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Interview de Johnny Mafia


Mathilde, le 11/05/2022

Par cette chaude soirée de printemps (aux températures d'été), à Wasquehal c’est vendredi transpi. Direction la salle de fitness ou le Black Lab plutôt juste à côté, en vue d'une séance de sudation élevée avec trois groupes réputés pour leur énergie sur scène: Burning Heads, Poncharello et bien sur les kids qui représentent une partie de l’espoir du rock hexagonal (on en laisse un peu à Last Train aussi, par exemple): les Johnny Mafia, l’incandescence de Sens.

Interview au soleil sur ces fameuses tables en bois d’aires de repos, avec l’équipe au grand complet. Echange décalé comme on/je les aime, qui aborde beaucoup de sujets, mais qui parvient à capter l'esSENSiel. A savoir l'histoire de quatre gars qui aiment les produits locaux, les merveilles du terroir, qu'elles soient culinaires ou musicales. Du partage, des boissons, des références. Et finalement le goût du travail bien fait. Un vrai groupe AOC.

 

Salut à tous, je vais vous demander de vous présenter un par un, et comme on était en train de parler boisson, vous pouvez aussi citer votre boisson soft/ alcoolisée préférée :

 - Ok Fabio, guitariste, choriste de Johnny Mafia, Pontarlier pour l’alcool et Perrier citron, Perrier rondelle quoi pour le soft.

- Moi c’est Théo, je suis chanteur et guitariste, et j’adore le vin rouge de Bourgogne, un bon Epineuil par exemple. J’aime bien l’eau, également !

- Fabio: y a Fred le manageur qui est juste là et qui a aussi des réponses j’imagine !

- Fred: on va dire le Pinot noir, le sang du Christ quoi...

- Fabio: ce sera que alcool donc...

- Bonjour je m’appelle Enzo, je suis le batteur de Johnny Mafia, mon alcool préféré c’est le Ratafia.

- (Quelqu’un: la prune ?)

- Enzo: Non la prune ça fait mal. Non vraiment le Ratafia, et mon soft préféré c’est l’eau.

 

Vous êtres très "eau" en fait...

- Théo: ouais le riz nature et l’eau, j’adore (rires)

- William: moi c'est William, bassiste, et on va continuer sur l’eau, avec la Valverde comme référence. En France l’eau Carrefour est parfaite. Sinon en alcool l’Italicus, c’est un truc un peu sucré qu’on met dans les cocktails, c’est à la marjolaine je crois. Excellent mais très cher.

 

Ça donne soif tout ça... Vous avez repris depuis quelques mois les concerts, vous en êtes où là niveau dates ? Il y en a eu une vingtaine ?

- William: oui, oh c’est toujours la fin et le début…

 

Contents de s’y remettre ?

En choeur: très contents !

 

C’était compliqué de rester chez vous ?

- Fabio: bah surtout de pas faire de concerts...

- Théo: ça nous a aidé un peu pour enregistrer l’album, pour composer. Mais on n'avait jamais passé autant de temps sans faire de concerts…

 

L’album actuel était déjà composé à l’époque du confinement ?

- Théo: la moitié de l’album était déjà composée avant le confinement, et puis le confinement nous a permis de finir les compos, de les peaufiner. C’est plutôt bien tombé finalement ce coronavirus.

 

Et vous êtes restés à Sens ?

- William: ça dépend quand, comme il y a eu plusieurs confinements... Moi pendant le premier j’étais coincé au 6ème étage à Paris...

 

D’accord on n’en saura pas plus…

- Fred: au 6ème étage de la tour Eiffel (rires)

- William: mais les autres étaient à Sens, oui

 

Et alors qu’est ce qu’on fait à Sens ? On s’y amuse ?

- Fabio: on s’y amuse mais faut pas vouloir de l’originalité...

- Théo: faut aimer aller au bar, y a un bon bar qui s’appelle Le Patio. Y a un grand lycée de 3000 élèves donc y a quand même un peu de jeunesse... Mais sinon après le lycée niveau divertissement il y a rien.

- William: y a aussi un restaurant cambodgien qui est la référence.

- Fabio: William y a travaillé, il y a fait ses armes, au 6ème étage ! (rires)

- William: c’est vrai tout en haut je repassais les serviettes, notamment...

 

Est ce vous avez profité de cette période pour écouter des nouveaux groupes, vous essayer à de nouvelles activités ?

- William: j’ai maté toutes les premières saisons de Top Chef que j’avais pas vues

- Enzo: ah putain je les cherche, tu les as? Sinon, moi j’ai rien fait, c’est la première fois que je me reposais autant.

 

Et ça va, c’était pas trop angoissant ?

- Enzo: bah pendant six mois non. A bout de six mois, si !

- Théo: bah moi j’ai bossé  j’ai bossé la moitié de l’album, faut bien qu’il y en ait un qui bosse. Je me suis pas du tout ennuyé.

- Fabio: moi j’ai pas fait grand chose, je faisais des Negroni quasiment tous les jours, je suis devenu alcoolique (rires). Et j’ai redécouvert le rock à papa, j’ai écouté Rod Stewart, Elton John tout ça… Le soft rock c’est bien avec un petit cocktail chez soi.

 

Ok, et puis vous avez été vers la nouveauté pour ce dernier album, en signant chez Howlin Banana Records, pourquoi ?

- Fabio, bah avec Dirty Waters c’était très bien, mais ça devenait compliqué avec le brexit et tout ça... C’était long pour ravoir des disques etc…Et puis Tom d’Howlin Banana on le connaissait depuis un moment, et comme on suivait aussi son label depuis un moment, et lui aussi nous suivait, ça semblait logique… Et on est très bien. Et puis Tom, il est proche des groupes, on a pu lui demander par exemple de mettre un poster dans le vinyle…

 

Howlin Banana Records a le vent en poupe et produit des groupes de rock français qui n’ont rien à envier aux groupes de rock anglophones… Vous pensez que c’est aussi une histoire de génération ? Que c’est les groupes de votre âge (nés au début des années 90) qui savent maintenant sonner comme des groupes anglais ?

- William: on a inspiré beaucoup de monde... (rires)

- Fabio: bah je pense c’est internet. C’est bien sympa les histoires de vieux qui te racontent qui commandaient les albums tout ça. On a de la chance, internet ça a remis tout à plat. Y a un peu moins de folklore marrant, y a moins de bandes,  moins de clans et moins de bastons mais c’est cool quand même…

 

Et du coup vous sonnez anglais…

- Théo: non, américain, américain !

- Enzo: West Coast ouais (rires)

 

En tous cas vous avez moins de complexe vis à vis de l’anglais (avec les séries en anglais à disposition aujourd’hui) que les générations précédentes…

- Fabio: je pense que les groupes avant ils faisaient plus des scènes, il se disaient "ah tiens ce groupe-là, il fait comme ça, on va faire comme lui, faut le prendre comme modèle". Et on a pas internet et gnagnagna (rires)

- Fred: et puis le milieu indépendant il s’est vachement développé, avant il y avait les majors. Moi j’ai travaillé en 2003 avec des groupes qui chantaient un anglais approximatif. A l’époque ils marchaient pas en France, c’était trop précurseur. Comme dit Fabio y a internet qui a aidé, y a le fait aussi que l’apprentissage des instruments, ça coûte moins cher qu’avant, il y a davantage de tutoriels… L’anglais est devenu une langue quotidienne. Et donc y a plein de bons groupes français aujourd’hui. 

 

Oui c’est comme pour la bouffe, aujourd’hui en musique on peut consommer local...

- Le groupe: d'ailleurs faut écouter Equipe de Foot. Notre groupe préféré actuel c’est Johnnie Carwash… Avant on adorait Von Pariahs mais ils ont arrêté…

 

Vous êtes sympas, vous parlez beaucoup des autres…

- Le groupe: ouais nous on donne, on est comme ça. Non mais faut vraiment écouter Johnnie Carwash !

- Fabio: c’est du garage mais en mieux que quand le garage était à la mode. 

- Fred: comme les garages modernes quoi tu vois, un peu domotique, avec une télécommande 

 

Et pour revenir à votre album est ce qu’on peut dire que c’est l’album de la maturité ?

(Rires)

- Théo: mais qu’est ce que ça veut dire?

 

J’en sais rien du tout, c’est pour la blague. Car en fait tu peux être encore plus mature au prochain album…

- William: non nous notre style de musique c’est "rock émergent". On fera jamais de rock mature. Ou on le dira pas en tous cas…(rires)

 

En tous cas votre premier album Michel Michel Michel avait été enregistré en live, il était plutôt sauvage... Pour le deuxième Princes de l’Amour vous avez été approchés par Jim Diamonds (producteur notamment des White Stripes), plutôt un mec bien placé dans le milieu, qu'est ce que ça a changé ?

- Le groupe: bah on lui a relancé sa carrière (rires) !

- William: derrière il a enregistré avec les Wampas quand même

- Théo: allez les gars on se disperse là !

- Fred: ça a été un nouveau step. Après l’album de la maturité, oui… En fait les Johnny Mafia ont mis plus de temps à composer, à arranger les choses, à se défaire de leurs influences, et ils ont apporté leur patte artistique dans le monde du rock and roll !

 

Vous avez plus travaillé la voix ? Les textures ?

- Théo: oui un peu plus sur le dernier album, on a plus travaillé aussi sur les mélodies...

- Fabio: mais c’est pas du travail, c’est le temps je pense… Le temps qu’on a eu et le temps… Bah ça fait un moment qu’on fait de la musique. L’expérience. On devient meilleurs, quoi.

- Théo: on arrive à plus de choses

 

Et vous êtes certainement plus à l’aise sur scène aussi…

- Le groupe: oui ça va de pair !

 

Et niveau groupes honteux vous écoutez quoi ?

- Théo: moi en juin je vais vois Turnstile, du punk hard core

- Fred: c’est un peu comme les Refused

- William: Enzo il aime bien Eagles of Death Metal (il montre son tatouage)

- Enzo: j’ai appris après que c’était des bons texans, avec toute la panoplie du texan…

- Théo: bon hé les bobos gauchistes là ! On s’éloigne du sujet là! Moi j’écoute Manu Chao je sais pas si c’est honteux...

 

Ouais, un peu quand même...

- Théo: j’écoute aussi en ce moment Vincent Delerm.

- Enzo: moi j’écoute des chansons paillardes qui viennent de ma petite campagne. Pierre Perret et compagnie c’est tout le genre de merde que je connais bien…

- Le groupe: bah vas-y fredonne un truc !

- Enzo: non non c’est bon...

- Fabio: moi c’est l’album Trait pour Trait de Sniper. Après y a rien de honteux en fait !

- William: on aime bien aussi certaines chansons de Michel Sardou. On a découvert le clip de "Marie Jeanne" qui vaut le détour (rires) !

 

Et pour revenir à votre musique pourquoi selon vous vous sonnez autant années 90? Vous écoutez les Pixies?

- Théo: oui les Pixies, Weezer, Nirvana...

 

Il parait qu’on apprécie la musique de la décennie pendant laquelle on est né...

- William: oui du coup on écoute la même chose que ceux qui avaient quinze ans quand ça passait.

 

Exactement. Et au niveau des titres de l’album ? Comment vous les choisissez ?

- Théo: c’est des titres qui viennent au terme de longues réflexions. Michel Michel Michel c’est en référence à François Damiens. Les Princes de l’Amour c’était référence à une émission télé réalité.

- William: et Sentimental c’est parce qu’on l’est !

 

Voilà ! Et votre pochette d’album ? Elle a beaucoup fait parlé dans le webzine. Elle peut paraitre kitsch mais y a de l’esthétisme aussi...

- Théo: c’est un vrai bon photographe qui a pris la photo, il nous a montré plein de photos...

- William: ...et c’est celle qui avait le plus de sens, en vrai…

- Théo: on se l’ai vite imaginé en pochette d’album.

 

Cette dame vous la connaissez?

- William: on la connaissait pas mais on l’a certainement croisée...

- Fabio: sur la photo elle était devant un concert près de Sens, on la connait de loin, mais on saurait la reconnaitre !

 

Ok et dernière question, culinaire toujours car on adore. Qu’est ce qu’on trouve à manger à Sens qu’on trouve pas ailleurs ?

- William: des gougères ! Bon après ça doit se trouver, il doit bien y avoir une bonne boulangerie. J'ai déjà du expliquer l’autre jour ce que c’était une gougère. Le gars il m’a dit: "quoi, une fougère ?". Un boulanger quoi !

- Enzo: il y a le Chaource !

- Fabio: y a l’ époisse aussi les gars !

- Théo: après Sens c’est le nord de l’Yonne, c’est la fin de la Bourgogne, y a pas vraiment de terroir… Sinon je vous recommande la bière Monclem faite par un pote...

- Fabio: il fait les choses bien, c’est pas un énième micro brasseur qui s’y est mis. Il travaille avec des maraîchers, il va dans leur jardin piquer des petites épices et il fait des bonnes bières avec.

 

C’est bien on commence l’interview sur l’eau et on finit sur l'alcool, merci à vous  !

 

C'est la fin de cette interview icaunaise iconique, et l'heure d'aller écouter tout ce petit monde sur scène. Info toute aussi importante que toutes celles énoncées dans cette interview: Johnny Mafia jouera le 20 mai au Trianon à Paris. 

 

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