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Critique d'album

Dirty Beaches


Badlands


(29/03/2011 - Zoo Music - lo-fi - Genre : Rock)
Produit par

1- Speedway King / 2- Horses / 3- Sweet 17 / 4- A Hundred Highways / 5- True Blue / 6- Lord Knows Best / 7- Black Nylon / 8- Hotel
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"L'exil et le passage du temps en mode 50's lo-fi, c'est beau et sale à la fois"
Marc, le 26/12/2011
( mots)

A force de surévaluer la moindre nouvelle tendance musicale à deux balles qui éloigne toujours un peu plus la jeunesse de l'essence du rock'n'roll, les médias ignorent trop souvent ceux qui s'inspirent de l'énorme richesse de nos aînés. Fort heureusement, il y a toujours quelques groupes et artistes qui se nourrissent du bon goût de leurs anciens pairs pour étancher leur soif de liberté créatrice. C'est le cas avec ce Badlands où Alex Zhang Hungtai se révèle au plus grand nombre sous le nom de Dirty Beaches en incarnant ce transmetteur de sons délaissés.

Ce Taïwanais d'origine, qui a fait escale à New York, Hong-Kong, Montreal et Honolulu, avant de prendre son envol de Vancouver, est un bel exemple de DIY (Do It Yourself). Mordu de cinéma (Alex aurait pu suivre les traces de Tarantino après avoir travaillé dans un vidéo-club), il a transfiguré sa première passion en une musique qui nous fait emprunter les routes tourmentées de David Lynch et celles plus mélancoliques de Wong Kar-Wai. Un trait d'union marqué d'une voix inspirée par Elvis dont le squelette épouse aussi les contours d'Alan Vega et de Roy Orbison. Le tout est joué sans esbroufe, façon rockabilly et on ne peut plus lo-fi.

Le thème de Badlands a été suscité par son père chinois qui fut l'espace de quelques concerts un jeune chanteur de Doo-Wop, avant qu'il ne s'engage dans l'armée. Du son à son concept, en passant par le design, cet hommage à la jeunesse de son père fleure la nostalgie sublimée avec le voyage et le passage du temps comme thèmes centraux. En s'inspirant de cette figure paternelle qui lui était inconnue et en créant un personnage d'exilé en errance nocturne sur les sombres highways américaines, il nous embarque au coeur d'un monde fictif et quelque peu abstrait. Dans ce décor de road-movie, une guitare, des boucles samplées et sa voix suffisent à nous transporter vers l'inconnu. L'ambiance lancinante est transpercée par quelques riffs agressifs et des montées vocales qui rythment les miles avalés durant les quatre premiers morceaux dont la très Suicide  "Sweet 17" et la noisy "A Hundred Highways". A la suite de ce premier trip, le héros qui voyage désormais en nous fait escale dans un dancing peuplé de losers magnifiques où deux ballades, la doo-wop "True Blue", digne d'une B.O de Wong Kar-Wai, et "Lord Knows Best", avec le sample de "Voilà" de Françoise Hardy, nous donnent quelques envies amoureuses avant que les deux derniers instrumentaux, aux titres explicites ("Black Nylon" et "Hotel") mais à l'atmosphère dramatique, nous fassent finalement craindre le pire...

Vivre, aimer et conduire sont les trois maîtres mots d'Alex Zhang Huntai. Pour chacun d'entre eux il s'expose à un risque létal. La preuve, le voyage a tourné court, en 8 morceaux et moins de 30 minutes la soif de vivre du personnage semble s'être interrompue tragiquement. Son périple rêvé s'est heurté à la réalité en nous dévoilant son versant le plus sombre. Avec ce Badlands, cette résurrection d'une âme vagabonde sur des mantras psychotiques laisse une sensation diffuse entraînant une dépendance presque malsaine et totalement lynchienne qui s'empare de notre mémoire auditive. On ne sait plus si on a aimé ou si la mélancolie est devenue plus forte que tout. Toujours est-il que Dirty Beaches porte bien son nom : c'est beau et sale à la fois.

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Deftones


Ohms


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2000. Après deux albums beaucoup plus bruts de décoffrage, Deftones sort son magnum opus, White Pony, considéré par beaucoup comme l’un des sommets indépassables de ce curieux courant musical aujourd’hui moribond qu’est (que fut ?) le nü métal, fruit de cette improbable alchimie entre les guitares ultra-distordues à la Meshuggah qu’affectionne Stephen Carpenter et la new wave des The Cure, Duran Duran et autres Bad Brain dont raffole Chino Moreno, lequel met dès lors un point d’honneur à tempérer ses hurlements par des phases chantées en apesanteur. Cette union des contraires permet au gang de Sacramento de survivre dignement alors que les Korn, Limp Bizkit, Incubus et autres Linkin Park mordent successivement la poussière, de gré ou de force. Vingt ans plus tard, que reste-t-il de la verve deftonienne, de cet entre-deux si saisissant, de cette bouillonnante association de talents ? Eh bien force est de constater que la machine infernale californienne fonctionne du feu de Dieu, et ce ne sont ni le précédent Gore, ni l’actuel Ohms qui viendront démentir cette affirmation, bien au contraire.

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