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Critique d'album

Alcohsonic


Songs From The Delirium Tremens World


(12/01/2009 - LMG Productions/Mosaic Music - Stoner Rock - Genre : Hard / Métal)
Produit par

1- Enter The Delirium / 2- Follow Me, I'll Flee From You / 3- Mojo Driver / 4- Stoned Morning / 5- Hanuman' Chest / 6- Spam Me / 7- I'm Your Man / 8- The Cathodic Way Of Life / 9- You're Not Rock N' Roll / 10- Delirium Song
Note de 5/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Alcohsonic dévoile sa vision personnelle du stoner rock avec son premier opus."
Maxime, le 11/02/2009
( mots)

Depuis 4 ans, Alcohsonic a fomenté une guérilla d’un genre inédit : imposer à une France mal lotie dans le paysage rock européen une jeune garde nationale entrée dans la religion du binaire par la case grunge, remontant ensuite le fil de l’histoire pour s’abreuver à la source intarissable du hard seventies, frottant ces influences à l’aridité du stoner ou à l’urgence du garage. Une chimère pour idéalistes naïfs persifleront les actionnaires des majors désirant agrandir la piscine de leur villa à Marrakech. Une cause perdue d’avance remarquera l’observateur cynique, qui constate qu’en dehors des bulles médiatiques (la scène teenage rock parisienne, déjà en perte de souffle) et des niches bien spécifiques (metal, punk à chien, pseudo reggae militant), point de salut. Qu’importe. Le quatuor de Romainville a pris un malin plaisir à rayer les expressions rentabilité immédiate et cibles marketing de son vocabulaire pour lui préférer passion et abnégation, en montant le collectif Arachnorock, plate-forme spécialement créée pour défendre et promouvoir le genre, cimenter les bases d’une véritable scène. Tissant sa toile de Lille à Marseille, le groupe a pris d’assaut le moindre rade passant à sa portée, ralliant derrière son drapeau de prometteuses formations du même cru. On a vu Alcohsonic jouer dans l’arrière salle d’un PMU de banlieue devant quinze personnes et un pilier de bar bourré, investir une cave de l’Odéon en compagnie de Cabron et se heurter à l’hostilité des propriétaires des lieux. Bien d’autres faits autrement plus reluisants peuplent son parcours. Cette année, la troupe base ses quartiers non loin de Pigalle en lançant les soirées Roadrockin’, présentant sur un plateau bouillant les fines fleurs de cette scène émergente.

On en oublierait presque de signaler qu’Alcohsonic est aussi, et avant tout, une bande de musiciens. Les pendules seront farouchement remises à l’heure avec ce premier opus, récipiendaire de ces années de militantisme acharné au service du rock’n’roll. Détail pas désagréable : l’objet est très soigné, riche d’un bel artwork et d’un livret en papier glacé avec les paroles retranscrites à l’intérieur. Voilà des gens qui croient encore à la valeur de l’objet disque en pleine période de dématérialisation généralisée, c’est assez salutaire pour être souligné. Et ce d’autant plus que la pochette illustre à merveille la position tout à fait à part que tient le quatuor dans ce mouvement. Ici point de cliché désertique, ni de jeune femme en bikini galbant sa croupe devant des motifs psychédéliques. Contrairement aux canons du stoner, le groupe a choisi un univers éthylico-onirique en forme de bande-dessinée, où se croisent les silhouettes de Jimi Hendrix et d’Alice Cooper trinquant au pays de Bilbo le Hobbit, digérant tout un pan de la musique anglo-saxonne pour la recracher avec un humour hâbleur très gaulois. Cette ambivalence est parfaitement incarnée par les deux têtes de proue de la formation. Artisan zélé de la 6-cordes, Pierre Monjoin est la caution hard de l’entreprise, empruntant son jeu aussi bien du côté de Joe Perry que de Michael Amott (les Spiritual Beggars sont explicitement cités en référence dans le livret, à juste titre) pour tresser de lourds barbelés de power chords. Posté derrière le micro, Sébastien Bismuth colore ce binaire massif en s’improvisant, ici conteur sardonique ("Mojo Driver"), là crooner des lendemains de cuite ("Stoned Morning"), épiçant une sauce qui aurait pu tourner au revival aigre et stérile.

En écoutant l’intro, un acheteur indélicat pensera s’être procuré le disque de nouveaux émules de Billy Ze Kick, ce groupe potache qui avait berné son monde il y a dix ans avec un morceau célébrant les vertus des champignons hallucinogènes que les ménagères avaient pris pour une gentille ode à la cueillette en forêt. Ce même auditeur risque d’être surpris une fois l’album puissamment engagé sur ses rails avec "Follow Me, I’ll Flee From You". Fini la rigolade, nous voilà directement entrés dans le cœur du sujet. Dopé par une production au cordeau, le titre est une gifle cinglante, le genre de coup de semonce qu’inflige Hermano à son auditoire pour le tenir en respect. Avec un souci constant d’enrichir sa palette, le groupe n’hésite pas à multiplier les brillants exercices de style, forgeant un funk lourd comme la démarche de l’éléphant rose de la pochette lardé de giclées de riffs onduleux ("Mojo Driver"), s’essayant à l’instrumental désertique ("Hanuman’ Chest"), distillant dans son alambic une synthèse inédite de boogie et hard sudiste ("I’m Your Man") ou troussant une ballade soutenue par un orgue chaleureux et une débauche de soli tutoyant les orteils de Jeff Beck et Jimmy Page ("The Cathodic Way Of Life"). Trop heureux d’épauler ses jeunes compagnons, Lol Nico du Royal Bubble Orchestra vient tonner sur le définitif "You’re Not Rock’n’Roll" d'une belle furie communicative. Une salve de chœurs enjoués et d’envolées d’harmonica qui feraient roucouler d’aise les férailleurs de Five Horse Johnson ("Delirium Song") vient clore cette joyeuse bacchanale de riffs millésimés et de couplets fédérateurs. Le hard se veut poussiéreux et nostalgique ? Alcohsonic le rend vigoureux et enthousiaste. Jouvence !

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