
Madrugada
Madrugada
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1- Whatever Happened To You / 2- The Hour of the Wolf / 3- Look Away Lucifer / 4- Honey Bee / 5- New Woman/New Man / 6- What's on Your Mind? / 7- Highway of Light / 8- Valley of Deception / 9- Our Time Won't Live That Long


A peine les sessions d’enregistrement de ce cinquième album terminées, un drame frappe durement le groupe. Tout juste rentré de New York, le guitariste Robert Burås est retrouvé mort dans son appartement le 12 juillet 2007, à l’âge de 31 ans. Ebranlés, et après une période de réflexion, le chanteur Sivert Høyem et le bassiste Frode Jacobsen décident finalement de publier l’album, qui est dédié au défunt guitariste.
Cet album éponyme est donc un album posthume, dernier acte d’un groupe qui ne devait pas se relever de la disparition de son guitariste, dont l’influence était prépondérante aussi bien dans l’écriture que dans la conception sonore. Le travail de Burås sur cet album est d’ailleurs une nouvelle fois remarquable, alternant entre ritournelle d’arpèges délicats, caresses acoustiques et riffs corrosifs et frondeurs. Sans explorer de nouveaux territoires sonores, Madrugada est donc un condensé de tout ce que le groupe sait faire de mieux. Un disque sur lequel règne une atmosphère particulièrement poignante, palpable dès les premières secondes du puissant et déchirant "Whatever Happened to You" balayé par les stridences solistes de la six-cordes. Comme à son habitude, le groupe alterne ainsi entre les ballades mélancoliques et des titres plus relevés à l’instar de "Hour of the Wolf", ses arabesques électrisantes illuminant son entrainant refrain, ou encore "New Woman, New Man", sombre et élégant avec son motif de piano qui imprime une mélodie entêtante.
Sivert Høyem se fait conteur grave sur "What’s on Your Mind" évoquant une nouvelle fois la filiation avec Nick Cave et Leonard Cohen mais également crooner mélancolique sur "Honey Bee", titre acoustique élégiaque avec ses chœurs féminins qui rajoutent une dose supplémentaire de pathos. Sur "Valley of Deception", son timbre un peu éraillé rappelle la verve des premiers disques de Tom Waits. Le groupe délivre également une ballade habitée dans la plus pure tradition folk-rock américaine avec "Look Away Lucifer" qui laisse le diable approcher sur un pont aux odeurs de souffre avant de conclure le titre avec toute la force de la saturation. Avec ses arpèges scintillants et son chant vibrant, "Highway of Light" illumine la fin d’album avant "Our Time Won’t Live that Long" chanté par Robert Burås lui-même, dont le timbre évoque curieusement celui de Mick Jagger et qui résonne comme un morceau prémonitoire. Une confession de fragilité très émouvante qui résonne solennellement avec le poids du destin et qui fournit la conclusion parfaite à cet album d’adieu.
Après la sortie d’un best-of en 2010, Sivert Høyem et Frode Jacobsen partent vaquer à leurs projets personnels avec notamment une carrière solo très active pour Silvert Høyem. Après une reformation dans le cadre d’une tournée lancée en 2019 afin de célébrer le 20ème anniversaire d’Industrial Silence, les deux membres fondateurs décideront de retourner en studio pour composer les titres qui figureront sur Chimes At Midnight, dernier album du groupe en date.


















