Vampire Weekend
Contra
Produit par
1- Horchata / 2- White Sky / 3- Holiday / 4- California English / 5- Taxi Cab / 6- Run / 7- Cousins / 8- Giving Up The Gun / 9- Diplomat's Son / 10- I Think Ur A Contra
Deux ans après le hold-up magistral de leur premier album, qui apporta un vent de fraîcheur considérable à la pop indé et réussit à conjuguer succès populaire et succès critique, Vampire Weekend revient en fanfare avec un nouvel opus sobrement nommé Contra. L'effet de surprise initial à cette fois-ci disparu, les quatre étudiants fraîchement diplomés de l'université font désormais couler de l'encre dans la presse, spécialisée ou non. Impossible d'échapper au regard faussement naïf que porte sur vous cette fille, provenant certainement d'un autre âge, ou d'une autre dimension (à chacun de voir), figurant sur la pochette de ce nouvel album. Mais à trop l'évoquer, il est évident que le risque de manquer son sujet (en l'occurrence le contenu de l'album) peut enfler. Alors sans plus attendre, voici venu l'heure du verdict pour ce Vampire Weekend cru 2010.
Le groupe a su garder la formule qui lui avait valu les honneurs de la majeure partie du monde musical, ces petites influences de la musique de chambre, de la pop britannique, et des sonorités orientales. Voix, guitares, basse, batterie, clavier forment toujours une harmonie douce et singulière dans les titres. Ces derniers conservent la limpidité du premier album sans pour autant sentir le réchauffé, la sauce aigrie et périmée. La raison ? De petites trouvailles qui sonnent juste dès le premier morceau, "Horchata", où un entêtant xylophone ouvre la chanson et en donne la mesure jusqu'à la fin. La production est plus poussée, ce qui donne à Contra la forme d'une joyeuse course effrénée de par les avenues du monde entier sous un soleil radieux. En d'autres termes, chaque note, chaque mélodie trouve sa justification et influe une dynamique continue de "Horchata" à "I think Ur A Contra", conclusion de l'album. On y entend des xylophones donc, mais aussi des cloches (l'épileptique "Cousins"), des explosions vocales (sur le refrain de "White Sky", une merveille) et même des sonorités dub (l'intro de Diplomat's Son). Il y a bien sûr des morceaux prédestinés à devenir des tubes radiophoniques, à l'image de "Cousins" déjà bien en vue sur les ondes, mais l'ambition de Vampire Weekend est très certainement ailleurs.
Car en franchissant le col du deuxième album, le quatuor new yorkais nous prouve qu'il sait gagner en altitude dans la maturité de ses compositions sans manquer d'air frais pour autant. Et, qui plus est, ça aurait été un gâchis de ne pas terminer par cette conclusion, certes facile et pourtant pleinement justifiable: Vampire Weekend a, sans conteste, largement rempli son Contra.