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Critique d'album

Rolling Blackouts Coastal Fever


Endless Rooms


(06/05/2022 - Sub Pop - Indie Rock - Genre : Rock)
Produit par Matt Duffy

1- Pearl Like You / 2- Tidal River / 3- The Way it Shatters / 4- Caught Low / 5- My Echo / 6- Dive Deep / 7- Open Up Your Window / 8- Blue Eye Lake / 9- Saw You at the Eastern Beach / 10- Vanishing Dots / 11- Endless Rooms / 12- Bounce Off the Bottom
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Antithèse du syndrome de l'imposteur."
Diego, le 08/08/2022
( mots)

Avant de rentrer dans le vif du sujet de cette chronique du dernier album des Rolling Blackouts Coastal Fever - au passage, en compétition avec Black Rebel Motorcycle Club pour le nom composé de mots aléatoires le plus cool du monde-, il paraît important de discuter de Puff Daddy. P. Diddy. Diddy. Bref, vous m’avez compris.


Sean Combs, l’artiste américain fait partie d’un mouvement culturel mettant en avant le côté street, tendance gangster du rap et du hip hop en général. Mis sur le devant des projecteurs par des MC tout droit sortis des bas fonds de Compton, le style devient rapidement une machine de guerre -parfois littérale- et également synonyme de succès pour ses adeptes. Seulement voilà. Sean Combs ne vient pas de Compton. Il n’a pas fait de prison, ni vendu de dope, ni même fréquenté des gangs. Le petit Sean est élevé dans la classe moyenne américaine et rejoint même une école de Business (la Howard University) avant de démissionner pour partir bosser pour le label Uptown Records. C’est par pur goût pour la chose (on pourrait dire par pur intérêt mais le but n’est pas ici de dresser un procès d’intention) que Combs s’est rebaptisé de surnom en adéquation avec le public visé, et qu’il a entonné l’un des hymnes du genre, le bien nommé “Bad Boys for Life”. Le propos n’est bien entendu ici pas d’émettre un jugement de valeur sur la légitimité à endosser une certaine identité, mais plutôt de confronter cette identité à l’envers du décor.


Tout ça pour dire quoi ? Et bien que l’image que renvoient certains musiciens est justement une image et seulement une image.


Les Australiens de Rolling Blackouts Coastal Fever cultivent ainsi une image de joyeux branleurs surfeurs, jusque dans le style de chant désinvolte de Frank Keaney et Joe Russo. Les compatriotes de Beach Fossils, ou encore le hobo folk Mac DeMarco viennent assez rapidement à l’esprit, notamment au travers de titres comme l'excellent The Way It Shatters”. Le frontman des Rolling Blackouts C.F. y décrit comment il touche nonchalamment la glace sur une fenêtre pour voir comment elle se fissure. Les ponts sont particulièrement inspirés et transposent le sujet a priori banal vers une vue plus panoramique. L’énergie qui ressort de la partie instrumentale, rythmique soutenue et guitares libres de faire vagabonder leur riff sur le paysage sonore, est contagieuse pour le reste des titres qui composent ce réussi troisième exercice. 


L’énergie à revendre de la section rythmique et des guitares sur “Saw You at the Eastern Beach” font un mélange exquis avec le phrasé quasi narré du frontman, qui en profite pour faire un clin d'œil à Black Country New Road


RBCF (oui, le nom est cool mais pesant à trimbaler tout au long d'une chronique) se permettent même une aventure grunge avec le génial “Dive Deep” et son riff de guitare ultra saturé et hypnotique. Côté performance vocale, Frank Keaney propose sa meilleure imitation de Win Butler et c’est tout le groupe qui lorgne du côté expérimental d’Arcade Fire période The Suburbs.


L’apparente indolence avec laquelle Keaney délivre les couplets sur “Caught Low” peut faire grincer quelques dents, tout comme la simplicité exacerbée de la performance du reste de la troupe. Le refrain rattrape bien l’affaire et joue même le coup de la mise en abyme “Movies’ gotten boring, all the actors no longer try”/”Les films sont devenus ennuyeux, les acteurs ne s’appliquent même plus”. Malin, quand on remarque que les musiciens n’essaient pas non plus d’être convaincants sur ce titre…


Les incursions pop comme le single “My Echo” sont particulièrement délicieuses. Ce-dernier propose le refrain le plus addictif du disque et un des riff les plus efficaces. L’indie rock pur jus est de sortie sur “Open Up You Window”, qui met en avant un des thèmes préférentiels des RBCF sur le disque : l’écologie. Le poète Gary Snyder, célèbre géniteur du mantra “Nature is not a place to visit, it is home’”, serait fier du ver “Realize the world outside your home”. Le sujet est également abordé sur “Tidal River”, qui ouvre les débats après le hors-d'œuvre “Pearl Like You”. “Tidal River” fait référence à la péninsule Wilson, au sud de l’Australie, et à la résilience de la rivière se jetant dans la mer peu importe les circonstances particulières de l’époque et le contexte global.


Après un apaisant morceau éponyme, le disque se conclut sur un de ses meilleurs moments : “Bounce Off the Bottom” reprend les éléments historiques du groupe, à savoir un refrain chanté à l’unisson, des guitares crunchy dans le pure style jangle rock et un soupçon de glockenspiel. Aventureuse, intelligente et surtout accomplie, la chanson semble représenter l’apex d’un groupe en pleine confiance. 


R.E.M. est souvent cité par les analystes comme référence et source majeure d’inspiration par le groupe. “Vanishing Dots” ou encore le planant “Blue Eye Lake” en sont d’ailleurs de beaux exemples. L’alliage de mélodies pops sur des structures musicales complexes et un réel travail d’écriture.


L’image de beach bums (littéralement clochards de plage, mais il s’agit ici davantage de référence le côté surfeur négligé) du quintet australien n’est donc finalement pas réellement représentatif de la réflexion et la minutie avec lesquelles les morceaux rassemblés dans Endless Rooms ont été composées. Si l’habit ne fait pas le moine, l’image ne fait définitivement pas le musicien. Cela fonctionne pour toi aussi, Puff Daddy.


A écouter : "My Echo", "Dive Deep", "Bounce Off The Bottom".

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