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Critique d'album

Modest Mouse


Good News for People Who Love Bad News


(06/04/2004 - Epic - Indie américain - Genre : Rock)
Produit par

1- Horn Intro / 2- World at Large / 3- Float On / 4- Ocean Breathes Salty / 5- Dig Your Grave / 6- Bury Me With It / 7- Dance Hall / 8- Bukowski / 9- This Devil's Workday / 10- View / 11- Satin in a Coffin / 12- Interlude (Milo) / 13- Blame It on the Tetons / 14- Black Cadillacs / 15- One Chance / 16- Good Times Are Killing Me
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Patience et abnégation, deux vertus indispensables pour apprécier ce petit bijou"
Nicolas, le 16/09/2009
( mots)

En matière de rock, surtout quand on aime à explorer les méandres parfois tortueux du monde indépendant, il faut souvent savoir faire preuve d'une infinie patience. Bien sûr, tous les groupes de cette veine ne sont pas logés à la même enseigne : il sera toujours plus facile d'appréhender, en apparence, un disque de Death Cab For Cutie ou des Shins que de retirer toute la substantifique moelle de la pop foutraque d'un Animal Collective ou des bizareries élégantes d'un Of Montreal. Pour Modest Mouse, même combat : inutile d'imaginer goûter à toutes les saveurs d'un album de la bande à Isaac Brock sans vous être au préalable farci une bonne dizaine d'écoutes souvent perplexes. Et cet adage est d'autant plus valable pour ce juteux Good News For People Who Love Bad News.

Par rapport à son successeur, le braillard We Were Dead Before The Ship Even Sank, GNFPWLBN (oui, autant nous familiariser d'emblée avec les abbréviations) se révèle initialement plus accessible et moins captivant. Plus accessible, parce que l'anarchie phonique qui règne sur son successeur n'est pas de mise ici : les lignes mélodiques sont claires, l'instrumentation est la plupart du temps épurée, et la sonorité globale de l'album est étonamment homogène, tant sur les morceaux un peu enlevés que sur les pièces plus calmes. Pour autant, n'exagérons rien : même si Brock fait preuve d'une peu plus de "retenue" que sur le disque suivant (appréciez l'euphémisme), son timbre de savant fou allumé reste toujours aussi difficile à apprivoiser, s'évadant régulièrement des morceaux en de vigoureux soubresauts vocaux aussi anarchiques que perturbants. Moins captivant d'emblée, GNFPWLBN révèle moins de tubes immédiats, moins de mélodies à chantonner, moins d'air endiablés sur lesquels il fait bon balancer la tête de gauche et de droite. On pourrait même un temps trouver le coeur de l'album molasson, et il est parfois difficile, lors des premières écoutes, de garder son attention indemne durant les treize titres et trois interludes qui jalonnent la galette.

Et pourtant, ceux qui auront un peu persisté vont pouvoir découvrir un album d'une richesse insoupçonnée, un petit délice de songwriting décalé que la personnalité truculente d'Isaac Brock bonifie sans retenue. Surtout, le disque épuise bien moins vite ses charmes que son successeur. Grossièrement scindée en deux parties, la galette se voit balisée par une tonitruante introduction de cuivres qui annonce dès le début du set les clowneries drolastiques de "This Devil's Workday", paroxysme de l'exhubérance et de l'humour potache de Brock et de ses saltimbanques. De part et d'autre de ces points de ralliement, deux clinquantes mélodies pop catchy à souhait se chargent de combler le gigoteur le plus exigeant. Si "View" reste aussi classique qu'efficace, le duo "World At Large" - "Float On" a le culot de recycler à l'identique le même riff deux fois d'affilée, mais à des tempos différents. Et ça marche ! Si la lancinance presque triste du premier morceau réalise une très honorable introduction, l'énergie sautillante du second dynamite complètement le disque et lui offre son titre le plus réussi, titre qui a même eu les honneurs de Guitar Hero (la nouvelle référence en matière de potentiel tubesque, à ce qu'il parait).

Le reste de l'album, soit une bonne dizaine de titres à l'arrache, se poursuit en affirmant un identique credo : une basse traçable en guise de fondation, des guitares fluides et étincelantes pour renforcer l'édifice, et l'insaissable Isaac Brock n'a plus qu'à se laisser aller à décorer le tout selon l'instinct du moment présent. Retenue craintive et aboiements orgasmiques alternés ("Bury Me With It"), sarabande grotesque et bourrue ("Dance Hall"), poésie à la l'humour noir ravageur ("Satin In A Coffin", faisant déclamer à l'odieux baby-sitter un "Are you dead or are you sleeping ?" des plus iniques en guise de refrain), escapade sans-gène et gouailleuse ("Black Cadillacs"), ou encore profession de foi au stoïcisme nimbé d'ironie ("Good Times Are Killing Me"), tout ce que touche Brock se transforme en or. Et puis il y a ces petits airs apaisés et faussements indolents , les "Bukowski" et autre "Blame It On The Tetons", qui révèlent des trésors d'émotion et qui offrent un contrepoint de douceur à la folie qui suinte par tous les pores de l'album.

Autant WWDBTSES éblouissait par l'apport volontairement voyeur des talents de guitariste de Johnny Marr, autant l'album finissait par pêcher par excès d'effets de style, le rendant finalement assez lourd à digérer d'une seule traite. Rien de tout cela ici : GNFPWLBN (allez, citons-le encore une fois en entier : Good News For People Who Love Bad News), même s'il s'avère initialement difficile d'accès, finit au bout du compte par se révéler aussi fantasque qu'étonnament subtil, et surtout rigoureusment indispensable à toute discothèque indie qui se respecte. Il est bon que cela soit dit à l'heure où la participation de Johnny Marr dans l'aventure Modest Mouse reste des plus incertaines à l'avenir. Et finalement, cela ne serait pas forcément une si mauvaise chose.

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