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Critique d'album

Benoît Dorémus


Pas en parler


(01/06/2005 - Fonds de poche - Chanson rock-musette-hip-hop - Genre : Chanson / Folk)
Produit par

1- J'apprends le métier / 2- Conditionnel / 3- Rien à te mettre / 4- Ca ne me manquait pas / 5- J'écris faux, je chante de la main gauche / 6- Les Bulles / 7- 17 ans / 8- Ce que ça fait de la revoir / 9- Retour à l'envoyeur / 10- Beau padre / 11- Un Poison / 12- Pas en parler / 13- Accordéon pour cinq d'entre elles / 14- Je viens du cirque
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Textes ciselés, phrasé énergique, un journal intime vibrant : une révélation..."
Nikko, le 20/10/2005
( mots)

Au départ il y eut des gens nouveaux, qui arpentaient les scènes françaises en chantant dans notre beau langage. Et les obsédés de l'étiquette de créer leur appellation la plus creuse des 20 dernières années, ex-aequo avec "French Touch". La "nouvelle scène française" était née, commode fourre-tout globalisant aux deux critères et demi même pas respectés. Depuis on estampille, on labellise, on tamponne, on identifie, on tatoue et on s'y perd. On invente aussi. Ska-punk-rock-festif ou jazz-fanfare-alternatif ? Cornélien... Alors dans le doute on estampille encore, on labellise et on tamponne toujours, on identifie et on tatoue de nouveau. Un ruisseau de mauvais, un océan de médiocre et une larme d'enthousiasmant. A vos tympans de trier, et à la petite histoire de recueillir ses pépites, au fond du tamis de vos oreilles.
Mon pavillon gauche avait validé Elista il y'a deux ans, signés et distribués depuis. Dans mon pavillon droit vient d’emménager un touchant phénomène de vingt-cinq années. Benoît Dorémus, chanteur-écrivain pudique dévoilé par sa plume confidente, apporte à la "nouvelle scène française", pieuvre étouffée par ses tentacules, ce qui lui manque depuis quelques temps : une énorme inspiration. Talentueux, le bonhomme l'est, c'est certain. Son album, "Pas en parler", scande chapitre après chapitre des mots qui touchent, entre rires et sanglots. Vibrant comme un journal intime, il s'abreuve à la même source que toutes les oeuvres nécessaires à leur auteur : un flot de bile charriant un lit de pétales. La métaphore d'un paradoxe ancré dans sa chair, qui le voit avouer en chansons ce qu'il devrait garder pour lui, brûlé par le feu d'être aimé pour son art. La rançon d'une écriture sincère, à fleur de peau, qui vainc en se livrant.
Alors bien sûr, il y en aura, des code-barres, sur sa tête apposés par les maniaques de la référence. Mais Benoît Dorémus n'est pas un artiste binaire, analysable en une fraction de secondes, par lecteur optique. Entre Renaud et Java vous diront-ils, pour vous donner une idée. Il est vrai, il a coutume de poser sur un air d'accordéon son timbre mal assuré, proche du premier cité. Mais son phrasé énergique, presque rappé sur certaines chansons, laisse souvent place à un filet funambule, en équilibre sur le fil de l'émotion.
Mon oreille droite a tranché. Une signature, vite. Mais s’il te plaît, Benoît, pas d'autographe : un écrivain ne signe qu’au bas de son œuvre.

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