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Critique d'album

Norman Would


Timeline


(09/09/2026 - Autoproduit - - Genre : Chanson / Folk)
Produit par

Note de /5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"La classe américaine"
Quentin, le 06/10/2026
( mots)

Déjà mis à l'honneur dans le cadre de la sélection Albumrock en 2024 avec l'indie-folk solaire et entêtant de Whenever You Land, Norman Would rempile cette année pour un troisième album qui explore un versant plus ténébreux et mélancolique. Si les influences marquées de la musique folklorique américaine sont toujours bien présentes, Timeline se démarque de son prédécesseur par son tempérament plus sombre qui met parfaitement en valeur la voix grave et pénétrante du Français.


Norman Would habite chacun des titres qui compose ce troisième album avec sa présence vocale et sa profondeur caverneuse à la Sivert Høyem, des arpèges boisés du titre d'ouverture "Time Flies Again" jusqu'au conclusif titre éponyme, dépouillé et solennel. Tout au long de ce recueil de chansons universelles et touchantes, on est happé par l'amplitude délicate du refrain lumineux de "Whirligig, l'americana savoureuse de "I Think I Need to Tell You This" ou encore la beauté crépusculaire de "Reading Backwards" et son toucher de guitare western. Le charme onirique de "Pedestal" affilié aux racines du “Deep South” se voit contrebalancé par la force saturée des assauts grunge de "I Will Go Down" qui évoque le spectre de Mark Lanegan. On vacille également face à la puissance montante des accords tendus de "Outta Sight Outta Mind Outta Me" ou encore la rage contenue de "Cruel As Cruel Can Be".


Les apports liés au travail de production et le soin apporté aux arrangements sont indéniables et permettent à chaque titre de sortir du lot : guitares rugissantes qui ajoutent une tension en arrière plan de "Help Please Help Please", travail sur les textures pour ajouter à la lenteur cotonneuse de "Mind Freeze" et à la mélancolie maladive de "Beasts Behind Your Eyelid", sans oublier ce violon pleureur qui accompagne la délicatesse intimiste de "Next in Line". Généreux, Norman Would ajoute deux titres bonus à cet ensemble déjà bien étoffé qui ne souffre d'aucune fausse note.


Avec ce troisième disque de folk sombre et habité, le Français s'inscrit dans la grande tradition des songwriters américains tout en prenant le temps de construire un univers qui lui est propre. Une véritable réussite.


 

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