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Critique d'album

Raphael


Pacific 231


(27/09/2010 - EMI - Scène française, variété pop - Genre : Chanson / Folk)
Produit par

1- Terminal 2B / 2- Bar de l'Hôtel / 3- Locomotive / 4- La petite misère / 5- Manteau jaune / 6- Je hais les dimanches / 7- Ce doit être l'amour / 8- Le patriote / 9- Versailles / 10- Dharma Blues / 11- Je détruis tout / 12- Prochaine station / 13- Odyssée de l'espèce / 1- L'alphabet des gens / 2- Depression n°7 / 3- La fée
Note de 2/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Et si les moyens de locomotion apportaient gloire à Raphael ?"
Emilie, le 07/10/2010
( mots)

Comme l'auront remarqué les plus drolatiques, Raphael change de moyen de locomotion pour son retour musical (Le Pacific 231 étant une locomotive à vapeur). On lui a jeté fleurs et mots d'amour en 2005 pour Caravane, puis tomates et pavés en 2008 quand Je sais que la terre est plate est sorti. Il est donc évident que Pacific 231 est attendu par tous, pour savoir de quoi l'assaillir cette fois. Les anti-Raphael affûtent leurs plumes et ressortent leurs cahiers de mots acerbes et leurs phrases toutes faites, alors les pro-Raphael crèvent juste d'impatience d'avoir la nouvelle pépite entre les oreilles. Pendant ce temps, la promo va bonne allure : pré-écoute de l'album plusieurs jours avant la sortie sur le site officiel ; mise en vente format digital une semaine avant le jour J ; chasse à l'album dans les rues de Paris à J-2 ; et le fameux clip de ''Bar de l'hôtel'', dirigé par O. Dahan, et censuré par une célèbre chaîne de télé qui a décidé de s'enfoncer un peu plus dans le pathétique. Trop aimable le comité de censure, qui par leur ridicule, offre à Raphael un coup de promo supplémentaire, et attise la curiosité des gens qui vont découvrir un clip planant et nébuleux. Cet incident pointe - ironiquement- du doigt un des thèmes abordés dans le dernier bébé de notre trentenaire fétiche, qui après quatre albums studios, a les pieds bien scellés dans ses boots délacées.

Le Pacific 231 entame son périple avec ''Terminal 2B'', poésie récitée sur une mélodie typée rétro, filant à toute vitesse, et rythmée par le saxo de Robert Aaron. Ce titre annonce d'emblée l'omni présence d'Alain Bashung, dans cette façon de déstructurer les paroles, et biaiser esthétiquement les mélodies. L'album est lancé, il va falloir suivre et capter toutes les petites oboles qui s'y cachent, aussi nombreuses soient elles, tout en s'adaptant à ses gentilles variations d'humeur. ''Le petit train'' de la jeunesse de Raphael a grandi et a filé tenir compagnie au Pacific 231, se transformant en une ''Locomotive'', avec à ses paroles Dick Annegarn, et à ses rails une portée digne d'une grande échappée. Si ''Peut être a t il rêvé'' ou encore ''Élégie funèbre'', résonnent à l'écoute de ''Manteau jaune'', c'est bien normal car vous êtes pour les trois sous la plume de Gérard Manset. Pour les oreilles fines, ce titre reprend la quasi identique introduction de ''La route de Nuit'' (Caravane), ressemblance assez scotchante, où on pourrait s'y perdre jusqu'à la neuvième seconde. 

On retrouve dans ''Bar de l'hôtel'' ce personnage un peu incandescent qui errait déjà dans ''Poste restante'' (Bonus sur La réalité). Cette flânerie laiteuse, ce flou contour entre réalité et onirisme, portés par une sonorité sourde et bulleuse, rend ce titre absolument beau et léthargique, nous laissant en apesanteur psychique. ''Je hais les dimanches'' est plutôt parfaite sous toutes les coutures. Les paroles désabusées et exagérées -que l'on a tous prononcé- d'un amoureux flemmard et éperdument passionné, se mélangent à la complainte empoignante mais badine des guitares. Cette déraison amoureuse, maitresse de l'amplification dérisoire, se retrouve aussi dans le poilant appel de détresse d'un parano désespéré qu'est ''Je détruis tout''. Autre morceau fascinant jouant avec nos tripes : ''Ce doit être l'amour''. Des guitares électriques suspendues et répétitrices, adossés à des couplets acérés et noirs, vous grattent les nerfs et vous tiennent en suspension par le cœur jusqu'à l'implosion factice ; un sentiment de souffle coupé comme avant l'annonce d'une terrible nouvelle. Cette apnée dure jusqu'au refrain, qui arrive alors comme un abandon de sa personne, l'ouverture d'un barrage laissant déverser l'interdit retenu jusque là, et ce, par un simple changement de tonalité, passant de l'électrique serrée à l'acoustique relâché. Les cordes et la rythmique, très travaillées, vont être aussi quelque peu dirigeantes de nos émotions sur la piste de ''La prochaine station''. Loin des déclarations affectives, ''Le patriote'' dépeint sous un air folklo la société via un hommage à Gainsbourg, Dutronc, et Renaud, cultes des langues bien pendues, ne camouflant pas les pensées bien sincères de Raphael, qui pointe du doigt une sorte de conformisme ravageur. Cette rébellion à demi mot se perd également entre les lignes de ''Dharma blues'', un brin tragique.

Ce cinquième album abrite un personnage fragile nerveusement, et un tantinet bipolaire : à la fois inhibé et excessif, amoureux et excédé, inédit et déjà vu, engagé et lâche, grave et léger, ou encore sécure et insécure. Lors de sa tournée Funambule, Raphael a sondé ses chansons auprès du public, en présentant notamment ''Je détruis tout'', ''La locomotive'', ''Le patriote'' qui a changé de nom et se faisait appeler "Bleu blanc rouge", tout comme ''La ville des mendiants'' qui est devenu ''Dharma Blues''. L'album assimilé à un renouveau de l'artiste, rappelle pourtant des thèmes croisés sur son premier album Hôtel de l'Univers ou son deuxième, La réalité, qui brossent avec gentillesse le monde du XXIe siècle, et qui mélangent le tragique au sombre, sans passer sur la dose de burlesque. Il confond donc d'anciens démons à de nouvelles préoccupations, de mélodies déjà appréciées à de nouveaux arrangements, le tout dans une trempe vertigineuse. Sur l'édition limitée, trois titres jugés HS badaudent sur le CD, et détiennent notamment un petit bijou, ''Dépression n°7''. Mais revenons en à notre panier gadgets du départ : que vont lancer les méchants-pas-beaux sur Raphael, après avoir fait le tour des pistes, et que vont-ils trouver à baver ? Critiquer sa voix ? Redondant et fatiguant ; ses mélodies alors ? Non parce que mince, elles sont plutôt carrément pas mal ; alors les paroles ? Arf, elles détonnent encore une fois. Diantre ! il ne reste plus qu'à déplisser le front, et savourer...

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