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Guitar Hero, Rock Band & Co. Devenir la rock star de son salon.


Jerome, le 18/02/2010

Le XXIème siècle sera digital ou ne sera pas


Par Maxime

L’apparition de ces jeux depuis 2-3 ans ne semblait que périphérique à l’univers du rock. Après tout, se confronter entre potes sur une vielle scie de Van Halen constitue une récréation aussi noble (ou sordide, c’est selon) qu’une rencontre Manchester-Barcelone disputée sur le dernier FIFA. Et puis il a fallu mener quelques séjours à la Fnac, et de constater les rayons disque quasi déserts face aux bornes de démonstration de Rock Band 2, pleines, pour que le rock critic se mette à tendre l’oreille. Le rock fait-il irrémédiablement partie de la société du spectacle à l’échelle digitale et mondialisée ? C’est un fait, plus personne, si ce ne sont les dinosaures en voie d’extinction et les romantiques impuissants, n’achète de disques. Mais on se précipite aux concerts. Et un concert, ça ne se télécharge pas, alors autant augmenter le prix du ticket vers des hauteurs vertigineuses. Véritable mastodonte de la culture des loisirs, les jeux vidéo possèdent aujourd’hui un poids économique qui écrase à l’aise les chiffres déclinants du cinéma et de la musique réunis. Largement épargnée par le spectre du piratage, la planète vidéo-ludique n’a besoin d’aucune loi Hadopi (déjà obsolète avant même d’être promulguée) pour étendre son règne. Joie pour les maisons de disque, voilà de nouvelles pompes à fric, avec de juteux droits d’exploitation pour remplir son escarcelle. Le rôle d’un artiste aujourd’hui ? Remplir ces nouveaux tuyaux.

Une première constatation sur ces nouveaux objets de consommation : outre la pop dégoulinante, le hard rock domine à l’aise. Que ce soit sur le tracklisting des compilations ou sur des volets spécialement dédiés à un groupe ou une époque précise (Rock The Eighties, AC/DC, Metallica). On l’avait déjà dit ici : le hard avait été le grand gagnant de 2008, dernier rempart immuable contre l’industrie déclinante du disque. On peut se moquer de leurs goûts vestimentaires et de leur penchant pour la grandiloquence, mais on ne retirera pas au public metal sa fidélité et son implication. Voilà un genre qui plaît aussi bien aux cinquantenaires qu’aux pré-ados, qui se renseignent, sont des amateurs pointus, vont aux concerts, pillent le stand merchandising et qui achètent encore des disques ! Le public indie peut-il en dire autant ? Que le hard se coule à merveille dans le moule vidéo-ludique est d’une logique implacable. C’est un genre bâti sur le cadre de la musique classique, dans lequel chaque musicien doit briller à son tour. Riffs, ponts, solos en tous genres, couplets chantés et refrains hurlés se déploient dans une farandole métronomique. Ajouter à cela une identité visuelle forte (logo du groupe, pochettes) et on obtient une formule qui s’exporte idéalement sous forme d’instruments virtuels. Et si le hard était ce que le rock avait inventé de mieux pour combattre la crise ?

Problème : une foultitude de groupes n’ont clairement pas le profil pour se plier à ce genre d’exercice. On imagine mal voir les standards du jeu s’accorder avec le post-rock d’un Mogwai ou les tricotages compliqués d’un Animal Collective. Même si les choses sont susceptibles de changer (il y a du Bob Dylan dans le dernier Rock Band !), les combos un peu décalés, pas dans la norme, resteront encore en dehors du coup. Peut-être faudrait-il qu’un Trent Reznor boulimique de technologie (voir sa récente affaire avec l’I-Phone) se penche dessus ou que Radiohead, jamais avare d’un grand-écart pour faire parler de lui, considère sérieusement le sujet pour voir le support évoluer. On imagine d’ici les conversations : "Comment t’as fait pour plier "Paranoid Android" en mode expert ?" - "Facile, tu finis la piste de laptop, ensuite tu vois l’œil torve de Thom Yorke clignoter, à ce moment-là tu passes en mode "nerdy experimentator" et tu martèles la touche X jusqu’à passer le pet de Colin Greenwood dans une clarinette en mode reverb et voilà, tu débloques une version inédite de "Knives Out" en polyphonies corses !" - "Wouah !"


Pour des raisons pratiques aussi bien que financières que chacun pourra facilement comprendre, la vie de rock-critic bénévole et intermittent n'étant pas ce qu'il y a de plus lucratif dans le genre, le présent dossier n'abordera que le côté "guitare" des jeux. On sait bien qu'il existe toute la panoplie du parfait petit groupe de rock virtuel et même des platines pour mixer (DJ Hero), mais laissez-nous simplement nous délier les doigts avec ces manches factices. Pour le reste on verra plus tard. Et de la même façon, la plupart des jeux ont été testés sur Wii, non reliée à Internet. Donc pour les packs de chansons supplémentaires disponibles sur le net, passez votre chemin. Le but étant simplement de faire un rapide tour d'horizon du phénomène, histoire de voir l'ampleur des dégâts. Parce que les gamers purs et durs ne nous auront pas attendus. Et qu’on s’en félicite ou qu’on s’en moque, il est encore trop tôt pour dire si ces karaokés de luxe ne seront qu’une mode éphémère ou s’ils pénètreront de façon plus profonde le petit monde de la musique.

Guitar Hero ou Rock Band, choisissez votre camp. A moins que vous ne préfériez les alternatives qui fleurissent un peu partout. Le XXIème siècle sera digital ou ne sera pas.
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