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Critique d'album

Gorod


The Ember Gone


(28/08/2026 - Base Productions - Technical Death Metal - Genre : Hard / Métal)
Produit par

1- Signs / 2- Devise / 3- Forgiveness / 4- Regret / 5- Crimson / 6- Ignite / 7- Ember / 8- Remains
Note de /5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"§4 - Une odysée du death-technique"
Julien, le 06/09/2026
( mots)

Vers l'exil


Si les couleurs francophones sont magnifiquement représentées sur la terre du death-technique, portées par les qualités exceptionnelles de formations québécoises comme Beyond Creation ou First Fragment, je me demandais si mon exploration du style me donnerait l'occasion de croiser des groupes originaires de l'Hexagone. La réponse est limpide : Gorod fait quasi figure de pionnier, fondé en 1997 et fort d'une discographie de huit albums enracinés dans le registre. La solide réputation du quintet bordelais l'a conduit à tourner aux côtés de références du genre comme
The Faceless, ou des Américains de Allegaeon sur sa prochaine série de concerts.
En quête de ce The Ember Gone qui nous intéresse aujourd'hui, c'est avec surprise qu'on se donne rendez-vous sur la côte du territoire death-technique. Le huitième album du groupe, emmené par le bassiste Benoît Claus, se love à l'embarcadère du style, prenant la forme d'un navire bâti pour le large, prêt à sonder les océans stylistiques du metal.
Un disque tourné vers l'exploration.
Vers l'exil. 


Gorod signe son départ de manière éclatante avec un morceau au titre symbolique : "Remains", et son ultime partie instrumentale, scintillante de couleurs semblables à un soleil levant qui illumine les adieux des explorateurs. Dans son sillage, le quintet laisse une dernière offrande à sa terre natale avec l'instrumentale "Crimson", démonstration de tout l'héritage acquis au cœur du death-technique en vingt-neuf années d'existence.
The Ember Gone déploie ses voiles au vent d'un death metal progressif, porté par le souffle de "Regret", dont les chœurs au chant clair, mêlée à la célérité des arpèges, fonctionne malgré une sensation d'étirement dans sa formule. Un morceau à l'image de cet album solide mais déroutant, qui prend son temps avant de révéler la qualité de son contenu. Dans ce même registre progressif, le single "Forgiveness" fait figure de grande réussite, un pari pleinement payant. Sa construction ascensionnelle, toute portée par la basse de Benoît Claus, maintient une tension constante avant une déflagration finale superbement amenée. Devant la qualité de la composition, le texte du refrain "I could have done better, I could have gone further" prend des allures ironiques tant l'accomplissement est total, croisant qualité et originalité dans une direction qui donne toutes les envies pour la suite du quintet. Gorod oriente ensuite la barre vers un territoire opposé, sondé avec la même réussite sur "Signs". Le titre d'ouverture puise son inspiration dans un death metal mélodique, assumé jusque dans sa dernière partie et un solo imprégnant, porté par des nappes de claviers. Sa force tient dans son immédiateté et son urgence, en explorant la nuance et la profondeur insondable que ses guitares laissent entrevoir sur le refrain.
On serait alors tenté de croire que l'escapade de The Ember Gone est une totale réussite ; pourtant, il ressort de ce voyage une étrange impression de trop vouloir en faire. Une sensation liée en grande partie au chant de Julien Netz, parfois envahissant, comme sur "Devise", où son abondance donne au titre des allures punk peu convaincantes. Un constat similaire peut être dressé sur "Ignite", dont les deux premiers tiers se révèlent sans relief, écrasés par la lourdeur du chant, avant de se dévoiler dans sa dernière partie à travers des slides instrumentales aux échos "pink-floydiens", qui auraient mérité de prendre plus de temps, de s'étirer plus largement sur la longueur.


Au terme de cette traversée, The Ember Gone s'apparente à un voyage inégal : certaines escales, comme "Remains", "Signs" ou surtout "Forgiveness", comptent parmi les plus belles réussites du groupe, tandis que d'autres pâtissent d'un vent trop chargé qui alourdit plus qu'il ne porte. Reste que cette odyssée, accidentée par endroits, a le mérite d'ouvrir une voie : celle deployée sur "Forgiveness", qui semble indiquer au quintet bordelais la direction à suivre de ses prochaines explorations ; si tant est que les Bordelais fassent le choix de rester au large des terres death-technique.


 


A écouter : 1 – "Forgiveness" ; 2 – "Signs" ; 3 – "Remains"

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