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Critique d'album

Gaerea


Loss


(20/03/2026 - Century Media - Post Black Metal - Genre : Hard / Métal)
Produit par

1- Luminary / 2- Submerged / 3- Hellbound / 4- Uncontrolled / 5- Phoenix / 6- Cyclone / 7- LBRNTH / 8- Nomad / 9- Stardust
Note de /5
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Note de 2.5/5 pour cet album
"En toute modernité"
Julien, le 17/05/2026
( mots)

L'une des principales qualités du metal extrême, dans ses multiples branches stylistiques, tient dans son rapport singulier aux outils de production et sa capacité à sonner résolument actuel. Une modernité, voire parfois un avant-gardisme, qui n'est sans doute pas étranger à la démocratisation fulgurante du metalcore, capable de rassembler des foules toujours plus jeunes et toujours plus larges.


C'est précisément cette modernité-là, qu'on écoute via une production boostée et clinquante, qui constitue l'axe central de Loss, sixième opus de la formation portugaise Gaerea. Si le soin apporté à la réalisation est indéniable, il se paie d'un hermétisme envahissant qui finit par peser sur l'ensemble du disque, lequel manque cruellement d'authenticité. Le rapprochement avec Rivers Of Nihil et leur album éponyme, paru l'année dernière, s'avère des plus intéressant surtout si on se fie aux growls des deux formations d'une similarité confondante. Mais là où le groupe américain impose une identité, une humanité palpable avec son saxophone comme sa signature la plus immédiate ; Gaerea peine à offrir cette touche artisanale, ce façonnage qui porte la marque du musicien. C'est précisément ce manque qui creuse la distance avec l'auditeur. On cherche en vain un passage mélodique, un solo auquel s'accrocher pour ne retenir que la seule lourdeur des accords qui traversent le pont de "Luminary" comme empreinte instrumentale.
Les Lusitaniens ont donc misé sur la modernité, mais surtout sur la performance vocale de leur chanteur Alpha qui constitue la véritable colonne vertébrale de l'album. Sa maîtrise de l'éventail vocal est impeccable, des growls les plus viscéraux jusqu'aux incursions dans le chant clair. Bien que qualitative, cette surexposition du chant finit d’aseptiser complètement le propos et installe une forme de redondance pesante. Ainsi, "Hellbound" et "Uncontrolled" se succèdent dans un matraquage entre growls rageurs, nappes de claviers et blast beats incessants, sans que l'un ou l'autre ne parviennent à s'imposer au-delà de leur déchainement rageur. "Phoenix" s'en tire un peu mieux, en proposant quelques variations dans la ligne mélodique du chant, mais sans pour autant être se distinguer du registre déployé sur les deux titres cités précédemment.
Pour trouver une forme de respiration, il faut se plonger dans les morceaux plus émotionnels, joués à un rythme moins effréné. Dans ce style, le single "Submerged" s'impose comme la pleine satisfaction de l'album : l'alternance y est radieuse et la performance vocale apporte un élan bienvenu, mettant en valeur une profondeur trop peu présente sur le reste du disque. "Stardust", chargé de clore l'album, surprend quant à lui par ses ouvertures inattendues : un chant clair traité avec des résonances presque R&B, comme le manifeste d'un groupe cherchant à se défaire de l'étiquette post-black-metal dans laquelle il avait longtemps été enfermé. Les amateurs de ces émulations du groupe n'auront guère à se réjouir, si ce n'est avec "Nomad", où Gaerea renoue avec une linéarité black-metal maîtrisée et nuancée, l'un des sommets d'un album qui en compte trop peu.


Avec Loss, Gaerea signe un disque de rupture, tendu vers la conquête d'un nouveau public et animé par une ambition de renouvellement. La production, résolument moderne et léchée, et l'élargissement de la palette vocale vers le chant clair témoignent de cette volonté. Mais à force de vouloir séduire, le groupe s'efface derrière ses propres artifices, livrant un album trop impersonnel, parcouru de fulgurances trop rares pour emporter pleinement l'adhésion.  


 


A écouter : "Submerged" ; "Nomad". 

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