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Critique d'album

Mercury Rev


Yerself Is Steam


(14/05/1991 - Columbia - dream-pop - Genre : Rock)
Produit par

1- Chasing a Bee / 2- Syringe Mouth / 3- Coney Island Cyclone / 4- Blue and Black / 5- Sweet Oddysee of a Cancer Cell T' Th' Center of Yer Heart / 6- Frittering / 7- Continuous Trucks and Thunder Under a Mother's Smile / 8- Very Sleepy Rivers / 9- Car Wash Hair (The Bee's Chasing Me)
Note de 5/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"Un premier album pharaonique et méconnu."
Pierre D, le 24/08/2011
( mots)

1991 est assurément une année primordiale, pourtant la 9ème décennie du 20ème siècle est pratiquement occultée par les tenants du bon goût qui lui ont préféré le rock en slim des années 2000. Libre à eux mais cette même année sont sortis Screamadelica de Primal Scream, Use Your Illusion I & II des Guns N' Roses, Loveless de My Bloody Valentine, le Black Album de Metallica (et Nevermind de Nirvana si vous y tenez). Voilà pour les succès incontestables. Mais en marge de tout cela, alors que le grunge explosait, Mercury Rev sort son premier album Yerself Is Steam et tout le monde s'en fiche, aujourd'hui encore. Si le groupe connaîtra la gloire un peu plus tard avec son Deserter's Songs gorgé de violons (et assez ennuyeux), ses trois premiers albums semblent condamnés à l'oubli le plus total. C'est pourtant là que Mercury Rev a su donner la pleine mesure de son talent avec un psychédélisme perverti par un tonnerre de larsens et une folie bien réelle. Le groupe compte à l'époque dans ses rangs Jonathan Donahue (ex-Flaming Lips) et David Baker, un monsieur complètement fou paraît-il, qui quittera le groupe après Boces et de ce départ résultera un changement radical dans la musique du groupe (même si l'album suivant, See You On The Other Side, est encore parfaitement recommandable).

Avec Yerself Is Steam pas de qualificatif du genre "le 1er opus d'un groupe encore jeune, plein de promesses, etc." On se trouve ici face à un premier album proprement hallucinant de maîtrise, une œuvre réelle, construite et qui ne se cache pas derrière la prétendue fougue juvénile qui sert d'argument de vente à une palanquée de groupes pour expliquer leur médiocrité. Comme dit plus haut, le son du Mercury Rev de l'époque est marqué par l'utilisation intensive du feedback à la manière des Jesus And Mary Chain, les architectes du larsen. Mais là où The Jesus And Mary Chain utilisent le larsen comme pure agression derrière laquelle ils cachent des mélodies héritées de la pop sixties (Beach Boys en tête), la musique de Mercury Rev comprend une grande part de fragilité induite par un équilibre précaire institué entre d'un côté la douceur des mélodies et de l'autre la violence des déflagrations sonores qui les accompagnent.
Le premier titre de l'album est intitulé "Chasing A Bee", activité toute enfantine que de chasser les abeilles, quand soudain à 3 minutes et 6 secondes un orage de saturation s'abat sur la comptine chantée par David Baker de sa voix aigüe de déséquilibré mental. L'équilibre entre douceur et violence renvoie dès lors à la frontière ténue qui sépare l'individu sain du fou. Les lignes "It's not time for the real life sign, it's not time for these fears of mine" semblent quant à elles faire écho au Pet Sounds des Beach Boys qui tentait de résoudre le dilemme de l'adolescence et de la perte de l'enfance. La pop de Pet Sounds créait une environnement mélancolique et paisible où l'enfant terrifié par le monde extérieur pouvait venir se réfugier. Mercury Rev essaie de créer un cocon maternel fait de larsens et de stridences agressif à l'égard du monde réel afin de l'empêcher de troubler une tranquillité pré-natale. Ce sera un échec comme l'énonce la fin de la chanson: "What once was lost will never be found". "Blue And Black" reprend la même idée ("And it's cold outside, so cold outside") sur une merveilleuse mélodie jouée au piano. Le chant de David Baker se fait alors caverneux et convainc les sceptiques que cet homme est définitivement un chanteur schizophrène.

"Sweet Oddysee of a Cancer Cell T' Th' Center Of Yer Heart" et "Frittering" constituent un diptyque absolument fascinant. Ici s'exprime toute la maturité musicale de Mercury Rev et la maîtrise instrumentale dont le groupe fait preuve. Ces deux morceaux durant respectivement 7 et 8 minutes proposent une plongée dans un océan de guitares monumentales. En admirateurs de Pink Floyd, les membres de Mercury Rev recréent le psychédélisme à l'orée des années 90, à savoir retranscrire musicalement les effets de la consommation de drogue. "Sweet Oddysee..." joue sur des montagnes russes terrifiantes où la puissance des cavalcades de batterie soulève les tripes. "Frittering" témoigne de la richesse du son du groupe qui tient les écoutes prolongées et navigue entre guitares acoustiques et saturation totale vers le climax et évite l'écueil des improvisations vides de sens entre musiciens auto-satisfaits...

...Quoique. Ça fait mal de le dire mais l'écueil en question n'est pas totalement évité car "Very Sleepy Rivers" s'approche dangereusement d'une piste d'ambiance vaguement glauque et incompréhensible (les rares paroles sont noyées dans le mixage) qui s'étale sur 13 minutes. Tout au long de la piste la ligne de guitare reste inchangée et...on s'ennuie à crever. La première édition de l'album s'achevait sur cette piste, heureusement dès l'édition de 1992 le morceau "Car Wash Hair" (qui avait précédé, en tant que single, la sortie de l'album) est ajouté pour conclure parfaitement le disque. L'ambiance se fait plus apaisée, la mélodie limpide et les paroles presque optimistes ("'cause if I'm not in the band don't mean I'm square. And if I am, well then I don't care"). Les flûtes, orgues et trompettes vont dans le sens de cette joie innocente, comme si finalement, après avoir subi les assauts du monde réel, l'enfant avait réussi à survivre et profitait de la quiétude retrouvée.

Il ne s'agit là que du premier album de Mercury Rev déjà extrêmement impressionnant. La presse salue unanimement un chef-d'œuvre qui ne ressemble à rien de connu mais le public n'achète pas l'album pour autant, ce qui n'empêche pas le groupe de persévérer.

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2000. Après deux albums beaucoup plus bruts de décoffrage, Deftones sort son magnum opus, White Pony, considéré par beaucoup comme l’un des sommets indépassables de ce curieux courant musical aujourd’hui moribond qu’est (que fut ?) le nü métal, fruit de cette improbable alchimie entre les guitares ultra-distordues à la Meshuggah qu’affectionne Stephen Carpenter et la new wave des The Cure, Duran Duran et autres Bad Brain dont raffole Chino Moreno, lequel met dès lors un point d’honneur à tempérer ses hurlements par des phases chantées en apesanteur. Cette union des contraires permet au gang de Sacramento de survivre dignement alors que les Korn, Limp Bizkit, Incubus et autres Linkin Park mordent successivement la poussière, de gré ou de force. Vingt ans plus tard, que reste-t-il de la verve deftonienne, de cet entre-deux si saisissant, de cette bouillonnante association de talents ? Eh bien force est de constater que la machine infernale californienne fonctionne du feu de Dieu, et ce ne sont ni le précédent Gore, ni l’actuel Ohms qui viendront démentir cette affirmation, bien au contraire.

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