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Interview : Amplifier


Nicolas, le 31/01/2011
Rares sont les grands disques à paraître de nos jours, et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'avec The Octopus, double opus aussi fumeux dans son concept que génial dans sa mise en application, Amplifier vient incontestablement d'assommer la course pour le prix du meilleur disque de l'année 2011. Albumrock a absolument tenu à vous emmener un peu plus loin dans l'univers de ces mancuniens inclassables, à la frontière entre psyché, space, progressif et stoner. Rencontre avec Sel Balamir, le frontman du groupe.


Albumrock : Bonjour Sel, et merci beaucoup de répondre à ces questions. Tout d'abord, étant donné que nous sommes un webzine généraliste, peux-tu nous dire quel genre de groupe est Amplifier ?

Sel Balamir : Amplifier est un groupe de rock, tout simplement. On se place plutôt dans l'héritage de Pink Floyd qui a été classé dans les groupes progressifs mais qui se voyait pourtant comme un simple groupe de rock. Je dirais qu'un groupe comme Emerson Lake & Palmer est progressif, ou Yes. Ça n'est pas ça, Amplifier. On se définit plutôt comme du post classic-rock.

Il vous a fallu presque cinq années pour écrire, enregistrer et sortir The Octopus, c'est une longue période. Comment tu te sens après ce lourd travail ?

Honnêtement, écrire et enregistrer l'album a été la partie la plus simple du projet. Donc pour le moment, ça va. Mais vendre, promouvoir et défendre en concert l'album va être beaucoup plus problématique et va requérir beaucoup plus de travail que pour enregistrer l'album lui-même. C'est le côté un peu ironique du business musical...

Vous avez décidé de sortir The Octopus par vous même, sans passer par un label, mais en faisant appel aux fans via des pré-commandes sur le net. Etait-ce une décision difficile à prendre ? Qu'en a-t-il été de tous les à-côtés extra-musicaux, comme l'artwork, la publicité, la comm, les réservations par mail ? Comment avez-vous réussi à tout faire seuls ?

La décision de sortir The Octopus par nos propres moyens a été une part essentielle dans sa fabrication. C'est une décision qui a imposé le tempo de sa création et toute la philosophie du disque. Dans les faits on voit ça comme une sorte de célébration de notre indépendance, pas seulement dans le contenu musical, mais dans la façon dont l'objet lui-même est présenté. On nous a offert l'opportunité de mettre en place le packaging et la fabrication de The Octopus comme nous le souhaitions, c'est à dire de la façon que nous jugions la plus adaptée. C'est un grand privilège, et c'est rare, je peux te le garantir. Et effectivement, ça nous a demandé beaucoup de travail de tout gérer par e-mails et d'être constamment présents sur Internet, mais en fin de compte ça en valait vraiment la peine parce qu'on a pu prendre en charge notre destinée sur le long terme. Ça nous a demandé un investissement total. Mais si tu y réfléchis une minute, tout ce que tu entreprends dans la vie te demande ce degré d'investissement si tu veux que les choses soient bien faites.

Cette méthode a été appliquée par des groupes comme Marillion ou Spock's Beard. Est-ce leur attitude qui vous a convaincu que cette solution pouvait être viable ?

En fait je ne sais pas grand chose de ces groupes en particulier, mais je suis certain qu'ils ont bien plus de succès qu'Amplifier ! Plus le fan-base est grand, et plus cette idée est viable du moment que le groupe reste en contact direct avec ses fans. Ce sont les éléments les plus importants pour y parvenir. Avec Internet, c'est relativement facile. Tout ce que tu as à faire est de t'impliquer dans ce que tu fais, et bien sûr il faut que tu sois du genre à ne pas avoir peur de parler aux gens. Et de parler beaucoup, même ! Finalement, beaucoup de groupes font de la musique de cette façon depuis quelques temps.



Allez-vous resortir The Octopus de façon plus conventionnelle à l'avenir ? As-tu des contacts avec des labels ?

Je ne pense pas qu'on le fera - nous n'en avons plus besoin maintenant que les choses sont lancées.

Quel a été l'investissement de chaque membre dans l'élaboration de l'album, en terme de songwriting, d'idées musicales mais aussi en terme de gestion et d'organisation ?

Eh bien chacun a fait son job ! On est un trio à la base, ce qui veut dire que si quelqu'un ne fait pas son boulot, ça ne fonctionne pas. C'est aussi simple que ça. Je m'occupe de la plupart de la mise en forme artistique, mais en général la musique nait de nos jams communs. Question organisation et management, on a évidemment besoin de se répartir les tâches. Ce serait impossible, pour une personne seule, de gérer ne serait-ce que les envois de marchandise. En fait on s'occupe des choses comme elles viennent, et autant que chacun de nous peut le supporter.

Cet album est un double album, c'est assez rare de nos jours. Penses-tu que The Octopus peut trouver sa place dans un marché du disque déclinant et dans un contexte de téléchargement frénétique et de piratage de masse ?

Je ne peux pas vraiment te dire de quoi le futur de The Octopus sera fait. Tout ce qu'on a fait, on l'a fait de la meilleure façon possible, techniquement parlant, mais ce qui est plus important est qu'on l'a fait avec amour. On espère que cette bulle d'amour flottera à travers le futur. Les gens apprécieront toujours ce qui est honnête, parce que l'honnêteté, c'est l'intégrité. A l'avenir je suis sûr que l'intégrité sera une vertu de plus en plus prisée. Je pense qu'à l'avenir The Octopus sera comme une pépite d'or que les gens découvriront. Espérons que ces personnes seront suffisamment empathiques pour réaliser qu'il a été fait par de vrais êtres humains, et qu'ils nous en remercieront.

Au fait, comme nous n'avons pas les textes complets dans le livret de l'album : C'est quoi, exactement, ce poulpe ? Une histoire apocalyptique ? La B.O. d'un film d'espionnage ? Ou alors as-tu voulu nous faire passer un message ?

The Octopus n'est pas un genre d'histoire, ou de personnage, ce n'est même pas une chose réelle. C'est juste une idée. Le concept du poulpe soutient principalement le concept du concept lui-même. Bon j'essaie de m'expliquer. Les textes sont une série de règles et d'explications qui gouvernent le sentiment d'existence et la nature de la réalité. Le poulpe existe principalement du fait même de ces règles, et ce n'est rien d'autre qu'un nom qui symbolise la connexion de tous les membres séparés qui la constituent dans son ensemble. Par essence, The Octopus, c'est aussi toutes les personnes qui en ont entendu parler ou qui y ont pensé. Nous sommes le poulpe. Et vous qui lisez cela, vous êtres le poulpe aussi.



Tu as cité Pink Floyd et Queensrÿche comme influences majeures pour cet opus, mais aussi Led Zeppelin et Rush. Est-ce que tu vois The Octopus comme un album "anachronique" (pas dans le mauvais sens du terme), avec une volonté d'atteindre un statut de "classic rock", comme les gros concepts albums des 70's ?

Non en fait on a cité ces groupes comme un référentiel de qualité et de réalisation que nous voulions atteindre avec The Octopus. Nous autres, au sein d'Amplifier, on se sent plus les héritiers de la musique rock classique anglaise, mais à la façon du 21ième siècle. Et on pense vraiment que The Octopus est un travail majeur.

On vous associe souvent avec les groupes de rock progressif. Est-ce que tu penses que cette étiquette convient bien à Amplifier ? Est-ce que tu penses que le terme progressif signifie encore quelque chose en 2011 ? Est-ce que tu te sens proches de certains groupes progressifs ?

Comme je te l'ai dit plus tôt, on se considère comme un groupe de classic rock, et pas comme un groupe de progressif. On dit souvent de nous que nous sommes progressifs simplement parce que notre musique ne cadre pas avec les arrangements effectués sur les chansons que tu peux entendre à la radio. Mais quand on y réfléchit, aucune chanson de Led Zep ni des Who ne cadre avec ces standards non plus. On se sent plus d'affinités avec des groupes comme ça qu'avec des groupes comme Yes ou Emerson Lake and Palmer.

Certains trouvent que votre son se rapproche beaucoup de la scène stoner, et on le ressent bien en écoutant par exemple "Fall Of The Empire". Est-ce que les groupes de stoner modernes, comme Kyuss ou Karma To Burn par exemple, sont de réelles influences pour toi ? Ou est-ce que tu préfères te référer aux vieux groupes accordés très grave comme Black Sabbath ?

Je dirais qu'un groupe comme Black Sabbath a plus d'influence sur Amplifier que n'importe quelle autre copie ultérieure ou apparentée. En fait les groupes modernes ne font pas vraiment partie de nos influences, on reste vraiment attachés aux classiques, et Black Sabbath est probablement l'un des groupes les plus importants ayant jamais existé. Mais oui, à la base, nous sommes stoners. Alors je ne sais pas, peut-être que nous faisons du stoner progressif ?

Que sera le futur d'Amplifier ? Devrons nous attendre longtemps votre prochain album ?

Pour être honnête, Nicolas, en ce moment nous ne pensons pas du tout à notre prochain album. On va juste jouer The Octopus en live pendant un bon bout de temps, je pense.

Aura-t-on la chance de vous voir en live en France ?

On l'espère. C'est un pays où nous n'avons pas encore vraiment joué. Il doit certainement y avoir tout un tas de bars cool qui peuvent nous accueillir. On verra bien !

Merci de tes réponse

Merci pour cette interview

Interview réalisée par Nicolas. Un grand merci à Sel Balamir pour sa disponibilité et sa réactivité à toute épreuve.
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