
Kaipa
Inget Nytt Under Solen
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1- Skenet bedrar / 2- Ömson sken / 3- Korståg / 4- Stengrodornas parad / 5- Dagens port / 6- Inget nytt under solen


Au milieu des années 1970, Kaipa avait commencé à se faire un nom en Suède en investissant le terrain du rock progressif symphonique avec une certaine virtuosité – son jeune guitariste, Roine Stolt, ne passait pas inaperçu du fait de la maturité de son jeu mélodique et alambiqué, proche de celui d’Andrew Latimer. Néanmoins, la réputation de leur premier album n’avait pas dépassé les frontières du pays scandinave, faute au choix de la langue vernaculaire pour le chant, mais aussi d’une écriture tout de même assez classique au-delà de quelques bonnes idées de composition.
Fort heureusement, les choses évoluent en 1976 quand, gonflé d’ambition, le groupe met au monde un Inget Nytt Under Solen remarquable, en particulier pour sa suite épique de vingt-deux minutes, "Skenet bedrar", dont les cinq mouvements occupent l’ensemble de la première face. L’introduction de cette fresque épique parlera immédiatement aux amateurs du Krautrock électronique ou des futurs travaux des Hongrois de Solaris, mais aussi de Pink Floyd, de Camel ou d’Eloy. Il s’agit sans aucun doute de l’une des suites les plus impressionnantes de l’âge d’or du rock progressif, hélas trop méconnue, même au sein du public averti. Une certaine douceur se fait parfois sentir, dans la veine de Barclay James Harvest, puis dans un développement parfaitement maîtrisée, le groupe nous fait passer de transitons classicisantes, à une ambiance de mariachi ou de boite à musique. Le chant est parfois éraillé, voire hurlé, mais reste toujours sur le fil si bien que l’incarnation semble aussi sincère que puissante, au point d’entrer en résonnance avec la guitare.
Kaipa s’inscrit pleinement dans les normes esthétiques de son champ artistique, si bien que le camélien "Inget nytt under solen" ressemble à du rock progressif italien chanté en suédois, tandis que "Korståg" possède des mélodies proches de Focus. Et si la postérité aura retenu le nom de Roine Stolt et donc, du jeu de guitare de Kaipa, ce dernier est aussi une référence pour son inventivité aux claviers, capables de projeter l’auditeur dans une ivresse onirique ("Ömson sken", digne d’Hans Zimmer), une mélancolie sensuelle ("Dagens port") ou des délires presque pataphysiciens ("Stengrodornas parad").
Rien de nouveau sous le soleil (c’est la traduction de Inget nytt under solen), sinon l’émergence d’une des formations les plus emblématiques du rock progressif symphonique suédois qui affirme ici l’ampleur de ses ambitions et de son talent - une vanité parmi d'autres peut-être, mais le mélomane appréciera.
À écouter : "Skenet bedrar", "Ömson sken"

















