
Miniseries
Pilot
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1- Pilot Theme / 2- You're Gold / 3- Offcumdens / 4- Dandelion / 5- Open Season / 6- The Speck / 7- Eyes / 8- Swimming Pool / 9- Sepia / 10- Way Before Me / 11- Ghost Telephones / 12- May You Always


A l’ère où les séries télévisées ont envahi les contenus des plates-formes de vidéo à la demande, le pilote est celui à l’aune duquel doit se mesurer le succès pressenti du produit et permettre de mesurer sa viabilité. C'est bien le sens que le quintette londonien veut donner à ce premier album fortement influencé par les bandes originales de films et de séries télévisées, à l'instar de l'ouverture instrumentale qui évoque les génériques de thrillers d'espionnage.
L'indie folk sensible de Doug Morch s'est enrichi – tant sur le plan sentimental qu'artistique – de la rencontre avec Angela Gannon pour explorer de nouvelle sonorités et aborder divers thèmes existentiels. Celui du passage du temps et de la vacuité de l'existence s'avère particulièrement central et transparaît notamment dans le morceau principal, "You're Gold" qui explore le matérialisme ambiant à travers une mélodie popisante ou encore sur "Sepia" qui évoque l'effacement des souvenirs à travers la démence. Sous un vernis acoustique délicat et lumineux, le groupe aborde ainsi des thèmes sensibles comme la question de l'intolérance et la montée du populisme xénophobe sur la folk song aux arpèges ciselés "Offcumdens", terme de la vallée de Calder, dans le Yorkshire, désignant les habitants de la région mais originaires d'ailleurs.
Le groupe sait varier les atmosphères entre l'urgence saccadée et menaçante de "Ghost Telephones" et des titres beaucoup plus ouverts qui évoquent les grands espaces à l'instar du central "Open Season" avec son ambiance de western étirée par des complaintes de guitare lap steel. Les harmonies vocales constituent assurément une marque forte du groupe, sublimant la douceur acoustique de "The Speck" ou de "Swimming Pool" quand elles n'impriment pas un air de gospel mélancolique sur "Way Before Me". Le croisement des lignes vocales évoque même avec surprise Pure Reason Revolution sur l'excellent "Dandelion" introduit par une ligne de basse massive et des textures de claviers space-rock ou sur "Eyes" et sa mélodie répétitive et hypnotisante. En conclusion, le groupe signe un titre particulièrement lumineux sous forme de bénédiction aérienne bénéficiant de sonorités de cors retentissants. Entrée en matière réussie pour Miniseries qui livre un premier album d'indie folk convaincant et qui devrait, on l'espère, logiquement être renouvelé pour une seconde saison.
















