↓ MENU
Accueil
Première écoute
Albums
Concerts
Cinéma
DVD
Livres
Dossiers
Interviews
Festivals
Actualités
Médias
Agenda concerts
Sorties d'albums
The Wall
Sélection
Photos
Webcasts
Chroniques § Dossiers § Infos § Bonus
X

Newsletter Albumrock


Restez informé des dernières publications, inscrivez-vous à notre newsletter bimensuelle.
Critique d'album

Kristoffer Gildenlöw


[HUMANISED]


(29/05/2026 - New Joke Productions - Rock progressif déprimant - Genre : Autres)
Produit par

Note de /5
Vous aussi, notez cet album ! (0 vote)
Consultez le barème de la colonne de droite et donnez votre note à cet album
Note de 4.0/5 pour cet album
"L'ancien bassiste de Pain of Salvation livre son album le plus abouti"
Quentin, le 23/07/2026
( mots)

La discographie de Kristoffer Gildenlöw commence à être conséquente avec un sixième album qui tranche assez nettement avec l’approche feutrée de ses précédents opus. Mettant en évidence un caractère plus lourd et frontal sans perdre de vue l’approche sensible qui caractérise tout son travail, Gildenlöw compose assurément sur les terres du metal progressif, alliant les riffs incisifs avec des signatures rythmiques alambiquées.

Cette orientation plus metallique est palpable dès l’ouverture instrumentale "Rendering" lorsque l’arpège de guitare introductif est enseveli sous un mur de guitares qui provoque une brusque montée en tension ou plus loin avec le riff gras et syncopé de "The Fields" qui s’exprime dans les fréquences graves tout en s’effaçant derrière un pont floydien de toute beauté. Si le précédent opus, dont la réalisation débutée en 2019 avait été chamboulée par la crise sanitaire, ne brillait déjà pas par son optimisme, ce nouvel opus est toujours doté d’une forte part de noirceur qui s’exprime à mesure que le Suédois explore différents recoins de notre nature humaine. Cette esthétique sombre et torturée s’exprime particulièrement sur le single "The Almosts" doté d’un riff rampant à la tension contenue et de montées en puissance véhémentes sur les refrains d’où jaillissent d’impressionnantes saillies à la six-cordes. L’atmosphère est également particulièrement anxiogène sur "Landfill" avec ses explosions riffesques et ses rythmiques aussi puissantes que mouvantes sur lesquelles vient se poser la voix complétement trafiquée de Gildenlöw, angoissante à souhait. Souvent artificiellement voilé, le chant du Suédois contribue ainsi une nouvelle fois à conférer aux morceaux une impression de déchirement et de mal-être palpable.

Quelques phases plus calmes permettent également d’apprécier les qualités du Suédois dès que la tension retombe à l’image d’un "Nothing Stays the Same" plus sensible et contemplatif avec une forte teinte mélancolique qui s’envenime tout de même dans sa seconde partie, portée par un véritable souffle épique. Et si le multi-instrumentiste Suédois fait beaucoup par lui-même (voix, basse, guitare, synthétiseurs), différents musiciens invités apportent une contribution essentielle à l’image de Léo Margarit derrière les fûts. Le jeu de l’actuel batteur de Pain of Salvation apporte beaucoup de dynamisme à l’ensemble de l’album et permet de varier les atmosphères avec ses multiples changements de rythmes. C’est le cas sur l’excellent "Nothing Lasts Forever" et son sentiment d’urgence introduit par un riff rapide à la guitare sept cordes qui alterne avec des phases beaucoup plus mélancoliques avant de décoller sur un refrain terriblement envoutant. Le titre "Before I Fail Asleep" est un autre temps fort du disque avec sa section rythmique complexe et chaloupée qui s’incarne dans un dialogue captivant entre la basse et la batterie tout en portant l’une des plus belles prestations de Kristoffer Gildenlöw derrière le micro. En conclusion, Gildenlöw explore avec "Binary" de nouveaux horizons avec un penchant pour l’électro nourri par une ligne de basse technoïde à laquelle vient se greffer un bel entrelacs de lignes vocales. Une composition originale qui prouve l’habileté du Suédois à expérimenter et à se diversifier avec la même exigence de qualité dans l’écriture.

Kristoffer Gildenlöw livre un album particulièrement marquant qui possède davantage de caractère et de relief que les précédents opus. L’orientation plus affirmée vers le metal progressif n’enlève rien à la sensibilité des compositions du Suédois mais permet au contraire de leur conférer une plus grande profondeur émotionnelle pour faire de ce Humanised le nouveau sommet de sa discographie.

Commentaires
Soyez le premier à réagir à cette publication !