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Discorama 2000's : les incontournables pop


Maxime, le 03/12/2010

2005-2007


Eels : Blinking Lights And Other Revelations
avril 2005

Il ne faudrait pas oublier qu’au rayon de la folk-pop épurée et expérimentale, le songwritter qui tient le haut du pavé depuis pas loin d’une quinzaine d’années n’est autre que Mark Oliver Everett, alias "E". Tête pensante de sa formation (Eels), auteur, compositeur, interprète multi-instrumentiste changeant de musicien au fil de ses envies et de ses besoins, l’artiste évolue dans sa sphère musicale comme dans une thérapie salvatrice face aux drames familiaux ayant peu à peu préparé ce terrain propice à l'éclosion d’une âme torturée comme la sienne. Mais une telle entreprise prend du temps et ne peut se faire à la légère. Car ce Blinking Lights And Other Revelations, cela faisait déjà quelques temps qu’Everett travaillait seul dessus, du fond de son garage.

Rassemblant des compositions s’étalant sur plusieurs années de sa vie, le double-album se déroule un peu à la manière d’un kaléidoscope durant lequel l’homme ne cherche pas à dissimuler ses sentiments. Et le résultat ne peut pas laisser de marbre. A l’image du magnifique "Suicide Life" ou du troublant "Checkout Blues", Everett n’a pas son pareil pour ouvrir son cœur en musique. Car même si s’enfiler ces trente trois titres d’une traite peut sembler un peu long pour certains et que l’ensemble peut parfois manquer un peu de cohérence, ce Blinking Lights And Other Revelations cache néanmoins certains des plus beaux morceaux du groupe, tels "Railroad Man" ou "I’m going To Stop Pretendig That I Didn’t Break Your Heart". Eels réussi à développer des sommets d’une pop brillante et simpliste, en même temps que quelques surprises de taille comme "Hey Man (Now You’re Really Living)" inspiré du "Hey Ya" des Outkast ou encore la bizarrerie enfantine "Going Fetal". On ne peut pas rester sérieux tout le temps. Et si Mark Oliver Everett reste encore aujourd’hui une référence du genre, la raison n’est peut être pas à chercher très loin. Qui d’autre que lui réussit aussi bien à parler de tous ces sentiments universels en toute simplicité et sans pudeur ?
Jérôme


Oasis : Don't Believe The Truth
mai 2005

La saga de l'auto-proclamé "meilleur groupe de rock'n'roll au monde" commence en 1994 avec la sortie de Definitely Maybe, un album chic et choc, aux influences à situer quelque part entre la british invasion, les Smiths ou les Jam, et dont les singles imparables "Supersonic", "ShakerMaker" ou "Live Forever" envahissent alors les ondes chez nos voisins britons. Un premier album dévastateur qui replace avec brio l'Angleterre au centre de la sphère musicale, et s'impose vite comme un manifeste de la mouvance Britpop alors naissante : l'Oasis-mania est en marche. Problème majeur, outre What's the Story, Morning Glory, qui fait suite au légendaire album pré-cité, les frères Gallagher n'ont jamais réussi (en tout de même près de dix ans) à retrouver la forme de leurs essais passés, mention spéciale pour Heathen Chemistry, album fade au possible, qui avait fini de lasser les derniers aficionados du groupe de "Madchester".

Après un énième changement de line up avec l'éviction d'Alan White, deuxième batteur du groupe, en faveur de Zak Starkey (le rejeton de Ringo Starr) et un premier essai raté et abandonné, produit par le duo electronica Death In Vegas, la sortie de Don't Believe The Truth, sixième LP du groupe, laissait franchement planer le doute sur un éventuel retour en grâce d'Oasis. Don't Believe the Truth réussit pourtant là où les trois précédents opus avaient échoué, puisqu'il a le bon goût de redonner foi en la capacité des frangins à se renouveler, tant dans le songwriting que dans l'esthétique musicale.

L'introductif "Turn Up the Sun", titre rentre-dedans et relativement explosif (notamment grâce à la frappe furieuse de Starkey) pose les bases d'un album pourtant plus pop, plus léger aussi, que ses prédécesseurs. Un album qui voit également la formation (enfin) s'affirmer en tant que groupe puisque les désormais fidèles Gem Archer à la guitare et Andy Bell à la basse (ex- Ride et Hurricane N°1), participent ici activement à la composition des morceaux, au même titre que le lead-singer/grande gueule Liam. Étrangement, les pistes les plus proches du son si particulier d'Oasis, tout en guitares saturées et envolées rock'n'pop, sont justement écrites par Archer (l'excellent "A Bell Will Ring") ou Bell ("Turn Up the Sun", "Keep the Dream Alive"). Quant aux Gallagher, (comme à leur habitude) ils se permettent ici de pomper et adapter avec un certain talent quelques classiques, de "Street Fightin Man" des Stones sur "Lyla", à "I'm Waiting For The Man" du Velvet sur "Mucky Fingers", en passant par "Golden Brown" des Stranglers sur "Part of The Queue" et livrent quelques pistes pop franchement inspirées (le duo "Let There Be Love", "Love Like A Bomb", "The Importance Of Being Idle", "Guess God Thinks I'm Abel"), procurant à l'album une tonalité nouvelle, moins électrique et grandiloquente qu'auparavant, et probablement à l'origine de la réussite de cet opus.

Ce léger changement de direction, une production moins prétentieuse ainsi qu'une inspiration (enfin) retrouvée dans le songwriting, font sans conteste de Don't Believe The Truth l'un des albums les plus cohérents et consistants du groupe à dater d'aujourd'hui. Pas encore de quoi retrouver l'étincelle explosive d'un Definitely Maybe, mais au moins de quoi croire encore un peu en la capacité des deux lads à nous livrer de bons albums, ce qui, aux vues de leurs sorties précédentes, constitue un tournant franchement positif dans leur carrière. Reste à voir ce que vont donner les projets respectifs des deux larrons suite à la séparation du groupe l'été dernier, d'autant que la sortie du premier LP de Beady Eye, projet commun de Liam, Archer et Bell, ne devrait pas tarder...
Thomas

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Sean Lennon : Friendly Fire
octobre 2006

Sean Lennon se sera fait discret jusqu’à être invité partout pour promouvoir son dernier album, huit ans après la sortie de son premier Ep, Into The Sun. Le fils du Beatle à lunettes s’accorde une œuvre complète, accouchée dans le silence, à l’aide de laquelle il désirerait sortir à jamais de l’ombre (et quelle ombre…) de son père. C’est en octobre 2006 que nous parvient l’objet et que dire si ce n’est que cet opus possède en son sein un potentiel inépuisable d’addiction mélancolique. Dix titres pour une petite demi-heure et une ambiance cotonneuse de rêves romantiques éveillés, ouvrant ses pages avec "Dead Meat", véritable joyau de tristesse, paroles sombres et mélodies pop, inspirées et efficaces dés la première écoute. Non, Sean Lennon n’a pas lésiné sur l’écriture, entre arrangements légers et élégants, harmonies vocales profondes et instrumentation travaillée, mettant en avant voix et piano pour faire des autres éléments un véritable coussin sonore.

De merveilleux bijoux mélodiques se dessinent au fil de l’écoute ("Parachute", "On Again Off Again", "Falling Out Of Love"), tissant une toile homogène et labyrinthique entre des pistes charmantes menaçant parfois de tomber dans une mièvrerie facile ("Spectacles", "Tomorrow"), et des perles noires prenantes d‘émotions puissamment significatives ("Wait For Me", "Friendly Fire"). De là à dire que Sean cherche à s’émanciper, on lui demandera un peu plus d’objectivité même si les circonstances sont plutôt… atténuantes. Déjà, il est difficile de lutter contre les gênes (parlez-en à Jeff Buckley) et la voix de Sean rappelle très vite à celle de son paternel malgré son timbre plus nasillard. De plus, le milieu dans lequel a grandi le fils laisse forcément des séquelles et on se retrouve avec des structures et harmonisations rappelant fortement les Beatles post-Rubber Soul, pas seulement au niveau de l‘influence de John, mais empruntant aussi à celle de Macca, plus catchy, plus groove ("Headlights") et une grande inspiration concernant lignes de cordes, chœurs et contrechants. Certains titres se laissent couler vers un psychédélisme rond et envahissant comme la reprise de "Would I Be The One ?" de Marc Bolan et la superbe envolée finale de "Falling Out Of Love", concluant Friendly Fire par un diptyque royal, s'achevant en un point d‘orgue à l'apogée flamboyante contrastant avec la forte teneur en spleen de cet opus. Quant aux textes, ils sont désabusés, touchant au cynisme et à l’ironie dans une écriture à fleur de peau, souvent dure et brisant les illusions, traitant de relations humaines et bien souvent de ruptures, de rejets.

Friendly Fire ne révolutionne sans doute pas le monde de la pop, se servant allègrement de la formule qui a permis à ses parents d’atteindre de tels sommets. Mais de tous ces lieux communs, il garde le meilleur et y impose son sentiment et son vécu au travers d’un univers touchant et onirique et des harmonies simples et belles. La bande sonore d’une nuit d’hiver et d’insomnie ponctuée d’une légère fièvre, de souvenirs et de regrets.
Geoffroy

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The Good the Bad and the Queen : The Good the Bad and the Queen
janvier 2007

Quand The Good the Bad and the Queen sort en 2007, on redécouvre le virtuose anglais Damon Albarn dans un nouveau side-project. Il y avait bien sûr Blur puis Gorillaz. On l’a écouté ensuite dans Mali Music, un disque qui célèbre le mariage réussi de la musique malienne et de la pop, puis dans l’opéra rock Monkey, Journey to the West. C’est maintenant sous la forme d’un super-groupe que la dernière création en date du leader de Blur prend forme, avec la participation du bassiste de The Clash, Paul Simonon, de l'ancien membre de The Verve et guitariste de Gorillaz Simon Tong, ainsi que du batteur de Fela Kuti, Tony Allen. Du beau monde pour un beau disque.

Le groupe était en effet bien inspiré de nous faire grâce de cet album en forme d’hommage à la ville de Londres, présentée ici presque comme mythologique, sombre et apocalyptique, à la manière d’une Babylone. Une thématique qui déteint sur le style musical, dont la pénombre se retrouve alourdie par les basses et les quelques sonorités électro parsemées ci et là. Sans doute l’héritage du dernier album de Blur, Think Tank, le plus électro du groupe anglais. Dans cette configuration pourtant, la part belle est laissée à la guitare, comme le montre dès le départ "History Song" et son arpège entêtant, bien que l’instrument soit en général utilisé pour coller au côté folk du disque ("A Soldier’s Tale", "Green Fields"). Le piano est également omniprésent dans cet album, comme dans "80s Life", pour devenir grisant dans le final en apothéose bruitiste du titre "The Good, the Bad and the Queen". Guitares et pianos, donc, permettent une instrumentation du disque somme toute plus légère que ne le sont les compositions. Un moyen de rendre sympathique, à la limite de l’addiction, qui met en exergue le contraste entre une pop gentille et des mélodies graves. Addiction, c’est le mot qui caractérise quelques morceaux cultes, où, jamais lassantes, les répétitions se veulent transcendantes, à l’image du merveilleux "Herculean", un titre qu’on souhaiterait sans fin, tellement l’émotion est sensible dans ce morceau.

Et tel un opéra (on sait Damon Albarn attiré par l’exercice), les titres se suivent et ne se ressemblent pas, créant un disque riche de styles, allant jusqu’à lorgner du côté de la musique africaine, Tony Allen ayant certainement pesé dans le choix artistique d’incorporer une rythmique afro dans le titre "Three Changes". Influence africaine, mais aussi influences diverses comme pour le slow kitch "80s Life", la pop groovy pour "Behind the Sun", ou encore la douce ballade "A Soldier’s Tale". Damon Albarn, nous le savons, n’est pas facile à ranger. Et c’est bien ce qui permet à ce super-groupe de réécrire ici, en douze titres réussis, l’histoire de la pop, presque son histoire.
Geoffrey


Blackfield : II
février 2007

On ne va pas se mentir, le qualificatif "pop" a bigrement fait jaser notre rédaction pendant quelques semaines lorsqu'il a fallu finaliser cette sélection des meilleurs crus de la décennie 2000. D'ailleurs, on vous pose la question : c'est quoi, faire de la pop, au 21ième siècle ? De la musique "populaire", adjectif pouvant être mesuré à l'aune des statistiques de ventes d'albums des groupes intéressés ou de leur compte en banque ? Des œuvres axées avant tout sur les mélodies vocales, reléguant ainsi les instruments au simple rôle de faire valoir ? De la musique "accessible" au plus grand nombre, propre à être diffusée sur les antennes FM nationales et à ménager les pavillons auditifs des plus incultes / délicats ? Et puis d'ailleurs, qu'est-ce qui peut bien réunir sous une même bannière Emilie Simon et Oasis, ou encore Dido et Radiohead ? Et on ne vous parle même pas des différents fourre-tout catégoriels, pop rock, pop psyché, pop vintage, pop électro, pop indie, qui feront que l'un ou l'autre des candidats à cette sélection se retrouvera cité dans un autre dossier présent ou à venir. Bref, quand on a fait le tour de cette question, on n'est pas forcément plus avancé qu'avant de se l'être posée.

C'est en partie pour cela que l'on n'aura pas trop à se justifier de classer le deuxième opus de Blackfield dans la catégorie pop. Soyons honnêtes une minute : le duo Steven Wilson - Aviv Geffen n'est ni immensément populaire, ni blindé de thunes, ni multi-diffusé sur les ondes, ni même ne serait-ce que connu. Interviewez n'importe quel quidam dans les rues de la capitale hexagonale ou de Trifouilly Les Oies, et demandez-lui : "Blackfield, vous connaissez ?" : il y a toute les chances pour qu'on vous dévisage d'un air ahuri. Seulement voilà : même si les intéressés sont issus du milieu progressif et de la microsphère du rock israélien, même si le duo est signé sur l'obscur label Kscope, même si leur plus haut fait d'arme en France a été de remplir la Maroquinerie ou le Café de la Danse, Blackfield est sans aucun doute l'un des plus beau défenseurs de la pop moderne du vingt-et-unième siècle. Comment qualifier autrement ces collections de chansons habitées, bâties sur des mélodies vocales impeccablement arrangées et se parant d'une lisibilité à toute épreuve ? Tout l'intérêt de ce projet est d'ailleurs de pouvoir rendre accessibles les talents de songwriter presque mainstream de Steven Wilson (Porcupine Tree) sans les encombrer de tous les à-côtés qui pourraient rebuter les plus réfractaires à la complexité : titres à tiroir, expérimentations bruitistes, délires psychédéliques et autres joyeusetés auxquelles l'homme nous habitue régulièrement sur ses autres projets.

Si on a retenu Blackfield II dans ce panthéon, on aurait pu tout aussi bien sélectionner le I. D'ailleurs, ceux qui se laisseront tenter par cet opus auront tôt fait de se jeter sur son prédécesseur, ceci en attendant le tant espéré numéro III désormais annoncé officiellement pour mars prochain. En pénétrant dans ce second disque aussi amer que gorgé d'espérance, on aura tôt fait de noter la grande homogénéité des morceaux, ciselés autour d'un couple vocal complémentaire qui se plait souvent à entonner ses refrains en multipliant les voix et les arrangements mélodiques, et agrémentés d'un duo de guitare acoustique - électrique du plus bel effet que viennent rehausser une flopée de claviers à fibre fortement symphonique. Chaque morceau se place comme un trésor à chérir avec passion, tantôt dénotant d'infinies nuances de tristesse qui laissent pourtant poindre une possible happy end ("My Gift Of Silence", "Some Day"), tantôt faisant éclater une fibre lyrique aussi enveloppante qu'empathique ("Once", "Where Is My Love", "End Of The World"). L'instrumentation y caresse les oreilles avec discernement, les voix s'y entremêlent en une douce litanie lumineuse, la félicité qui s'en dégage est à même de conquérir l'auditeur le plus récalcitrant en moins de cinq minutes. Blackfield, c'est toute la classe d'un grand groupe pop sans ses à-côtés médiatiques envahissant ni son buzz médié par une presse spécialisée assommante, c'est une musique addictive telle une drogue à la fois directe et raffinée, et c'est surtout l'un des plus beaux cadeaux qu'ait pu nous offrir Steven Wilson lors de la décennie passée. A ne manquer sous aucun prétexte, cela va sans dire.
Nicolas

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