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Critique d'album

The Ocean


Holocene


(19/05/2023 - Pelagic - Metal progressif - Post-metal - Genre : Hard / Métal)
Produit par Robin Staps et Daniel Lidén

1- Preboreal / 2- Boreal / 3- Sea of Reeds / 4- Atlantic / 5- Subboreal / 6- Unconformities / 7- Parabiosis / 8- Subatlantic
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Quoiqu’en disent les climatosceptiques, la fonte des glaces est inévitable et The Ocean poursuivra son expansion"
Franck, le 02/10/2023
( mots)

Alors que certains groupes finissent inexorablement par atteindre leurs propres limites et sombrer dans l’auto-plagiat (certains plus rapidement que d’autres...), d’autres s’illustrent par leur capacité d’expansion, repoussant continuellement les limites de leur propre création sans pour autant dévier de trajectoire. Plus de vingt ans après sa formation, The Ocean maintient admirablement cette ligne de conduite et ceci malgré de nombreux changements d’effectifs (nous parlons tout de même d’un collectif ayant vu passer plus de 40 artistes et musiciens différents) et une étiquette "post-metal" qui réduit considérablement les chances de s’ouvrir à un plus large public.


Sans brûler les étapes, le collectif allemand - mené depuis le début par Robin Staps - a su faire évoluer sa musique en enrichissant son panel de sonorité, jusqu’à mettre sur pied un style qui lui est propre, transcendant par la même occasion les courants musicaux auxquels il est affilié. Le sludge à tendance post-hardcore des débuts a ainsi migré vers un metal aux attributs progressif, favorisant les ambiances sonores élaborées et les concepts narratifs ambitieux à l’image du diptyque Heliocentric – Anthropocentric ou encore du fascinant Pelagial (album qui s’apparente à une plongée progressive dans les fonds marins).


Si l’ensemble de la discographie de The Ocean mérite que l’on s’y attarde, il est clair que l’album Phanerozoic II sorti en 2020 - conclusion aussi brillante qu’ambitieuse à une trilogie d’albums retraçant les ères géologiques - s’est rapidement élevé aux rangs d’indispensable tout en marquant durablement les esprits des amateurs de musiques progressives. Autant dire que le nouveau cru de The Ocean était attendu au tournant, même si au fond nous ne doutions pas un instant de la qualité de la marchandise qui serait proposée. Il faut dire que le groupe nous a habitué à un véritable travail d’orfèvre tout au long de sa carrière, tant sur le fond que la forme (les amateurs des CD et/ou vinyles comprendront) et a su s’illustrer par sa régularité. Ce nouvel opus intitulé Holocene ne déroge pas à la règle, tout en se montrant plus mystique et insaisissable que ses prédécesseurs…


Avec une entame nettement plus légère qu’à l’accoutumée, ce dixième album prend le temps d’installer une atmosphère à la fois pérenne et mystérieuse, dans laquelle la quiétude générale ne semble tenir qu’à un fil. Les arpèges et nappes électroniques se font échos, laissant envisager à tout moment une réaction en chaîne dévastatrice telle que le collectif nous a habitué par le passé. Fidèles à eux-mêmes, les Allemands fournissent un énorme travail d’ambiance rendant l’immersion d’autant plus authentique et passionnante. Il est d’ailleurs important de noter qu’une certaine ligne directrice est perceptible entre Holocene et Phanerozoic II, notamment dans l’usage de cuivres qui renforcent le caractère cinématographique de l’ensemble. Le groupe brouille ainsi les pistes sur ses intentions, amorçant régulièrement de petites variations d’intensité à l’image de ces riffs soudains de guitares venant transpercer l’atmosphère brumeuse de "Boreal". Chose assez inédite, c’est à un groupe comme Archive (période Craig Walker) que l’on pense au moment d’appréhender le final assommant de "Preboreal", tandis qu’un morceau comme "Sea of Reeds" prend des allures trip-hop avec son tempo lent, laissant le temps à la partie instrumentale de s’étoffer jusqu’à se doter d’un caractère orchestral. Constant et impassible, Loïc Rossetti se met au service de la musique, tout en commençant à se chauffer les cordes vocales.


Le groupe portant bien son nom, c’est le titre "Atlantic" qui marque un jalon décisif dans le déroulé de ce nouveau périple. La montée en intensité s’accélère au détour des percussions électroniques et d’une partition complexe à la basse. Les premiers hurlements rugueux de Loïc Rossetti apparaissent, marquant le début des hostilités à grands coups de riffs massifs et saturés. Dans une continuité naturelle, "Subboreal" s’avère encore un peu plus incisif dans son exécution, ouvrant la voie à un final dantesque surplombé par une batterie à la rythmique effrénée.


Alors que nous pensions être de retour en terrain connu, le combo allemand nous prend une nouvelle fois à contre-pied à l’occasion du titre "Unconformities". Nous y découvrons le chant majestueux et plein d’assurance de la chanteuse suédoise Karin Park, qui apporte une dimension mélancolique assez inédite à l’univers de The Ocean. Après une transition tamisée et hypnotisante, le morceau bifurque brusquement vers une déferlante rageuse aussi extrême que déstabilisante. Nous voilà désormais privés de nos repères, prisonniers consentants d’une séquence sonore qui se joue de nos sens, et qui semble nous absorber toujours un peu plus dans ses spirales infinies. Qui d’autre que Robin Staps et sa bande pour nous proposer un tel patchwork et confrontations des extrêmes ? "Unconformities" constitue assurément une composition de grande classe et un sommet d’intensité au sein de ce nouvel opus.


Les deux derniers titres ("Parabiosis" et "Subatlantic") ne font que confirmer les qualités d’un groupe en pleine possession de ses moyens et en phase avec sa musique, générant une fusion des genres (electro, jazz, post-rock et prog) aussi naturelle que limpide. Après un final tonitruant, nous retrouvons peu à peu la quiétude initiale, celle-ci nous poussant sans crier gare vers un nouveau tour de platine qui semble inévitable.


Holocene est clairement un album qui réclame du temps - mais aussi d’être dans les bonnes conditions d’écoutes - pour être apprécié à sa juste valeur. Adoptant une approche nettement plus atmosphérique et électronique que ce son prédécesseur, le dixième album des Allemands donne une nouvelle orientation à la musique de The Ocean ; plus ambiguë, plus intrigante, mais surtout plus obnubilante.


Dans l’histoire de la Terre, l’Holocène marque la fin de la dernière période glaciaire et la remontée du niveau des océans. L’humanité n’aura finalement contribué qu’à l’accélération d’un processus amorcé il y a plus de 12 000 ans. Dès lors, l’expansion de The Ocean vers de nouveaux territoires semblait inéluctable, et il y a fort à parier que la suite de l’histoire s’annonce mouvementée...



A écouter : "Atlantic", "Sea of Reeds", "Unconformities"

Avis de première écoute
Note de 3.5/5
Un nouvel opus tamisé aux influences électroniques et post-rock pour le groupe de metal progressif The Ocean. Holocene profite alors d'une identité sonore complexe, unique et ambitieuse, qui donne lieu à de somptueuses séquences hypnotisantes. Quelques compositions s'oublient un peu dans leur technicité et déambulent sans s'accorder sur une destination pertinente ("Subboreal") ou manquent simplement d'un dénouement engageant ("Boreal", "Sea Of Reeds"), mais les titres les plus longs trouvent facilement le temps de faire coïncider les aspirations atmosphériques particulières de cet opus avec les qualités habituelles du groupe ("Sea Of Reeds" et surtout le magnifique "Unconformities").
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