↓ MENU
Accueil
Première écoute
Albums
Concerts
Cinéma
DVD
Livres
Dossiers
Interviews
Festivals
Actualités
Médias
Agenda concerts
Sorties d'albums
The Wall
Sélection
Photos
Webcasts
Chroniques § Dossiers § Infos § Bonus
X

Newsletter Albumrock


Restez informé des dernières publications, inscrivez-vous à notre newsletter bimensuelle.
Critique d'album

black midi


Hellfire


(15/07/2022 - Rough Trade - Rock expérimental - Genre : Rock)
Produit par

1- Hellfire / 2- Sugar/Tzu / 3- Eat Men Eat / 4- Welcome To Hell / 5- Still / 6- Half Time / 7- The Race Is About to Begin / 8- Dangerous Liaisons / 9- The Defence / 10- 27 Questions
Note de 3/5
Vous aussi, notez cet album ! (5 votes)
Consultez le barème de la colonne de droite et donnez votre note à cet album
Note de 3.5/5 pour cet album
"Un black midi pour les nuls ?"
Mathieu, le 02/08/2022
( mots)

On prend les mêmes et on recommence ? Pas tout à fait... Et ce serait mal connaitre les p’tits gars de black midi, toujours dopés et habités par cette folie créative désormais indissociable de leur identité. C’est tout juste un peu plus d’un an après le kaléidoscopique Cavalcade que la bande de London lève le voile sur son successeur diabolique, le bien nommé Hellfire. Huit titres, pour conter les (més)aventures de huit personnages fictifs destinés à baigner dans les flammes de l’enfer pour l’éternité. Réjouissant non ?  


Ne vous fiez cependant pas au choix de ce thème un peu hasardeux, car l’on tient très certainement ici l’album le plus accessible du groupe à ce jour. Un Black Midi pour les nuls ? Discutable, mais il est certain que, bien que toujours adepte d'une formule en trio ayant fait sa réputation (après le départ du guitariste Matt Kwasniewski-Kelvin), black midi va venir apaiser un brin son propos, sans tout de même délaisser l’urgence et la frénésie de certains arrangements. Là où Cavalcade se révélait parfaitement équilibré entre moments de folie jubilatoire math-rock et instants jazzy aériens, Hellfire va quant à lui venir définitivement basculer du côté mélodique. Mais n’ayez crainte, si votre attirance envers les trois anglais reposait sur leur côté un peu barré, en mode scientifiques fous, les sursauts bipolaires mouvementés ne seront jamais très loin...  


Soulignons dans un premier temps l'importance accordée à la tracklist, et plus particulièrement à l’imbrication intrinsèque de l’ensemble. Ce troisième effort, qui se présente à nos esgourdes comme un bloc unique et cohérent, est à impérativement écouter d’une traite afin d’y apprécier l’intelligence des transitions qui ne se remarquent parfois même pas. Chaque titre complétant le précédent, on erre ici, un peu hors du temps, au beau milieu d'une solide intégrité, savamment orchestrée par nos aventuriers rock préférés.  


"Sugar/Tzu", véritable point de décollage après une introduction qui nous saisit à la gorge, alterne allègrement sustentations free-jazz aux nappes cuivrées envoutantes et matraquages d’un rock des plus abrasifs. Le titre impressionne d’entrée de jeu, blindé par un Morgan Simpson toujours aussi stratosphérique derrière son kit, suant de technicité. Les morceaux à tiroirs se succèderont, du moins en première face, assurant la parfaite transition avec Cavalcade. Apportant son lot de nouveaux défis stylistiques (la rencontre entre rock et flamenco de "Eat Men Eat", interprété d’ailleurs par le bassiste Cameron Picton) ou de diversité rythmiques (l’étonnant "Welcome To Hell"), black midi parvient également à séduire lorsqu'il lève le pied (et cela arrivera plus d’une fois). Parfait cas de figure avec le prenant "Still" et son final envoutant, sur lequel solo de trompette et nappes aériennes de flutes se succèdent, venant apporter son brin de malice et une certaine virtuosité mélodique. Un grand moment de musique pour un collectif qui parvient désormais à canaliser son énergie et qui prouve à ses détracteurs qu’il n’est définitivement pas que là pour leur casser les oreilles.  


Evoquons également un instant Geordie Greep qui, toujours aussi piquant et éloquent dans son interprétation lorsque le tempo s’envole et les doits s'agitent autour du manche, viendra, au sein d’une seconde face des plus contrastées, se muer en crooner digne des plus grands music-halls. En effet, après une mi-temps marquée par un interlude à la mode radiophonique, le rideau se lève progressivement sur cette ambiance showbiz, en parfaite adéquation avec le ton théâtral emprunté çà et là par le chanteur. 


"The Race Is About to Begin", plus gros morceau du disque du haut de ses 7 minutes, vient déverser petit à petit ses strass, entrecoupé de quelques sursauts math-rock toujours bienvenus pour redynamiser l’ensemble. En résulte un surprenant mélange hybride entre un black midi plutôt conventionnel et une version bien plus édulcorée, qui après une première écoute dubitative, viendra progressivement révéler tout son potentiel. Le groove se dévoilant peu à peu, autour d’une folle épopée d’élocution amorcée en milieu de titre, Greep en parfaite maitrise, déversant plus de 300 mots à la minute. 


C’est véritablement en fin de disque que le virage music-hall s’opère, avec l’enchainement "Dangerous Liaisons" - "The Defence", ce dernier s’imposant comme le parfait stéréotype du genre avec sa guitare acoustique, son piano, sa floppée de cuivres et sa rythmique syncopée. C’est mélodique, prenant, posé et réfléchis, Greep se prenant au jeu, crooner au timbre clair, quasi envoutant, on découvre ici une facette du groupe encore inexploitée auparavant. Bien que "27 Questions" se dévoile de façon plus traditionnelle, cet ultime piste nous mènera progressivement vers un véritable thème de clôture, chapeau noir sur la tête et canne à la main, nous voilà conduits, tout en légèreté vers la conclusion explosive de cet album surprenant, en rappel du thème abrasif de l’introduction éponyme. La boucle semble bouclée, l’auditeur rassasié.  Pas trop long, ni trop court, les 40 minutes de l’ensemble constituent la durée idéale pour ne pas rester sur sa faim, sans se risquer à l’overdose.  


Après un Schlagenheim complètement déstructuré, en véritable manifeste d’une énergie live dévastatrice, et un Cavalcade s’imposant comme un véritable travail studio, un brin trop fou, Hellfire constitue finalement le parfait compromis entre authenticité live et technicité d’enregistrement. C’est avec ce troisième disque que le groupe réussi à canaliser et concentrer toute son énergie créatrice parfois dévastatrice (on se souvient de l’indigeste "Johnny L"), pour mettre définitivement en lumière toute l’étendue de son talent. Si black midi vous a toujours un peu rebuté, avec ses lignes rythmiques et mélodiques tantôt hystériques, Hellfire pourrais bien constituer la porte d’entrée idéale vers l’univers d’un groupe désormais en pleine maitrise et arrivé à maturation.


 


A écouter : "Sugar.Tzu", "Still", "The Race Is About To Begin"

Si vous aimez Hellfire, vous aimerez ...
Commentaires
Soyez le premier à réagir à cette publication !