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Critique d'album

Kiss


Dressed to Kill


(19/03/1975 - Casablanca - - Genre : Hard / Métal)
Produit par

1- Room Service / 2- Two Timer / 3- Ladies In Waiting / 4- Getaway / 5- Rock Bottom / 6- C'mon And Love Me / 7- Anything For My Baby / 8- She / 9- Love Her All I Can / 10- Rock And Roll All Nite
Note de 4/5
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Note de 2.0/5 pour cet album
""Une cravate bien nouée est le premier pas sérieux dans la vie." Oscar Wilde"
Daniel, le 17/03/2021
( mots)

Starchild – Demon – Spaceman – Catman (Episode 3)


"Une cravate bien nouée est le premier pas sérieux dans la vie." Oscar Wilde


New-York. 26 octobre 1974, au coin de la 23ème Rue Ouest et de la 8ème Avenue. Moment culte. Près de Brooklyn. Clic-clac. Pellicule Kodak argentique. Le merveilleux Bob Gruen immortalise Paul, Gene, Ace et Peter, déguisés en businessmen masqués. Peter est le seul à posséder sa propre tenue, taillée à l’italienne dans un tissu foncé. Ajusté. Parfait. Les trois autres portent des vêtements trop petits pour eux, prêtés par leur manager Bill Aucoin. Gene, le sourire un peu forcé, est perché sur une paire de sabots ridicules.


Il faudra attendre 40 ans de plus pour que Kiss trouve enfin des costumes stylés à sa taille, sous la griffe inventive du styliste américain originaire de Detroit, John Varvatos. En 2014, il y a eu un défilé inédit, un concert très fashion et quelques photos qui montrent le Brooklyn Bridge en arrière-plan. Revanche.


Retour en 1974. Dans son bureau, loin des regards, Neil Bogart, le Président de Casablanca Records, soupire. Cette fois-ci, sa tirelire est vide… Une misère. Kiss a tout dépensé, jusqu’au dernier bouton de culotte. 


Neil est un joueur. Il sait que, pour gagner, il faut oser miser gros. Et il a misé gros sur les quatre masqués. Tout ce qu’il avait. Pour deux albums foireux. Pour deux tournées excitantes mais déficitaires. Et il n’y a toujours pas le moindre dollar vaillant qui veuille bien atterrir sur le compte de banque de la firme. Nada.


Dans la logique des choses, il faut rapidement enregistrer un troisième album. Avec un budget misérable qui ne suffirait pas à financer un générique de feuilleton. Pas de producteur. Pochette articulée sur la photo en noir et blanc de Bob Gruen. Strict minimum. Dernière chance.


A New-York, Greenwich Village, au Studio Electric Lady, tel qu’il a été imaginé par feu Jimi Hendrix… Neil Bogart réunit les quatre musiciens pour leur apprendre qu’il va tenir lui-même les manettes. Ce n’est vraiment pas son boulot. Il a juste chanté quelques sucreries invendables en 1961 sous le nom de Bobby. Mais il n’y a pas d’autre solution. Plus un seul sou vaillant pour inviter un pro derrière la console. 


Comme la location du studio coûte cher, il va falloir utiliser toutes les ficelles pour sortir le minimum syndical. Les titres sont très courts (entre 2 et 3 minutes) et les blancs entre les morceaux sont allongés au-delà du raisonnable pour que l’album puisse dépasser de justesse les trente minutes réglementaires. La durée des morceaux sera même falsifiée sur les notes de pochette. Illusion. Masque.


Ni la critique, ni le public ne prête la moindre attention à cet album qui ne recèle que quelques titres pratiquement audibles : "C’Mon And Love Me", "Rock Bottom" (dont l’intro splendide sera recyclée par Ace sur son premier album solo), "She" et "Rock and Roll All Nite". Le reste hésite entre n’importe quoi et le vide intersidéral.


Peter Criss se la joue rock, sans les fioritures de Hotter Than Hell. Tout le monde chante d’un ton compassé parce que le chrono tourne et qu’il est impossible de multiplier les prises. 


C’est à ce moment précis que l’on comprend que quand une sauce ne veut pas prendre, elle ne prend pas. Parce que, pour un seul titre, "Rock and Roll All Nite", Kiss a mis les petits plats dans les grands. Toutes les ressources ont été déployées pour écrire un "tube". Les trois accords de base du rock sont présents, sans prétention : Ré – Mi – La (peu importe le sens). 


Rien de neuf depuis le soleil de Sun, la maison de disques qui a enregistré les premiers efforts d’Elvis Presley. 


C’est un titre définitivement lumineux. Je veux rocker sans cesse et faire la fête tous les jours. Le programme rêvé. Mais la production craint. Ca sent le renfermé. Le contrit. C’est à la limite de la démo.


Sorti en single, "Rock and Roll All Nite" ne se vendra pas. Au même titre que l’album. Un désastre. Malgré le cliché génial de Bob Gruen.


Pourtant, sur scène, Kiss explose tout. Partout. Chaque soir. Ceux et celles qui ont assisté à un show sortent "différents". Marqués pour la vie. Ils ont vu les quatre musiciens de Kiss. Mais personne ne les a encore entendus sur un vinyle.


Ca va changer. Par la grâce d’un drôle de gaillard qui porte le nom d’un vilain méchant dans Michel Vaillant. Kramer. Eddie Kramer. Le genre de truc qui ne s’invente pas.


Mais ce sera un autre épisode… Un épisode déterminant, sans lequel la face du monde aurait certainement été différente.  


Pourrait-on imaginer aujourd’hui un monde sans Kiss, à moins de sombrer dans une dystopie à la Philip Kindred Dick ?

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