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Critique d'album

Pure Reason Revolution


The Dark Third


(10/04/2006 - Holograph - Electro-prog - Genre : Rock)
Produit par

1- Aeropause / 2- Goshen's Remains / 3- Apprentice of the Universe / 4- The Bright Ambassadors of Morning / 5- The Exact Colour / 6- Voices in Winter / In the Realms of the Divine / 7- Bullitts Dominæ / 8- The Twyncyn / Trembling Willows / 9- He Tried to Show Them Magic! / Ambassadors Return
Note de 4/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"L'album qui a créé un véritable séisme dans le milieu du rock progressif"
Nicolas, le 01/04/2009
( mots)

Amateurs de rock, bonjour. Le sujet d'aujourd'hui concerne un excellent groupe de rock progressif qui... comment ça, vous vous en foutez ?

Il est vrai que tout le monde (ou presque) se fiche éperdument du courant prog, rabaissé plus bas que terre par la vindicte populaire et empilant les qualificatifs désobligeants à n'en plus finir : intellectuel, passéiste, frileux, chiant (allons-y carrément), j'en passe et des meilleures. Or c'est un tort, car le paysage progressif contemporain est en train de muter à vitesse grand V depuis quelques années. En effet, de nouveaux groupes, anglais pour la plupart, viennent d'y faire une apparition remarquée. Un point commun les rassemble : l'ouverture à d'autres influences que les sempiternelles rengaines floydiennes, comme le metal (évidemment) mais aussi le hard rock seventies, le rock alternatif, le post rock ou le grunge. On en vient même à parler de "New Prog" (ou "Nu prog"), à l'instar du Nu Metal qui a vu le jour il y a une dizaine d'année. Dans ce sous-genre, si l'on excepte les inclassables et surcotés Mars Volta, on peut retrouver des groupes encore méconnus comme The Pineapple Thief, Oceansize ou les polonais de Riverside (et même Muse, mais faut-il s'en vanter ?). Parmi tous ces nouveaux venus, l'un des projets les plus excitants à l'heure actuelle semble bien être Pure Reason Revolution.

Issus de l'upper-class britannique, les membres de PRR se sont rencontrés au sein de la très sélect université de Westminster. Voilà une fine équipe d'intellos amateurs de rock et de Kant (d'où la fameuse "Raison Pure"... oui bon, ça va !) qui n'hésitent pourtant pas à passer outre les immuables Pink Floyd pour aller se ressourcer auprès du noble Zep, de Lord Corgan ou de Sir Cobain - entre autres mécréants. Pour des individus fréquentant un milieu qui ne jure que par les dieux David Gilmour et Robert Fripp , ces pernicieux appels d'air constituent déjà une reconnaissance explicite d'hérésie caractérisée. De fait, si les influences parallèles en question ne sont pas des plus flagrantes dans la musique du combo, force est de reconnaître à Pure Reason Revolution une ouverture d'esprit rarissime dans le petit monde du progressif.

A la base de cette associations de bienfaiteurs, on retrouve un cocktail assez original fait de parties vocales travaillées, de rock allant du pur trip floydien jusqu'au flirt metal, de multitudes de synthés alternant symphonique pur et sonorités galactiques, le tout saupoudré de petites touches d'électro aussi discrètes que bien utilisées. Mais l'élément essentiel de la musique de Pure Reason Revolution repose avant tout sur la complémentarité exceptionnelle entre le guitariste Jon Courtney et la bassiste Chloë Alper, dont les voix s'alternent ou s'enchevètrent doucement tout au long du disque. Moitié masculin, moitié féminin, le chant de PRR impressionne par sa maîtrise et la grâce de ses harmonies, entre a capella épiques, choeurs enivrants et canons de toute beauté. Un point fort que le groupe ne manque pas d'exploiter, sans toutefois tomber dans la surenchère inutile.

Et ce qui devait arriver arriva : The Dark Third ("le tiers sombre", allégorie du temps que tout à chacun passe à dormir), constitue encore aujourd'hui un immense pavé jeté dans la mare prog mondiale tant les petiots maîtrisent leur sujet sur le bout des doigts. On a beau chercher, impossible de trouver le moindre point faible à ce disque. A l'instar des meilleurs groupes progressifs, Pure Reason Revolution est parvenu à accoucher d'un premier album parfaitement cohérent, dont l'enchaînement des titres va crescendo entre douceur floydienne inaugurale (avec l'instrumental "Aeropause"), tubes pop ciselés à l'or fin ("Goshen's Remains", "Apprentice of the Universe"), évasions progressives fouillées et inventives ("The Bright Ambassadors of Morning" qui additionne 6 parties successives) et pures furies metal-prog dans la lignée des derniers Porcupine Tree ("The Twyncyn"). Au milieu de tout cela, Courtney et Alper trouvent encore le temps de poser les esprits avec le délectable "The Exact Colour" qui s'aliène sans coup férir un jeu de questions-réponses pénétrant tout bonnement grandiose ("Voices in Winter"). Plus les titres se succèdent, et moins il est possible de s'extirper de ces méandres mélodiques aussi addictifs que déstabilisants. En effet, on a beau chercher, on a beau fouiller dans ses propres références musicales, il est très difficile de trouver une musique qui s'approche de ce mariage détonnant entre passages psychédéliques à tonalité science-fictionnelle et déferlements de guitares héroïques tout en force et en majesté. Sans même parler du chant surnaturel, évidemment.

Comme la nature est bien faite, les Pure Reason Revolution ont réussi avec ce premier disque d'exception un double exploit anthologique : s'imposer instantanément comme les nouveaux espoirs du milieu progressif anglais, et se faire débarquer illico de leur major faute de ventes "suffisantes". On se demande d'ailleurs bien pourquoi Sony a daigné s'intéresser à cette formation qui n'est absolument pas calibrée pour le succès immédiat et éphémère du "marché du disque". Et bien au contraire : ce Dark Third, s'il ne paye pas de mine au premier coup d'oreille, se révèle être sur le long terme un piège délicieux dont il est absolument impossible de s'extraire. On vous aura prévenus.

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