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Compte-rendu de concert

Brant Bjork


Date : 13/08/2007
Salle : O'Sullivans (Paris)
Première partie : L-Dopa
Maxime, le 21/08/2007
( mots)
La popularité du stoner étant ce qu’elle est dans ce joyeux pays, c’est avec désespoir qu’on a vu les vétérans de Fu Manchu snober l’hexagone lors de leur récente tournée. Brant Bjork, lui, semble glisser sans peine sur ces soucis. A chacune de ses tournées européennes, l’ancien batteur de Kyuss et de Fu Manchu a toujours opéré un petit crochet ici-bas, et que ça se passe dans un bar là où il sera accueilli dans une vraie salle le lendemain à l’étranger ne semble guère l’affecter. On le croise à la terrasse du O’Sullivans, à deux pas du Moulin Rouge, autour d’un ballon, souriant, heureux d’être là, fidèle à sa réputation de Mister Cool. On pénètre dans la salle intérieure du bar, comme si l’on entrait dans un rade clandestin en temps de prohibition. C’est exactement l’état d’esprit dans lequel on se trouve avec une centaine de personnes venues goûter du desert rock en contrebande. On commande une Corona, forcément. Pour patienter, le rideau de la petite scène s’ouvre, non pas sur des danseuses de french cancan mais sur les frenchies de L-Dopa. L’étiquette Free Stoner Rock dont ils s’affublent sur leur Myspace prend ici tout son sens. Le groupe est hétéroclite, chanteur torse nu et bondissant, bassiste semblant échappé d’un pub voisin, guitariste concerné. Les compos quant à elles sont tantôt planantes, tantôt écharpées et bruitistes, le tout formant un étal anarchiste parfois brouillon, parfois entraînant. Sur le côté, un violoniste se contorsionne, maltraitant ici son instrument, étrillant là un banjo à l’aide d’une canette de bière vide. Beaucoup d’amis se pressent autour de la bande et les clins d’œil se multiplient de la scène à la fosse. Autour des tables qui surplombent l’estrade, la majeure partie de la population suit d’un œil absent le set. Il y a très certainement chez L-Dopa la volonté de brusquer les atmosphères, d’installer des climats désertiques avant de les violenter sous des assauts branques se plaçant sous l’égide de Fantômas. Mais ça manque encore furieusement de substance pour qu’on s’abandonne à cette mixture. Pendant le changement de plateau le L.A. Woman des Doors se charge de faire la transition. Le blues terminal de la bande de Jim Morisson prépare idéalement les réjouissances. Puis le rideau s’ouvre et paraît Brant Bjork, tatouages tribaux et colifichets mexicains de rigueur, entouré de ses bros: Dylan Roche, petit gnome semblant dépourvu de cou au charisme total et le légendaire Alferdo Hernandez derrière les fûts, les oreilles sanglées dans son habituel casque. La scénographie demeure semblable à n’importe quel set de Brant. Le bassiste tourne quasiment le dos à l’assistance, absorbé dans le feedback étroit qu’il entretient avec son ampli, Bjork alterne grimaces et yeux écarquillés au micro, avant de se plonger dans les riffs chaloupés qu’il extirpe de sa SG. Venu défendre son excellent dernier opus, Somera Sol, le groupe fait rapidement tourner le concert à la transe shamanique, les good vibes se répandent dans l’atmosphère comme une volute de fumée. Les deux anciens batteurs de Kyuss étant présents, on pense forcément à Che, projet éphémère qu’ils fomentèrent au début des années 2000 et qui accoucha de l’unique et fabuleux Sounds Of Liberation. Même parfum cool, mêmes tempos voluptueux, même blues désertique transpirant et euphorisant. L’assistance est liquide. Les filles dodelinent de la tête, les yeux clos et un sourire rêveur sur le visage, les gars approuvent. Chaque titre s’ouvre sur une fuzz brumeuse, se délite. Puis Bjork porte l’estocade, assène ses accords avec sécheresse mais sans violence aucune. Les cascades stoner s’écoulent, parfois secouées par une wah-wah délicatement parcimonieuse. Le temps s’étire, impossible de se rendre compte si tel titre est joué ad hoc ou distendu en une jam tribale. On en regrette presque qu’il n’y ait aucun vigile de sécurité, les spectateurs cassant vite les pieds, avec cette manie de prendre des photos sur leur téléphone portable à tout bout de champ (tout ça pour un résultat final dégueu et illisible). Mais le groupe n’y prête aucune attention, tout entier abîmé dans son jeu. C’est à peine s’il remarque le jeune type éméché qui grimpe sur scène et manque de renverser Roche. Bizarre également cette propension à s'intéresser plus aux pédales d'effets des musiciens qu'aux morceaux en eux-mêmes. Certains vont même les prendre en photo (tant qu'on y est...). Etrange façon d'apprécier un live. Qu'importe. Une heure trois quarts de trip intense s’achève, et on se sent tous un peu "Freak Of Nature", dernier titre de Somera Sol entonné lors de ce fantastique voyage de stoner habité.
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Album de la semaine

Black Mountain


Destroyer


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Cela vous aura peut-être échappé, mais Black Mountain a discrètement rendu l’âme il y a de cela un peu plus de deux ans. Oh, rien d’aussi dramatique qu’un split avec tambours et trompettes, rien qu’un départ en catimini, celui du couple Amber Webber - Joshua Wells à qui l’on doit le sémillant projet alternatif Lightning Dust, dont on attend par là même un nouvel album très bientôt. Sans annonce, communiqué ni explications, alors que les canadiens venaient d’écoper de leur plus beau succès critique avec leur magnifique IV. Bien sûr, les choses sont loin d’être aussi simples, et la note accordée à ce Destroyer vient d’ailleurs démentir la sentence prononcée en début de paragraphe. Néanmoins, une page se tourne, et autant on oubliera sans doute assez facilement le cogneur Wells - remplacé poste pour poste par Adam Bulgasem, autant il sera bien plus ardu de faire abstraction du chant mystique de Webber qui nous laissera à jamais orphelins.

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