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Compte-rendu de concert

Living Colour


Date : 14/02/2015
Salle : Brooklyn Bowl (Brooklyn)
Première partie :

C’est à domicile que Living Colour venait jouer ce 14 février dernier. Au programme, pas de pétales de rose, ni de boîtes de chocolats en forme de cœur, et encore moins de mots d’amour baignant dans la guimauve la plus rose qu’il serait possible d’imaginer - le comble restant celles et ceux qui se sont déplacés pour aller voir cet épique nanar en cinquante nuances qui, croyez-le ou non, est bel et bien sorti le jour de la Saint-Valentin outre-Atlantique... À la place, les quatre énergumènes ont préféré donner une leçon de musique aussi fascinante qu’enrichissante à l’aide d’un rock ayant infusé dans le funk, le jazz, le metal et le hip hop, tout ça à la fois. Un joyeux bordel qui a su démontrer avec brio qu’à Brooklyn, le Black Power n’est clairement pas prêt de se taire.

Alan, le 04/03/2015
( mots)

Carnet de voyages, chapitre 7. Cette fois-ci, on se la fait dans la plus pure tradition new-yorkaise - la vraie hein, pas celle qu’on voit à la télé : loin de l’effervescence épileptique de Times Square, rendez-vous de nouveau dans le quartier de Williamsburg dont la richesse culturelle et musicale n’est plus à démontrer. Pas de Madison Square Garden clinquant ou de Webster Hall branchouille ici, mais simplement un petit Brooklyn Bowl caché entre deux brasseries dans lesquelles fermentent bon nombre de bières locales et qui, avec sa scène, ses bars, ses tables et ses pistes de bowling (si si) qui se côtoient tous au sein d’un même espace, pulvérise les stéréotypes habituels de la salle de concert et arbore un cachet presqu’inégalable.

Ainsi, pendant que certains dégustent des barbecue ribs fraîchement préparées, d’autres accourent vers le bar pour s’humecter le palet d’un malt ayant macéré dans les cuves du bâtiment adjacent - et le résultat est franchement pas dégueulasse. Les uns reproduisent avec plus ou moins de grâce la chorégraphie de Jeff “The Dude” Bridges dans The Big Lebowski tandis que les autres se regroupent devant la scène afin de profiter au mieux de l’expérience vivante d’un concert made in Brooklyn. C'est  d’ailleurs à un autre groupe local qu’il revient d’ouvrir la soirée à 20 heures pétantes : avec chacun des quatre membres arborant un maquillage tribal blanc unique, The Freaky Baby Daddies délivrent avec fougue un set mêlant l’énergie communicative du funk à la vivacité du hip hop, le tout à grands renforts de riffs et d’une instrumentation ancrés dans le rock.

Le son se durcit quelque peu par la suite avec Unlocking the Truth, groupe local lui aussi et qui avait par ailleurs déjà ouvert pour Marilyn Manson en janvier dernier - décidément ! Encore une fois, les jeunes Malcolm, Alec et Jarad déballent un metal à l’effet rouleau compresseur pas toujours totalement maîtrisé, reproche que l’on se gardera néanmoins de leur faire compte tenu de leur âge. Marquée par un mur de guitares saturées, la musique d’Unlocking the Truth assure la passerelle entre le funk rock tribal des Freaky Baby Daddies et le fourre-tout halluciné de Living Colour. Ça tombe bien, c'est à eux de jouer.

It’s all about the groove

C’est finalement à 10:15 PM que Living Colour investit la scène, et déjà les quatre comparses font honneur à leur nom de scène, qu’il s’agisse de Vernon Reid et de son costume de dandy, de Wil Calhoun et de son ensemble bariolé qui ferait passer n’importe quel Écossais pour un insipide quidam, ou de Corey “Shazam” Glover et de son sweater rouge floqué de l’éclair du héros de l’écurie DC Comics. Autant d’accoutrements qui feraient passer n’importe quel humain lambda pour un clown aussi ridicule que risible, mais qui ici sont en totale harmonie avec l’univers du groupe et qui, de ce fait, font indéniablement mouche : sans même avoir joué une seule note ou prononcé la moindre syllabe, Living Colour parvient déjà à captiver l’attention de son auditoire.

C’est avec le funk de “Love Rears Its Ugly Head” que la machine se lance, insufflant à chaque membre de l’assemblée un irrépressible besoin de remuer la tête au rythme d’une batterie au groove implacable. Suit un “Ignorance Is Bliss” plus rapide, plus dur et surtout plus débridé au sein duquel se confrontent guitare délirante, basse rugissante et batterie claquante, puis les classiques “Desperate People”, “Middle Man” et “Funny Vibe” menés tambour battant par un Wil Calhoun dont la frappe précise et maîtrisée pave le chemin pour Vernon Reid et sa palette, ce-dernier passant successivement d’un riff metal à une rythmique funk à un solo de shred presqu’inhumain.

C’est sur l’excellente reprise de “Who Shot Ya?” de Biggie que Corey Glover donne libre cours à son flow,  alternant entre couplets rappés avec hargne et refrains chantés d’une voix claire avant de se laisser hurler sur le pont. Bluffant. “Go Away” surenchérit dans l’agressivité avant de laisser place à l’intro psychédélique d'un “This Is the Life” sur lequel Vernon Reid se fait visiblement plaisir, étalant de nouveau l’étendue de sa technique au travers d’un interminable solo qui frôle l’indigeste… avant de lâcher son médiator et jouer les premières notes de “Solace of You” sur lequel le groupe est rejoint sur scène par Wallace Rooney, trompettiste de jazz ayant notamment joué avec Art Blakey, Dizzy Gillespie et surtout Miles Davis. Le résultat, surprenant métissage de jazz et de calypso, constitue une belle bouffée d'air avant “Type” et “Memories Can’t Wait” qui reprennent les choses là où “Go Away” les avait laissées.

Entre virtuosité et… branlette musicale

Le set approchant doucement de sa fin, il est temps pour Doug Wimbish d’entamer, après des présentations opérées par Corey Glover, un solo de basse hypnotique et envoûtant de près de neuf minutes (!) avant de laisser sa place à Wil Calhoun qui, équité oblige, a lui aussi droit à un solo de batterie qui s’avère néanmoins être long et éprouvant, celui-ci devant en plus faire suite à un “This Little Pig” cacophonique. Le public, à moitié égaré dans cette pénible démonstration de force, retrouvera toute sa vigueur lorsque résonneront les premières notes du morceau signature de Living Colour : le riff de “Cult of Personnality” revitalise l’assemblée, Corey Glover allant même jusqu’à chanter l’intégralité du morceau tout en jouant les funambules sur les rambardes qui délimitent l’espace de la fosse.

C’est une fois le morceau terminé, alors que tout le monde pensait avoir droit au traditionnel salut de fin de concert, que Corey Glover, haut perché sur une enceinte de façade après son numéro d’équilibriste, invite Alex Skolnick, guitariste du groupe de thrash metal Testament - et ami de longue date du groupe - et Brandon “Taz” Niederauer, guitariste prodige âgé de tout juste neuf ans et petit protégé de Doug Wimbish, à rejoindre le groupe sur scène pour un ultime morceau qui ne sera nulle autre qu’une reprise de l'incontournable “Sunshine of Your Love” de Cream.

Tandis que maître Glover sur son enceinte perché harangue la foule entre deux “I’ve been waiting so long”, les trois guitaristes se partagent l’espace scénique et ne font preuve d’aucune retenue, Vernon Reid allant jusqu’à malicieusement tourner le potard du volume de l’ampli d’Alex Skolnick lors de son solo - chacun ayant bien évidemment droit à l’exécution d’un solo de guitare endiablé. Il était déjà rageant de voir en première partie un gamin d’une quinzaine d’années maîtriser le tapping ; voir en fin de set un enfant de neuf ans se balader avec une aisance déconcertante sur la gamme blues pendant son solo l’est encore plus.

C’est sur ce constat rageant que le set prend fin et que toute la bande présente sur scène récolte les acclamations d’un public extatique que Corey Glover remercie encore et encore avant d’inviter les Freaky Baby Daddies et Unlocking the Truth à rejoindre toute la troupe sur scène. C’est une fois l’équipe au complet que tout ce beau monde s’aligne pour saluer son assemblée, mettant un terme à plus de deux heures de set furieuses et palpitantes qui résonnent encore comme une célébration de la black music dans tout ce que celle-ci représente.

Malgré certaines longueurs, Living Colour a délivré un set solide et a surtout su brasser un éventail de genres impressionnant - calypso et jazz au sein d'un même morceau, quoi... Avec une palette aussi variée et des musiciens virtuoses à mon sens trop peu estimés, Living Colour est un groupe qui au moins mérite, au mieux requiert votre attention. Un nouvel album intitulé Shade est en chantier et est prévu pour 2015. En attendant, vous pouvez déjà revoir les bases avec Vivid et Time's Up - ces deux-là méritent que vous y prêtiez au moins une oreille. Vraiment.

Setlist : 1. Love Rears Its Ugly Head - 2. Ignorance Is Bliss - 3. Desperate People - 4. Middle Man - 5. Funny Vibe - 6. Who Shot Ya? - 7. Go Away - 8. This Is the Life - 9. Solace of You (w/ Wallace Roney) - 10. Type - 11. Memories Can’t Wait - 12. Swirl (Bass Solo) - 13. This Little Pig - 14. Drum Solo - 15. Cult of Personality - 16. Sunshine of Your Love (w/ Alex Skolnick & Brandon “Taz” Niederauer)

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