Entre les fans de Lofofora commençant à s'échauffer les cordes vocales et la bêtise humaine ayant laissé quelques inconscients inonder la scène et provoquer de nombreuses coupures de sono, la prestation du groupe tourne vite à la débandade. On saluera quand même le grand professionnalisme de Medecine Son et de MC Monsieur, n'hésitant pas à continuer les morceaux à capella...


Une fois le dernier changement de plateau effectué, c'est enfin au tour de Reuno et de sa bande de prendre la parole. Au fond, Lofofora, c'est un peu comme notre grand frère. Celui qui grandit avec nous et qui nous suit depuis l'adolescence. Qui vient nous hurler aux tympans une bonne partie des choses qui brûlent au fond de nous. Depuis la grosse claque qu'il a prise dans la tronche aux Eurockéennes édition 99, votre serviteur a toujours gardé un oeil sur ces leaders de la fusion punk-hardore made in France. Et même si on a eu un peu peur de les perdre dans les méandres de la facilité (Le Fond Et La Forme) ou de la suffisance, Lofofora se chargera ce soir de rassurer l'auditoire. Leur dernier album (Mémoire De Singe) mis en exergue, le groupe déroule les titres avec une facilité et un charisme impressionnant. Reuno ne cesse de héler le public de sa voix rocailleuse en parcourant la scène de long en large alors que Daniel (Guitare), Pierre (Batterie) et Phil (Basse) imposent un son énorme. Nos vétérans enfileront leur setlist d'une seule traite, sans encombre, préférant même laisser de côté le coup du rappel histoire de pouvoir enchaîner un ou deux titres en plus. Sans hésitation, Lofofora reste plus que jamais un des meilleurs groupes scéniques français.

Et si Khod Breaker n'avait pas déjà lancé la deuxième partie de son concert, il y a fort à parier que Reuno et les siens seraient revenus nous en mettre plein les oreilles pour notre plus grand plaisir. On les voyait trépigner sur le bord de la scène. Mais, on imagine facilement à cause de problèmes de timing, il n'en fut rien. Tant pis. Et trop fatigué par cette Furia exceptionnelle, on préférera s'éclipser plutôt que de jeter une oreille à l'after électro. Faut dire que c'est plus trop de notre âge, des soirées comme ça... Mais qu'est-ce que ça fait du bien ! Surtout qu'avec plus de 1000 participants, cette septième édition de la Furia Antistatic s'avère être un franc succès. Vivement l'année prochaine.
En savoir plus sur Sleeppers, Lofofora
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