↓ MENU
Accueil
Première écoute
Albums
Concerts
Cinéma
DVD
Livres
Dossiers
Interviews
Festivals
Actualités
Médias
Agenda concerts
Sorties d'albums
The Wall
Sélection
Photos
Webcasts
Chroniques § Dossiers § Infos § Bonus
X

Newsletter Albumrock


Restez informé des dernières publications, inscrivez-vous à notre newsletter bimensuelle.

Les dix albums de rock préférés de Mathilde


Mathilde, le 11/04/2020

Vraiment cool que de pouvoir coucher sur clavier ce top 10, de rassembler ce que j'ai accumulé sur plusieurs carnets de notes pendant des années. J'adore les tops, les classements. Beaucoup moins la rigueur, le fait de se restreindre (inévitablement frustrant en matière de musique pour les mélomanes), et de mettre dans un ordre. Donc voici mon classement pas ordonné (je veux dire : pas par ordre de préférence), spontané, des albums dont je ne pourrais pas me passer s'il fallait en sauver. Et heureusement que c'est pas un vrai cas de figure.

Voici des anecdotes autour des ces musiques qui m'ont forgée et guidée, à votre tour de me dire si vous partagez mes goûts ou mes références. Et d'ailleurs dites-moi aussi si vous ne les partagez pas. Bon (ré)confort dans vos maisons et vos discothèques !

Muse - Origin Of Symmetry


Je sens que ça va finir en biographie ct'histoire.


Le lieu est un lycée perdu dans l'ultra profonde campagne, vous imaginez même pas (l'exagération, mais y a de ça quand même). "Je viens pas de la cité mais le beat est bon". Oui, grandir dans le coin de Kamini n'est pas chose simple pour une passionnée de musique. En 2002, pas d'internet haut-débit par ici, pas de Fnac, pas grand chose, donc aller se procurer du Muse (ou autre) n'était pas simple (du genre 100 bornes à faire aller-retour, avec des parents ra-vis).


Anyway, dans ce cas c'est un CD gravé passé dans le bus, limite sous le manteau, à la suite d'un voyage scolaire -j'ai encore la sensation de mal des transports à y penser- entre une briquette de jus de fruits et des surimis, par une de mes meilleures amies (qui se reconnaitra, coucou !). L'intro de "New Born" m'a happée de suite et le reste pourtant sonore s'est décanté avec le temps pour révéler que du bon. Un album parfait, avec des accents clavieristiques façon Dvorak ou Rachmaninov appréciés ici par la pianiste que je suis plus ou moins, tout pareil que ma connaissance de ces deux compositeurs, mais là n'est pas la question. Muse c'était "du rock baroque qui casse la baraque",  comme le disait une émission sur la 5 (enregistrée sur VHS, la base). Grosses fans nous étions.


Plusieurs concerts et t-shirts non décryptés pas nos camarades de classe plus tard (et argent de poche dépensé) et nous faisions profondément partie de la secte Bellamiste. Et accessoirement inscrites dans le club français du groupe, qui rassemblaient deux-trois pécores, tant ils étaient alors inconnus au bataillon. The rest is history, et mégalomanie commerciale, mais qu'est ce que c'était bon Muse à ce moment-là... Et une belle introduction à Radiohead et comparses que je connaissais mal. Bref une vraie entrée dans le rock anglais, dont je ne suis toujours pas ressortie.

Car Seat Headrest - Teens Of Denial


Ma claque la plus récente. Groupe américain découvert au festival Rock En Seine 2017, sur une playlist liée à l'évènement. "Destroyed By Hippie Power" est une complainte adolescente qui m'a de suite parlé (un peu d'ado attardée ici), un genre d'entassement de sons et de voix saturés, de ruptures de rythme, de variations desquels se dégagent une grosse cohérence et une sublime mélodie.


Le tout appuyé, pour ne rien gâcher, par un texte solide et slamé, un vrai storytelling. Cela m'a rassurée quant à l'avenir (grand mot) du rock indé très en second plan depuis 2010. Will Toledo, le frontman du groupe, ne ravivera certes aucune époque mais agite suffisamment de son intelligence toutes ses productions, et il se montre dans ce domaine prolifique et génial. Je suis d'ailleurs revenue sur Albumrock via la chronique de cet album. Et me le suis fait tatoué dans le dos. Vivement leur prochain en mai! (Et vivement mon prochain tatouage aussi)

The Futureheads - This Is Not The World


La Grande Bretagne, des bonshommes qui chantent en harmonie sur leur guitare: une passion depuis les Boys Band et The Corrs. The Futureheads est pour moi l'anglo-anglais concentré, quatre mecs dont deux sont de la même famille, qui chantent ironiquement des scènes de vie avec beaucoup d'énergie, et des chœurs sur les refrains. Une gouaille, un air désinvolte mais sympathique qui n'en finit pas de me ravir. 


Il y a des chansons comme ça qui restent en tête mais genre pas une journée, une semaine, genre tout le temps. Qui t'accompagnent dans ton cerveau, qui rassurent tes neurones, la musique des Futureheads en fait partie. Ces grands potos du nord de l'Angleterre sont attachants et vraiment leurs titres aussi. Sur cet album particulièrement où figurent "The Beginning Of The Twist", et "The Sale Of The Century". Du GROS rassurant, et un tel bonheur d'avoir pu les rencontrer l'an dernier.

Red Hot Chili Peppers - Californication


Un big throwback pour celui-ci, retour au collège, en troisième. Le lieu, un pensionnat catholique de jeunes filles. Eh oui c'est pas une blague, un sacré passé ici qui forge je sais pas quoi (mais moyen la religion). Dans ce microcosme, on peut s'en douter, peu ou pas de place pour mettre la musique à fond dans sa chambre, qu'on partage de toutes façons. Mais des fois pop-up-ent dans nos discman (discmen au pluriel?) Sony de l'époque, pendant les permanences, des trucs pas dégueu et qu'on chantonne sorties de là. En mode toujours très en décalage avec le décor. The Offspring, qui me paraissait à l'époque tellement transgressif (rien que la pochette) en faisait partie, et je me souviens avoir été étonnée de tant d'énergie hurlée. 


Parce qu'à l'aube des années 2000, la grosse tendance c'était d'écouter Skyrock (en secret), d'avoir des bombers Schott, de brailler du 113, et parfois de demander (à personne) "si tu es né dans une cité HLM". Une période "urbaine" en somme, ponctuée des tooooutes ces comédies musicales françaises. Une autre type de joyeuse et énergique mélopée m'était alors assez inconnue, diantre!, mis à part les disques des parents j'étais soigneusement passée à côté du rock actuel. Alors quand la chaleur de "Californication" et de tout l'album m'a atteinte, c'en était fini du rap. J'avais trouvé ma came (est-ce vraiment une expression encore valide), et me suis mise à la batterie. C'est tout, elle a été là ma toute première porte d'entrée dans cet univers tellement vaste et passionnant. Adieu Difool. 

The Who - The Who Sell Out


Ah enfin du rock un peu classique. Qui n'est pourtant pas mon truc, mais cet album fait exception. Loin de renier les pionniers, j'ai toujours été beaucoup plus friande des nouveaux groupes, bien que beaucoup font évidemment du recyclage. A la maison, c'était bien plus The Who que les Beatles. Bercée par Tommy et Quadrophenia et en général par ces mecs qui pissent sur du béton, j'aimais certains de leurs titres, surtout s'il y avait du clavier ("Baba O'Riley") ou quand c'était percutant ("Pinball Wizard"). Je me souviens avoir toujours très peu, voire pas du tout, aimé les solos de guitares, c'est sans doute pour ça que j'aime le punk, post-punk -et beaucoup moins le classic rock- et London Calling du Clash ou I'm The Man de Joe Jackson auraient largement pu figurer à la place de cet album.


Mais voilà, j'aime aussi les laissez-pour-compte, les petites pépites pas assez mises en valeur, et cet album en fait partie. La pochette pop, un peu Norman Rockwell déjà me plait beaucoup. Et puis les éternels troisièmes sur le podium face aux Rolling Stones et Beatles l'étaient d'autant plus cette année-là, puisque The Who Sell Out a eu le malheur de sortir en même temps que Sgt Pepper. Pas de chance, car quel beau concept album plein de jingles déjantés, de récits ironiques, de pépites psychées telles "Armenia City In The Sky", et pour moi la plus belle chanson des Who "I Can't See For Miles". Pour chialer, je vous recommande aussi "Melancholia".

We Are Scientists - With Love And Squalor


"NME is your best enemy". Pour le coup ce magazine a été mon plus grand ami, ma plus grande aide pour découvrir des tas de groupes. Je me suis toujours dit que comme les français s'y connaissent en cuisine, les anglais s'y connaissent en rock. C'est très clicheton, mais ça me parait encore aujourd'hui pas si déconnant. J'ai donc religieusement accumulé beaucoup de NME pendant une période, au prix d'un rein, car au prix "import". Mais soit, je sortais de la campagne, et le Furet du Nord (fnac du nord de la France) était un temple à vénérer et à fréquenter. 


Et j'avais tant de retard à rattraper (voir les paragraphes précédents), que je me devais d'être attentive et appliquée, j'écoutais tous les groupes cités. En couverture figuraient régulièrement à l'époque Franz Ferdinand, The Killers, John Peel aussi et bien souvent Morrissey. Et puis deux gars à la bonne bouille, dont un avec une grosse mèche bien épaisse (une passion aussi les cheveux, surtout les beaux cheveux) de rocker de 2004, car la mode était à la frange Sagan. Deux amis qui revenaient souvent dans les classements aussi et qui exhibaient des chatons à un moment où personne ne trouvait ça particulièrement mignon. We Are Scientists pour des musiciens, rha cet humour british ! Quelle surprise alors d'apprendre qu'ils sont américains, surtout en écoutant "Nobody Move, Nobody Get Hurt" et leur rock expéditif à décorner le corned-beef.


Dans cet album, comme dans beaucoup qui ont suivi, rien d'exceptionnel mais rien à jeter non plus, et comme The Futureheads, des mélodies accompagnantes qui collent bien à mes neurones. Les plus anglais des américains qui te donnent envie d'aller faire des concerts dans des pubs. Ce que j'apprécie le plus chez eux c'est sans doute leur façon de poser les mots sur la mélodie. Leurs paroles adolescentes-sucrées s'en trouvent lestées car bien placées. Je recommande "Can't Lose" pour prendre un bain, "The Great Escape" pour aller au boulot... En fait c'est la musique du quotidien, et clairement je fais partie de tous leurs clips. Dans ma tête.

The Horrors - Skying


Alors eux c'est le contraire (voir paragraphe du dessus), je pensais que c'était des américains et ils se trouvent être anglais. C'est sans doute du à leur dégaine Strokesienne. Ces beaux corbeaux en costards. En fait au look clairement émo au début de leur carrière, ils se sont calmés par la suite jusqu'à ce magnifique disque, qui du reste est le seul d'eux que j'aime vraiment. Il est arrivé dans ma vie à une époque synonyme de beaucoup de changements en interne, et il m'a littéralement (sup)portée. Le groupe par contre, selon moi, n'apporte pas grand chose en concert.


"Changing The Rain" et ce "Oh, Out There, Don't You Ever Know" lumineux est d'emblée prenant à chialer. Que des pierres précieuses cet album. Plus loin le morceau de 5min "Endless Blue" qui sort ces griffes à 1min40, et que dire de "Still Life"... Atmosphérique, décidément cet album porte bien son nom, c'est une musique d'avion, si les avions avaient une musique. Un album parfait en temps d'introspection. Parfait aussi en confinement, du coup.

Bloc Party - Silent Alarm


Retour en 2005, cette période où les groupes indé poussaient comme des champignons. Dans cette vaste forêt, un groupe joue vite et fort le mal-être adolescent. Bloc Party, emmené par Kele Okereke et sa voix-complainte immédiatement reconnaissable, dégommait tout. Pas du tout silencieux mais clairement une alarme pour moi. Celle du rock qu'on joue vite, qu'on appelle vite fait post-punk, et qui ne connait aucun temps mort. Un bonheur. 


Absolument rien à jeter dans ces treize titres qui passent en moins d'une heure. "Banquet"(un hymne) et "Helicoptere" sont devenus des classiques. "Blue Light" est souvent entendu en bande-son de série. Ma préférée reste "Price Of Gasoline", avec son côté militaire et ses boucles de guitares en reverb. La Dream Team comptait alors en ses rangs le brillant batteur Matt Tong, désormais parti (en Allemagne). Rare album que j'écoute dans l'ordre et en entier d'une traite car il file droit et tout en cohérence. Pas d'ennui ni de lourdeur, ce qui est de l'ordre de l'exceptionnel. Je connais les paroles par coeur, et ça c'est exceptionnel aussi.  Vus et revus en concerts, et même à Earls (fucking) Court à Londres parmi des jeunes gens à Van's pailletées. C'était bien bien trop cool.

Them Crooked Vultures - Them Crooked Vultures


Them Crooked Vultures est le fucking super MEGA groupe rêvé. Josh Homme, Dave Grohl, John Paul Jones, comment faire du mauvais en même temps. Mais ça aurait pu, dans l'absolu absolu.


Je m'étais arrêtée à Songs For The Deaf des QOTSA, dont la pochette fait comme écho à celle-ci. Du rock bien calibré qui convient même aux oreilles stoner-néophites comme les miennes. Cet album est désirable, cet album est sexy, cet album est même bais*ble (ça va, il manque qu'une lettre, facile le pendu) selon certains fans. TCV bouge ses hanches genre chaloupé-charognard et "No One Loves Me And Neither Do I" place cette ambiance d'entrée de jeu.


Comme un jeu de séduction, "Mind Eraser, No Chaser", ma préférée, vient ensuite nous cueillir au cas où il y aurait une hésitation. Si un doute encore persiste, "Dead End Friends" vient en conquérant retourner le champ et les futs (mais ce tonton Dave!), et "Gunman" dézingue de son pistolet-laser les récalcitrants. Le final "Spinning In The Daffodils" me fait toujours penser à "Fucking In The Bushes" d'Oasis au niveau du titre, et quelle magnifique intro de piano. Au final, des vautours crados (un poil/ une plume vicelards) mais plus marrants que menaçants et OMG tellement exciting. QUAND VOUS VOULEZ pour un deuxième album, les gars!

Midnight Oil - Diesel And Dust


Celui-là était chez les parents, mais je l'ai découvert que l'an dernier. Bizarre ce décalage parfois de ce qui est là, et à quoi on n'a pas accès de suite. Dans le rock RTL2- Taratata, Scorpions et Midnight Oil tiennent pour moi le haut du pavé. C'est daté, granuleux et cent fois entendus et pourtant il suffit de trois riffs de "Beds Are Burning" pour déchainer les foules (de vieux oui, mais pas que). Non franchement, les écolos bien avant l'heure de Midnight Oil sont un sacré groupe. Cet album ne me lasse jamais. Pourtant la voix de vieux crocodile de Peter Garrett, pourrait un peu saouler. Tout autant que ces discours poing levé "Vous avez chauds, hein? Bah c'est parce que vous polluez notre planète!" (lancé sympathiquement au détour d'un festival auquel j'ai assisté).


Mais oui, mais on y croit, d'autant plus aujourd'hui à cette défense de l'art aborigène sur le magnifique "Wara Kurna", au fait de devoir préserver son pays, ses spécificités, ses valeurs, son écosystème. Sorte de Johnny Clegg australien, Peter, appelé aussi géant vert, emmène de sacrées mélodies. Parfaits pour des road trips estivaux, des titres tels "Dreamworld" éclairent de leur lumière n'importe quel instant, "The Dead Heart" est cinglant comme un titre de Tears For Fears, et son refrain tel un chapelet de mots roule parfaitement: "We carry in the heart the true country, and that cannot be stolen/ We follow in the steps of our ancestry, and that cannot be broken". En boucle sur le tourne-disque. Rétro mais pas trop. 

Commentaires
MathildeAR, le 25/04/2020 à 19:53
Oui, effectivement! J'ai d'ores et déjà mis "New Killer Star" dans ma playlist confiniste !
GuillaumeAR, le 19/04/2020 à 15:14
L'album de The Horrors m'a beaucoup fait penser à Reality de Bowie, tu me diras :-)
MathildeAR, le 15/04/2020 à 16:04
Oui c'est vrai qu'on trouve des concordances. Passion Rock britannique oui, for ever and ever !! Tu me diras ce que tu penses des Futureheads !
Raphaelle, le 12/04/2020 à 19:47
Assez marrant de voir comment nos top se répondent... Muse versus Placebo, Bloc Party versus Arctic Monkeys... Passion rock britannique ! Comme quoi on reste toujours marqué à vie par les premières écoutes d'adolescent. Je ne connaissais pas the Futureheads, je vais aller jeter une oreille de ce pas.
Soutenez Albumrock

Nous avons besoin de vous pour garder notre indépendance !


Publicité
Album de la semaine

Mark Lanegan


Straight Songs Of Sorrow


"

A peine 7 mois après la sortie de l’excellent Somebody's knocking , revoilà déjà un nouvel album de Mark Lanegan, Straight songs of sorrow . Si les fidèles du vieux loup américain sont habitués à la régularité stakhanoviste de ses sorties, ce douzième disque solo (le sixième en 8 ans) revêt un caractère particulier, car il parait conjointement à son autobiographie, sortie aux Etats-Unis sous le nom de "Sing Backwards and Weep".

"
À lire également