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Critique d'album

Tindersticks


The Something Rain


(21/02/2012 - City Slang - Chamber Pop - Genre : Pop Rock)
Produit par

1- Chocolate / 2- Show Me Everything / 3- This Fire of Autumn / 4- This Fire of Autumn / 5- Slippin' Shoes / 6- Medicine / 7- Frozen / 8- Come Inside
Note de 4/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
""
Claude, le 14/02/2012
( mots)

Tindersticks est désormais basé à Berlin mais ça n'est pas uniquement de façon subliminale que sa musique en a subi l'influence. Il serait d'ailleurs vain de catégoriser ce groupe si ce n'est à l'aune de ses productions précédentes. L'univers qu'il s'est construit, raffiné et désabusé, perdure encore ici sur des morceaux perclus de langueur et étayés par le falsetto chevrotant caractéristique de Staples. Sur Hungry Saw en 2008 ils s'étaient aventurés (relativement) aventurés dans un univers plus rock (et même optimiste) avant que Falling Down a Mountain (2010) ne les voit tâter de l'expérimental (toujours à dose homéopathique).

The Something Rain va, malgré ce changement géographique, les voir pourtant renouer avec ce sur quoi ils sont le plus à l'aise ; ce mélange de langueur et de sophistication tel qu'on le retrouvait sur leurs premiers albums. Ainsi "Chocolate", longue narration parlée de presque neuf minutes ouvrant le disque, n'est pas sans évoquer une de leurs premières compositions "My Sister" avec son sens de la tragédie omniprésent chez eux. En dépit de sa durée, le titre évite de sombrer dans ce qui aurait pu sonner comme une parodie par une orchestration presque minimaliste, aux antipodes de ce à quoi on aurait pu s'attendre et dans laquelle s'insinuent des cuivres discordants qui auraient pour fonction de souligner non pas la grandeur qu'il y a dans la tristesse mais plutôt la solitude qui se dégage de la désolation. Une semblable prégnance de ce sentiment d'aliénation va imbiber "Show Me Everything" avec sa rythmique hypnotique et ces choeurs féminins qu'on pourrait croire s'imbriquant dans une composition "disco" veloutée façon Roxy Music ou le Bowie "électro" de Low ou Heroes. Ce même contour "disco" sera, à nouveau, mis en avant sur "This Fire Of Autumn" mais, cette fois-ci, se sera de manière plus doucereuse, tinderstickienne pourrait-on dire, avec la voix de crooner de Staples oscillant vers le falsetto et une slap guitar articulant le soliloque de sa diction.

Sur de tels titres, et ceci paradoxalement, Tindesticks conjugue à la fois l'univers luxuriant de Blue Nile et celui de Talk Talk dans lequel les silences avaient tant d'importance. C'est peut-être la clef d'un album qui s'avère, finalement, autre chose qu'un retour aux sources. Celui-ci est trompeur dans la mesure où, si l'esprit jazz et lounge est instantanément reconnaissable, il est constamment traversé par des éléments qui vont contrecarrer ce sur quoi il s'appuie. "A Night So Still" par exemple voit sa langueur percutée par un climat répétitif propre à subtilement suggérer l'angoisse et les rythmiques glacées de "Medicine" ou "Frozen" verront Tindersticks évoluer vers ce qui pourrait s'apparenter à une peine distanciée, détachée de tout affect et au contenu anxiogène. Les rares moments de suppliques seront ceux qui mettront un terme à The Something Rain. "Come Inside" est du Tindersticks à l'état pur, délicat et ajouré, mais "Goodbye Joe", avec son harmonica et son univers où on entendrait presque souffler le vent du désert s'avère un aveu de renoncement (vocaux inexistants) face à l'immensité de l'incertitude qui a toujours été ancrée chez Staples.

The Something Rain résonne, au fond, comme une volonté d'auto-isolation, comme si cette émigration en Allemagne, n'était qu'une fuite en avant. L'obsession rattrape très vite le chanteur, ne serait-ce que dans ces arrangements où les cordes classiques et même les cuivres sont délaissés. Les frontières s'avèrent donc illusoires dans ces histoires telles que nous les narre Staples. Ne reste ici que le décharnement de la décomposition, nue car évacuée de touts stylisation ; un peu comme si ayant voulu s'éloigner de sa ville natale Nottingham, le chanteur ne faisait que la retrouver dans la beauté impérieuse et froide qui caractérise Berlin.

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Opeth


In Cauda Venenum


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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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