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Critique d'album

The Dandy Warhols


This Machine


(24/04/2012 - The End Records / Naïve - pop psychédélique - Genre : Pop Rock)
Produit par

1- Sad Vacation / 2- The Autumn Carnival / 3- Enjoy Yourself / 4- Alternative Power to the People / 5- Well They're Gone / 6- Rest Your Head / 7- 16 Tons / 8- I Am Free / 9- SETI vs The Wow! Signal / 10- Don't Shoot She Cried / 11- Slide
Note de 3/5
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Note de 2.0/5 pour cet album
"11 Tales From Urban Boredom"
Kevin, le 30/04/2012
( mots)

La trajectoire des Dandy Warhols semble irrémédiablement attirée par le bas. Elle pointe vers les sous-sols depuis que la bande à Courtney a pondu l'indispensable mode d'emploi de la cool attitude, son 13 Tales, sa reprise de volée de quarante mètres dans le cœur de tout les indies popeux du globe. Depuis, ça décline, ça tourne de l’œil, ça tombe même sérieusement dans les choux. Hasard du calendrier ou véritable piston de la décadence, c'est aussi autour du docu DiG! que s'amorçât la chute. C'est depuis qu'on les a pris la main dans le sac, en train de voler des bouts de l'aura trash-hippie d'Anton Newcombe qu'on s'interroge sur la vraie identité des Dandys. C'est surtout à partir de là qu'on s'est demandé si être cool pour un Dandy, ce n'est pas déjà la caricature du cool. Compliqué tout ça ? Pas tant pour n'importe quel péquin qui a suivi de l'oreille le déclin idéologique et musical des petits gars de Portland. Si Welcome To The Monkey House tenait solidement la route grâce à une production au poil, Odditorium puis Earth... furent des négations abominables, des ratages sémiotiques, des collections de tu-crois-que-si-je-fais-un-morceau-tout-pourri-de-huit-minutes-c'est-cool-?.

Mais soit. Vu qu'il est impossible de balayer d'un revers de la main tout le passif (dans tous les sens du terme), autant tenter de  se convaincre que tout cycle a une fin. Alors laissons à This Machine le temps de se défendre. Nous jugerons et évaluerons la sentence en état de cause. Sauf que voilà, la donne a changé. Le mal est quelque part devenu plus profond, mais la qualité musicale s'en voit par un mouvement contraire plus ou moins remise à flot. L'album s'ouvre sur les balbutiements de la basse de "Sad Vacation", un rythme lent et saccadé, une progression un tantinet poussive mais quelque part un retour aux sources de la psyché solaire du début du siècle. Un message d'espoir ? Taylor-Taylor traîne sa voix de souffreteux délicat jusqu'au morceau suivant "The Autumn Carnival", comptine pop inoffensive aux allures de sieste plutôt agréable sur la plage. Puis débarque le hautement symbolique "Enjoy Yourself", dans lequel Courtney déblatère "I used to be cool, I used to be a fool, too cool for rules man". Oui. Et ça raisonne comme l'aveu d'un groupe conscient que son âge d'or est révolu, rien ne sert de courir, le mal est déjà fait. Puis le refrain envoie sans crier gare la dernière salve de tisane, "Enjoy yourself, enjoy your health". Amen. 

Musicalement, on revient au petit trot au degré zéro de la pop. Ce qui est toujours mieux que les six années de purge passées. Des structures banales, des voix neutres, quelques bonnes idées éparpillées et c'est bouclé. La thérapie par le vide. Les Dandy ont élagué, resserré, éventré le superflu ; ils rassurent, mais à trop rassurer les Dandy ennuient. Finis les élans de désinvolture, la nonchalance délicieuse, il ne reste plus que les vestiges d'un groupe de lumière. Puis à se taper la longueur relative de l'effort, un autre constat s'impose : en fait, les Dandy s'ennuient eux-mêmes. Ils n'ont plus la conviction de faire passer leurs élucubrations pour de l'art. Et comme les Dandy font les choses bien, plus la trajectoire de l'album avance, plus le déclin l'attire vers le bas. En terme de rétrospection métaphysique, on ne fait pas mieux. 

La chronologie nous fait donc circuler entre un morceau instrumental gentiment bourrin ("Alternative Power To The People"), une ballade amoureuse fataliste ("Well They're Gone") et des pop songs  fadasses ("tout le reste"). Mention spéciale à "I Am Free" caricature du néant pas même animée par un toussotement de révolte et surtout à "Seti vs. The Wow! Signal" laborieuse suite de poncifs rock franchement à vomir. L'ennui a pris le dessus sur le don de soi, la lassitude a mis K.O. la créativité. À l'exception des deux premiers morceaux qui ont cru pouvoir entretenir une illusion, This Machine est un flop, mais un flop lesté de sa torpeur, plutôt que de ses excès (et même de ses excès d'excès, et même encore au-delà.) À l'exception notable, aussi, du dernier morceau "Slide". L'un des meilleurs titres depuis dix ans, aérien, torturé et mélo, il (si on décide de prendre cet album comme l'allégorie de la carrière des DW) pourrait même augurer d'une fin de vie plus heureuse. 

Paulo Coelho disait ceci : "une chute du troisième étage fait tout autant de dégâts qu'une chute du centième étage. Si je dois tomber, qu'au moins je tombe de très haut." Merci petit pote, tu as tout dit en deux phrases. 

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Critique d'album

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