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Compte-rendu de concert

Brant Bjork


Date : 08/04/2010
Salle : Nouveau Casino (Paris)
Première partie : Alcohsonic
Maxime, le 20/04/2010
( mots)
C’est dans un Nouveau Casino aux parois encore martyrisées par le passage de Karma To Burn et de Year Long Disaster la semaine précédente que Brant Bjork a fait son escale parisienne annuelle. Les tournées de l’ex batteur de Kyuss et de Fu Manchu se suivent, mais ne se ressemblent pas forcément, on aura l’occasion de s’en rendre compte devant un public beaucoup plus nombreux qu’à l’ordinaire. La salle est en effet quasi-comble, alors qu’à l’hiver dernier Fu Manchu avait été contraint de déplacer son show du Trabendo vers la Boule Noire devant le faible nombre de réservations. Les voies du stoner en Hexagone sont décidément bien impénétrables…


Pour l’heure, c’est aux frenchies d’Alcohsonic de tanner le cuir et les esgourdes des spectateurs. Pour un groupe qu’on a vu tant de fois se produire dans des rades aux conditions acoustiques plus ou moins louches, il est évident que leur passage dans une salle plus professionnelle se traduit par une substantielle hausse qualitative du son. Les Alcoh y sonnent comme jamais, la section rythmique rivalise de puissance, tandis qu’un Seb à la crinière de plus en plus abondante se donne à cœur joie dans son rôle de frontman, apostrophant le public, bondissant aux quatre coins de la scène sous les coups de boutoir de son acolyte guitaristique, mister Pierre Monjoin (sans le t à la fin, c’est vrai que c’est tentant), comme une paire Joey Perry/Steven Tyler ravie d’être au turbin. Une bonne partie de leur premier album, Songs From The Delirium Tremens World, y est brillamment exécutée, entre blues sudiste musculeux et hard rock vintage à la vigueur retrouvée. Le show est bien amené, avec notamment cette cover de "Gimme Shelter" des Stones déjà rodée depuis plusieurs dates, ainsi que le titre inédit "Dark Side Of The Blues" qui figurera dans la compilation de stoner 100% français Psychotic Reactions dont on vous en dira plus dans les semaines à venir. Une nouvelle preuve de la pertinence du heavy rock hexagonal aura en tout cas été donnée ce soir.


C’est avec sa panoplie habituelle (tatouages, jeans vintage, chapeau et moustache de guérillero) que parait l’americano-cherockee, accompagné de ses nouveaux compadres. Le line-up légendaire des bros a disparu, l’inamovible bassiste Dylan Roche victime d’une tumeur cérébrale, Alfredo Hernandez et Cortez partis sous d’autres cieux. L’équipage est remplacé par l’ex Unida et Yawning Man Billy Cordell à la 4 cordes, Brendan Henderson à la guitare et Giampaolo Farnedi, déjà présent sur la tournée Punk Rock Guilt. Bille en tête, le quatuor attaque avec un tendu "Freaks Of Nature", et on doit bien avouer qu’il faut un certain temps avant de rentrer dans le set. Avec son line-up recomposé, la musique de Bjork perd une bonne part de son légendaire groove. Farnedi assure des tempos solides, efficaces, mais il manque le touché d’un Hernandez ou d’un Michael Peffer. Plus effacé qu’à l’accoutumée, Bjork laisse encore plus de champ à son deuxième guitariste, alors que le jeu d’Henderson, plutôt plat et sans saveur, méritait d’être davantage laissé au second plan. Roche manque, ne serait-ce que par son jeu de scène minimal (l’homme reste généralement vissé contre son ampli, le dos tourné au public), mais surtout par son groove girond, liant indispensable au répertoire de Mister Cool. En lieu et place, Cordell assure plutôt bien sa partie. Le corps agrippé à sa basse, le bonhomme secoue son instrument comme un prunier pour déverser de grosses lignes charnues qu’on entend parfois trop par-dessus les lignes de guitares.

Bref, le quatuor décanille de larges extraits de Jalamanta, Somera Sol et Gods & Godesses (le dernier opus qui sera interprété dans sa quasi intégralité), rendus dans des versions plus âpres que ronflantes, à l’image d’un public décidé à en découdre, machoires serrées et cris gutturaux en prime, alors que d’ordinaire règnent plutôt les doux déhanchements et les sourires complices. La musique de Bjork n’est plus aussi laid-back, et se veut foncièrement plus rock, dans l’acception primaire du terme. Un sentiment de déception pointe donc devant cet "Hydraulics" dévoilé dans une version étendue assez sèche, débouchant sur un "Oblivion" délivré avec une violence telle qu’on en avait rarement entendu de la part du Low Desert Punk (qui mérite ce soir plus que jamais ce patronyme, davantage que celui de Mister Cool). Arrivé à la moitié du set, on décide alors d’en prendre son parti et d’accepter ce stoner qui fouette le visage de ses grains de sable pour ce qu’il est, et d’oublier qu’on s’attendait plutôt à siroter tranquillement une cervesa aux effluves de peyolt. Il est alors indéniable que le public est de plus en plus réceptif, les corps se désinhibent et la transe habituelle laisse place à une fébrilité grandissante. Lors d’un cours rappel, le concert se clôt alors sur… un pogo déchaîné ! Chose à laquelle on n’avait jamais assisté lors d’un set de Brant Bjork. On quitte alors le Nouveau Casino avec impression ambiguë : un très bon concert de rock, qui n’a cependant pas été transcendé par le groove légendaire propre aux productions du songwriter clé de Kyuss. On ne peut s’empêcher de regretter l’époque du line-up classique de BB. A chacun de trancher quant à cette nouvelle orientation. Pour vous aider, vous pouvez vous rendre chez nos confrères de Desert-Rock, qui ont eu la lumineuse initiative d’enregistrer le set, merci à eux !
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