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Compte-rendu de concert

Shaka Ponk


Date : 06/06/2014
Salle : Le Zénith (Paris)
Première partie : Carbon Airways
Alan, le 09/06/2014
( mots)
C’est le 5 janvier 2013 que les allumés simiesques de Shaka Ponk accomplirent un véritable tour de force en parvenant à remplir Bercy pour un concert à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire du groupe. L’ancien Palais Omnisports étant cependant entré en rénovations en mars dernier, les Shaka furent contraints de se rabattre sur un Zénith de capacité moindre pour promouvoir The Pixel Ape dans la capitale. Ce ne sont donc pas moins de trois dates qui furent programmées les 5, 6 et 7 juin pour recevoir autant de spectateurs que ne l’aurait fait la plus grande salle de France. D’ici à ce qu’ils remettent le couvert en novembre prochain, retour sur leur prestation de vendredi dernier.

Trois dates, toutes les trois sold out. Le public s’est déplacé en masse, et c’est sans surprise devant une salle comble que les Shaka se sont produits ce vendredi, adulés par une fanbase leur étant totalement acquise. Mais le public, aussi dévoué soit-il, peut parfois se montrer impitoyable. C’est à cette dure réalité que furent confrontés les frère et soeur Fernesse du duo graylois Carbon Airways, chargés d’ouvrir la soirée en lieu et place des Triggerfinger venus spécialement de Belgique pour déverser leur furie stoner la veille. Avec un set d’à peine une demie-heure durant lequel les jeunes musiciens chantent par-dessus des instrus nerveuses aux beats percutants, les Carbon Airways recueillent quelques maigres applaudissements, symptomatiques d’un accueil peu enthousiaste, le public restant visiblement de marbre face à ce karaoké géant où la musique défile sans que personne ne prenne véritablement place aux commandes des platines. Suite à cette prestation en demi-teinte, Engus et Eléonore restent fair-play et remercient le public, dont la sentence était pourtant limpide, avant de laisser place aux primates que ce-dernier est venu voir.

Come on locos !

Les lumières s’éteignent, et c’est une madame zombie numérique qui entre en scène la première, frottant son archet sur les cordes de son violoncelle pendant que Ion, Steve, CC et Mandris s’installent à leurs places respectives, entamant un instrumental à la fois lugubre et détonant, avant d’embrayer sur un "Black Listed" furieux pour ouvrir les hostilités. Sam et Frah, son attelle toujours en place, investissent ensuite la scène en compagnie de Goz, l’emblématique mascotte du groupe. Alternant entre chant énervé et interpellations du public, le duo épouse le rôle de maître de cérémonie et assure le show tout au long de la soirée pour les deux heures et quart à venir. Suit "Wanna Get Free", le très controversé premier single issu de The White Pixel Ape, auquel le public réagit avec enthousiasme sans broncher, visiblement totalement hypnotisé par le spectacle. Le concert suit son cours et les hits s’enchaînent, de "Shiza Radio" en passant par "Sex Ball", "Let’s Bang" restant l’éternel absent depuis ce début de tournée. Le set se voit en revanche fréquemment ponctué d’intermèdes plus lents et psychédéliques qui, bien que sympathiques, confèrent au concert un rythme bâtard qui ne cesse de casser l’immersion du spectateur.

Shaka sait captiver malgré tout : profitant à fond de l’espace scénique, Frah continue à sauter dans tous les sens entre deux stage divings, visiblement peu (voire pas du tout) gêné par son genou, lourdement amoché lors du Geeks Tour précédent. Sam se laisse tenter elle aussi en fin de set, plongeant dans la foule du haut d’un « white pixel » du décor lui servant de tremplin. La véritable surprise de la soirée intervient lors du rappel : après un "I’m Picky" repris à l’unisson par le public, les Shaka se voient rejoints sur scène par Mat Bastard, pote de longue date et chanteur de Skip the Use. S’en suit un "Te Gusta Me" ressemblant plus à un trip hallucino-déglingo marqué par le trio Frah-Sam-Mat totalement déchaîné et un snippet de "Get Up, Stand Up" introduit par une question à la réponse surprenamment affirmative : « Est-ce que vous aimez le reggae ?! », auquel suivent bien évidemment "My Name Is Stain", puis "6xLove". C’est encore une fois pour reprendre à sa sauce "Mourir en chantant" de Dalida que le groupe réapparaît une dernière fois, teasant la suite de son aventure avec un « Black Pixel Ape » dévoilant son visage au public après avoir retiré un casque sur lequel défilait le message plus qu’équivoque « To be continued… ».

My name is Goz

Impossible de parler d’un concert de Shaka Ponk sans énoncer sa scénographie : conservant toujours ses animations mettant en scène Mr. Goz, le stage design se voit ici enrichi d’un P et d’un K cubiques tout de blanc peints, de la même manière que l’ensemble des décors pixélisés et des musiciens, tout de blanc vêtus, exception faite de Sam et Frah qui se sont sentis obligés de gigoter dans des tenues noires, n’ayant pourtant nul besoin d’un code vestimentaire pour se démarquer. Evoquant de manière flagrante le titre du nouvel album, on est prêts à parier que la même scène peinte en noire (ou en damiers, la cote est à 5 contre 1) est déjà prête pour la seconde partie de la tournée qui sera dédiée à The Black Pixel Ape, second volume du diptyque The Pixel Ape à paraître en fin d’année.

Impossible non plus de ne pas évoquer Goz, septième membre numérique et officieux de l’effectif : le singe punk s’invite régulièrement sur scène, que ce soit pour jouer la partie de banjo complètement déjantée de "W0tz Goin’ON", pour se substituer à Beat Assaillant sur "Story O’ My LF", délivrant un phrasé rappé implacable à dos d’éléphant ou pour venir défier Ion à un duel de batterie après avoir englouti des stéroïdes en masse. Graphistes de leur état, les Shaka portent une attention toute particulière aux animations de leurs concerts, conférant au spectacle une dimension décalée et parfois loufoque en osmose avec leur univers décomplexé et burlesque.
 
Rock 1.5

Et non 2.0, comme beaucoup se complaisent à le dire. Bien qu’un effort évident soit fait sur le jeu de scène, chose qui demeure tout à fait louable, force est de reconnaître que le concert reste un spectacle chorégraphié à la mise en scène millimétrée et laissant peu de place à l’improvisation, le groupe demeurant plus esclave de ses animations qu’il n’en est le maître, preuve en est avec "Scarify" durant lequel Sam est contrainte se tenir à un endroit bien précis à un instant T pour recréer l’illusion d’elle-même se voyant poings liés par des tentacules présents à l’écran. Un rock 1.5 à la sauce geek donc, qui s’adresse pourtant à un public aux antipodes de ce qu’il représente.

Bien que très hétéroclite (parents, enfants en bas-âge, jeunes adultes), le public reste essentiellement constitué d’adolescents qui ont réussi à se soustraire l’espace d’une soirée aux joies du bachotage. Des jeunes dans la fleur de l’âge et pas farouches pour autant, la fosse n’ayant donné lieu qu’à quelques maigres pogos et n’ayant vu passer qu’un nombre réduits de slammeurs malgré la frénésie de certaines chansons qui résonnaient comme un appel à la débauche au sein des spectateurs, constat surprenant pour un groupe dont l’ambiance de ses concerts est souvent décrite comme survoltée, le merchandising autour du groupe ayant même pondu le fameux t-shirt « J’ai survécu à un concert de Shaka Ponk », t-shirt que vous n’oseriez même pas mettre en dehors d’un de ces concerts de peur de paraître ridicule devant les puristes qui prendraient un malin plaisir à vous railler grassement, et qui seraient totalement dans leur droit.

Shaka Ponk est donc le groupe que vous adorerez pour son travail de mise en scène, pour son kaléidoscope musical, brassant des styles aussi variés que le rock, le metal, l’electro, le funk, le reggae ou même la country, et bien entendu pour sa bonne humeur. Ou bien le groupe que vous détesterez pour son show aseptisé et identique d’une soirée à l’autre, pour son style musical indécis et complètement bordélique, et bien entendu pour sa bouffonnerie et ses frasques débiles. Dans un cas comme dans l’autre, vous considérerez au final Shaka Ponk comme un groupe sans prétention et amoureux de la scène, faisant preuve soir après soir d’une énergie sans limite et jouant un rock qui se veut honnête, à défaut d’être vraiment novateur. Et c’est déjà pas si mal.

Setlist : 1. Intro - 2. Black Listed - 3. Wanna Get Free - 4. Twisted Mind - 5. Come On Cama - 6. On the Road - 7. Shiza Radio - 8. Last Alone - 9. Yell - 10. Story O’ My LF - 11. Sex Ball - 12. Scarify - 13. Lucky G1rl

Rappel : 14. Shut Up : Battle Ion vs. Goz - 15. I’m Picky - 16. Te Gusta Me - 17. My Name Is Stain - 18. 6xLove

Final : 19. Morir Cantando
 
Crédit photo : Nicolas Patault
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