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Critique d'album

T-Rex


Electric Warrior


(24/09/1971 - Fly - Glam-Rock - Genre : Rock)
Produit par

1- Mambo Sun / 2- Cosmic Dancer / 3- Jeepster / 4- Monolith / 5- Lean Woman Blues / 6- Get It On / 7- Planet Queen / 8- Girl / 9- The Motivator / 10- Life's a Gas / 11- Rip Off
Note de 4/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"Je suis mon propre fantasme – Marc Bolan"
Daniel, le 18/01/2022
( mots)

Livre des Vérités (extraits utiles)


Vérité Première : beau comme un demi-Dieu incarné parmi les humains, Marc Bolan (né Mark Feld le 30 septembre 1947) était trop petit (1,65 m) pour être mannequin, le métier qui aurait été son premier choix et qu’il a brièvement exercé durant son adolescence. 


Vérité 2 : maladivement inquiet à l’idée de mourir avant l’âge de 30 ans, il a toujours refusé de passer son permis de conduire pour éviter les accidents de voiture.


Vérité 3 : au début des années ’70, après avoir longuement emmerdé le monde avec des compostions proto-folk inaudibles, Marc Bolan a inventé le glam rock : un peu de laque, beaucoup d’eyeliner, des paillettes, quelques décibels électriques et des accords majeurs basiques répétés ad libitum : Mi, La, Ré et parfois Sol (1).


Vérité 4 : formidablement piloté par Tony Visconti, un producteur de génie au patronyme de manager de boxe maffieux, Marc Bolan est devenu une rock star à la fois météorique et historique, alors qu’il était un compositeur moyen, un versificateur indigent, un guitariste inexistant et un chanteur quelconque. En chrétienté, c’est un miracle ; en rock, c’est un coup de génie.


Vérité 5 : T. Rex n’a jamais été un groupe ; la lumière des projecteurs n’éclairait que Marc Bolan. Son backing band besognait dans la pénombre, à la limite de l’anonymat. Le succès aidant, les albums ont même été crédités à Marc Bolan & T. Rex.


Vérité 6 : après trois albums solaires, Marc Bolan a disparu dans l’indifférence générale avant d’être éphémèrement réinventé par un monde punk qui trouvait excitante sa simplicité de composition (2).


Vérité 7 : le 16 septembre 1977 (3), il a rendu son dernier souffle sur le siège avant gauche (nous sommes en Angleterre) d’une Mini 1275 GT, sombre comme un cercueil, conduite par Gloria Jones, mère de son fils (4) et interprète de "Tainted Love" (1964).


***


En 1972, Marc Bolan devient un "Boys Band" à lui tout seul. Après avoir piqué tous les accoutrements de Syd Barett (5), il se transforme en créature androgyne et polarise soudainement l’attention / l’amour des filles et des garçons. La mutation s’opère au gré d’une innocente grande messe hippie électrique (alors que les fleurs de San Francisco étaient déjà fanées depuis longtemps). 


Tout le monde aime Marc Bolan. Mais il est ici question d’un amour immature, distant et platonique, à des années-lumière des harangues explicites de Jim Morrison, Mick Jagger ou Iggy Pop.


T. Rex, c’est une rythmique basique, des textes dignes de la scène "bubblegum" (6), une sexualité faussement ambiguë, des rythmiques académiques, des chœurs éthérés qui débarquent sans prévenir ("Aaah-Ah-Aaah" ou "Hou-Hou"), des orchestrations astucieuses (parfois sirupeuses), quelques gimmicks inédits, des clappements de mains, un peu de saxophone, deux notes de cor anglais, quelques glissades désabusées de piano (7) et des soli de guitare souvent indigents. 


Les deux éléments les plus excitants sont évidemment :


• la voix, monocorde et puérile, de Marc Bolan qui agrémente ses couplets et refrains imparables de petits feulements de chatte de gouttière inspirée par un printemps précoce ;


• la capacité du gaillard à imaginer des mélodies définitivement léthales dont certaines font partie aujourd’hui de notre imaginaire collectif (8).


En inventant son "boogie cosmique", le petit maître (qui inspirera Ziggy Stardust à David Bowie) a initié un mouvement invraisemblable, éphémère, joyeux, totalement superficiel et coloré. 


A ce titre, Electric Warrior est un album fondateur. 


Une véritable "T. Rextasy" va contaminer la Grande-Bretagne. Mais, contrairement à la "Beatlemania", un précédent tsunami provoqué par quatre autres garçons dans le vent, le délire ne s’exportera pas. 


A force de tourner en rond dans son bocal, le boogie cosmique du demi-Dieu explosera en plein vol dès le printemps 1974. Vapeurs d’alcool et fumées illicites à la clé.


Il existe au moins mille bonnes raisons de considérer qu’Electric Warrior est un ouvrage à posséder absolument. Au-delà d’une pochette un peu kitsch, élaborée au départ d’une photo (9) en contre-plongée qui donne l’impression que l’icône est plus grande que son ampli Vamp Power, l’opus reste indispensable à écouter. Surtout si l’on veut comprendre pourquoi Marc Bolan a été une vraie pierre angulaire tandis que tous les autres ont été et resteront à jamais ses produits dérivés.


Les cendres de Mark Feld sont conservées au Golders Green Crematorium de Londres avec celles de Jack Bruce, Paul Kossoff et Keith Moon. Certaines nuits de pleine Lune, il doit forcément se passer des trucs dans les couloirs du vénérable établissement…


(1) Marc Bolan ne reniera jamais son admiration absolue pour Chuck Berry, Gene Vincent et Eddie Cochran. Il est évident que son œuvre « glam » a tout emprunté aux extrêmes basiques du rock’n’roll.


(2) Il était en tournée avec The Damned quand sa dernière heure a sonné.


(3) 14 jours avant son trentième anniversaire et un mois après la mort d’Elvis Presley, forcément plus largement médiatisée. 


(4) Rolan Bolan dont le parrain n’était autre que David Bowie.


(5) la légende raconte que Syd se montrera exaspéré par cet "emprunt". Mais la légende raconte souvent n’importe quoi. En 1972, le cerveau de l’inventeur de Pink Floyd voguait déjà aux confins de notre galaxie. En général, les satellites éprouvent peu de rancune.


(6) un style musical superficiel inspiré du rock (mais essentiellement destiné à un public prépubère) qui a hanté les stations de radio entre 1967 et 1972. 


(7) les (très rares) interventions au piano sont créditées au génie absolu Rick Wakeman qui aurait littéralement mendié sa prestation en échange de quelques livres destinées à régler ses arriérés de loyer. 


(8) le monde entier rêve d’écrire "Get It On" ou "Hot Love".


(9) "Spud" Murphy a aussi été un photographe récurrent pour John Lennon et Yoko Ono. 

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