Les oubliés de 2026
A l'image de la décennie ouverte depuis quelques années, 2026 est une année riche en sorties tant et si bien qu'il est impossible pour notre rédaction de traiter l'ensemble de ce qui tombe dans nos oreilles. Petit rattrapage de fin d'année avec des chroniques rapides d'albums parfois incontournables.
Les oubliés de 2026
Megadeth - Megadeth
Il semble qu'en 2026, ce soit pour Megadeth que sonne le glas. Au moins sur le plan discographique puisque le sobrement intitulé Megadeth devrait être le dernier opus de la carrière du groupe qui sera néanmoins célébrée pendant plusieurs années sur scène. La pochette représente une dernière fois Vic Rattlehead dans une posture très réussie et hautement symbolique, qui n'est pas sans évoquer l'incinération de Eddie Barclay. Du reste, tout le monde sera d'accord pour affirmer que cet ultime opus est une belle conclusion à l'histoire du groupe, synthétisant merveilleusement les différentes périodes de sa longue aventure. Inutile de dire que Megadeth ne surprend pas, et que Mustaine poussera son acrimonie jusqu'à reprendre "Ride the Lightning" (en bonus) - comment pouvait-il en être autrement ? La vengeance est un plat qui se mange froid. 3/5
Tusmorke - Balderdom
Exodus - Goliath
Polis – Pilger
Karfagen – Omni II
Elder - Through Zero
En 2022, Elder avait déclaré sa flamme au rock progressif sur Innate Passage, un genre musical auquel les emprunts (depuis Lore, 2015) se muaient désormais en deuxième peau jusque dans ses détours yessiens. Quatre ans plus tard, le combo revient après avoir suscité beaucoup d’attentes, et il semble vouloir associer l’approfondissement progressif à leur esthétique première. Un équilibre difficile à atteindre et pourtant. Pourtant le groupe y parvient parfaitement, culminant sur "Capture/Release" où les claviers électroniques à la Tangerine Dream sont harmonisés aux riffs Heavy et aux soli de guitare de haut vol. Particulièrement longues, les pistes développent un propos "Sigil To Ruin" possède de beaux développements guitaristiques, progressifs, psychédéliques modernes et même jazzy ; le contrasté "Through Zero" se rapproche de King Buffalo et de Lunatic Soul ; le doux "Strata" finit par s'endurcir jusqu'au final apaisé et splendide. Ainsi, l'album se situe clairement dans le haut de leur discographie. 4/5
Slift - Fantasia
Après le mastodonte Illion (2024) où les longues pistes se succédaient pour dessiner une épopée à mi-chemin entre la science-fiction et la mythologie grecque, Slift revient avec un album moins long mais non moins dense. Si Fantasia est présenté par le combo comme un album plus agressif et direct, il alterne en fait entre moments brutaux et mélodiques ou planants ("Corrupted Sky", "Secret Mirror"). La dimension progressive est toujours présente avec des explorations floydiennes sur "Waiting Man" et "Fantasia" dans ses parties atmosphériques, et l'ambition demeure comme en témoignent les parties instrumentales de "The Day of Execution". De fait, Slift signe à nouveau un excellent opus qui mérite d'être exploré en profondeur et dans toute sa variété. 3.5/5
Jordsjo - Pestkrønikene
Jehovah On Death - Lágrimas de Oro
Tokyo Blade - Hoist the Colours High
The Night Eternal - Cold Velvet
Anthrax - Cursum Perficio
Triggerfinger - Tarmac
Tygers of Pan Tang - Electrifyed
HOL1D4Y - Topology
Alors que le successeur des excellents "Rival Records" Darkfighter et Lightbringer (2023) se fait désespérément attendre, les musiciens de Rival Sons relancent ou inaugurent leur carrière solo. En février, Jay Buchanan avait investi les charts de la musique folk- country avec le tout juste sympathique Weapons of Beauty ; en septembre, le guitariste Scott Holiday prend le chemin du rock psychédélique sous le pseudonyme d'HOL1D4Y, pour offrir un Topology... assez peu convaincant. Non seulement l'album ne propose rien d'original au regard de la scène stoner et psyché-revival américaine, mais en plus les compositions manquent de relief et d'intention dans l'interprétation. On soulignera tout de même quelques moments intéressants, en premier lieu "Metacognition" où s'illustre bien le trait de guitare typique d'Holiday, mais aussi les ornements orientalisants de "Constellations" et le long développement de "Crism". Un album correct, mais oubliable. 2.5/5







