Duo très confidentiel formé à Cologne en 2008 et composé de Marcell Birreck (chant) et Marcus Adam (guitare et chœurs), Meanwhile Project Ltd a étoffé son line-up à l’occasion de la sortie de son troisième album baptisé Sir Mandrill à grand renfort de basse, batterie et claviers.
S’interrogeant sur les divisions croissantes au sein de nos sociétés et sur ce qui unit les êtres humains malgré leurs différences, le groupe utilise la métaphore du singe pour explorer l’instinct animal qui subsiste en nous derrière le vernis de la civilisation. Pour donner corps à cette idée, les Allemands revendiquent de nombreuses influences issues de la scène indie rock contemporaine et empruntent à une large palette stylistique avec des touches de folk, de prog et d’éléments électro.
Affichant de très belles intentions d’entrée de jeu, "Overbalanced" constitue, après une courte introduction atmosphérique, le véritable titre d’ouverture de l’album ainsi qu’un condensé percutant des nombreux talents du groupe. La progression instrumentale et mélodique est particulièrement bien amenée et les arrangements de cordes donnent beaucoup d’ampleur à un final également travaillé par un beau solo de guitare.
La suite de l’album est très éclectique et présente un large spectre d’influences, du piano-rock rapide de "Bumps & Bruises", ses trompettes en errance et ses touches de slide, à la délicatesse folk de "Refilled" en passant par le dynamique "Without Any Diving Suite" qui lorgne allégrement du côté des sonorités des années 1980. Le groupe montre un véritable savoir-faire pour composer des titres immédiatement accrocheurs à l’instar de "Bob Ross" mené par une ligne de guitare inspirée et on imagine parfaitement "Mr Singh" figurer sur un album de R.E.M.
Le groupe tire également son épingle du jeu sur les ballades, en particulier le piano mélancolique de "Different Lenses" ainsi que sur le titre éponyme et son jeu rythmique tout en finesse fait de percussions et de gouttes de piano. Enfin, "Catch-22" évoque avec la prédominance de ses claviers – piano puis synthétiseurs - les pièces épiques de Ghinzu jusqu’à sa conclusion parsemée de belles harmonies vocales avant que "Substitute" ne referme l’album en instaurant un climat de tension résolu par une envolée finale irradiante.
Les Allemands livrent ainsi un album maitrisé, particulièrement diversiifé et agréable, qui appelle à une plus grande reconnaissance du duo en dehors de leurs frontières nationales.