
A.A Williams
Solstice
Produit par


Quatre ans après As the Moon Rests, A.A. Williams nous replonge dans la noirceur de son rock ombrageux et tourmenté qui alterne entre atmosphère intimiste et envolées furieuses. Avec une identité musicale déjà très affirmée, Solstice se situe dans le direct prolongement de son prédécesseur, évoquant la lente transformation des astres et en particulier la dualité entre lumière et obscurité qui semble structurer chaque morceau.
La Britannique est toujours à la baguette sur une grande partie de l'instrumentation (piano – d’ailleurs particulièrement mis en avant sur cet album - violoncelle, voix, claviers, guitares) et offre un parfait condensé de ses différentes influences, oscillant entre le doom gothique de Messa, les atmomètres cryptiques étouffantes de Chelsea Wolfe et les lignes de guitares mordantes du post-rock de Mono. A.A Wiiliams nous embarque dès l’entame captivante de "Poison", de la légèreté du piano contrebalancée par la saturation des riffs de guitare jusqu’à l’outro constituée de lignes vrombissantes. Le chant hanté de la Britannique enveloppe des mélodies à l’amplitude accrocheuse à l’instar de "Just A Shadow" qui invite à vivre avec sa part d’ombre tandis que la ritournelle d'arpèges hypnotisante de "Wolves" explose avec fracas sur un refrain frondeur.
La chanteuse anglaise impose une nouvelle fois sa science du contraste sur des titres en formes de montagnes russes qui prennent le temps de se développer dans un registre très cinématographique, notamment sur la partie centrale "Outlines" où la tension rampante des lignes de guitare évoquerait presque la B.O de 28 jours plus tard. L’album n’est ainsi pas avare en montées en puissance saisissantes comme sur "Little by Little" et ses arrangements synthétiques qui lancent en orbite un riff central transperçant à la Anathema avant une très belle outro piano-voix. Que dire également du titre suivant, "Hold It Together", alors que l’atmosphère mélancolique de la première partie de morceau (superbe complainte dépouillée voix-piano-violoncelle) cède la place à une nouvelle éruption cataclysmique.
Le caractère froid et funeste de certaines pièces se voit contrasté par la chaleur rassérénante de la superbe ballade aérienne "I’ve Seen Enough" enlacée par de lyriques nappes de violons. On baisse également les armes devant la simplicité intimiste de "The Veil", duo piano-voix interprété avec une délicatesse touchante. L’émotion affleure alors que l’album prend progressivement une tournure plus lumineuse sur un "It Won’t Rain Forever" porteur d’espoir et un violoncelle élégiaque nous offre une respiration teintée de mélancolie sur "Breathe". A.A Williams signe enfin une conclusion magistrale avec "The Gentle Harm" qui chemine lentement hors de la pénombre pour permettre à la Britannique de s’émanciper loin de l’emprise et de l’isolement pour embrasser la promesse d’un nouveau jour naissant dans un final épique et grandiose.
Comme toujours, la teinte assez homogène de l’album et le procédé de composition un peu linéaire ne manqueront pas de lasser certains auditeurs. Pour ceux qui ne sont pas réfractaires à cette esthétique sombre et tourmentée, la Britannique tutoie cependant de nouveau l’excellence et livre un nouvel album majeur pour l’année 2026.

















