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Interview du groupe Ange


Jules, le 21/11/2021

Juste avant leur concert au Forum de Vauréal, Ange a accordé quelques minutes à AlbumRock pour évoquer la carrière du groupe au fil des ans et leur processus créatif. Echange avec Hassan Hajdi (guitare), Thierry Sidhoum (basse), Benoit Cazzulini (batterie), Tristan Décamps (claviers, chant) et Christian Décamps (chant).


AlbumRock : Quel était votre vision d'Ange et votre rapport au groupe avant votre intégration ?


Hassan Hajdi : J'en avais beaucoup entendu parler mais j'avais très peu écouté Puis, j'ai été contacté par Tristan car il avait écouté un album sur lequel j'avais joué. Comme il a vu que j'étais un excellent guitariste (rires), il m'a proposé d'intégrer le groupe. J'étais spécialisé dans le funk et je voulais faire autre chose. Mon entrée dans le groupe a été un changement total de perspective de vie, pas uniquement sur la musique. J'ai commencé à tout voir différemment. Je sentais qu'il y avait une place énorme pour moi, le champ était très large.


Christian Décamps : Et sexuellement aussi !


Hassan Hajdi : Ah oui, car cela m'a permis de rencontrer ma femme quand même ! Blague à part, le fait d'accéder à la création artistique était aussi une chance incroyable.


Thierry Sidhoum : J'ai l'impression que c'est le cas pour nous tous. On jouait tous dans des petits groupes différents mais sans avoir de vraie projection comme nous avons dans Ange qui est une machine à créer et à rêver.


Benoit Cazzulini : C'est aussi une école, ça nous a tous éduqués artistiquement en fait, sachant que je suis entré à 22 ans. On n'a pas le droit à la médiocrité parce que le groupe nous pousse à donner le meilleur de nous-même sans rester sur nos acquis.


 


AR : La formation actuelle est la plus stable, qu'est-ce qui explique cette stabilité ?


HH : Un talent hors-norme (rires) !


TD : Si la recette existait ce serait génial...


BC : L'entente humaine est vraiment importante là-dedans. On a tous quelque chose qui nous rapproche. On s'entend vraiment bien tous ensemble et on a envie d'avancer tout le temps.


CD : Même si un sujet de divergence venait à se poser, on en discuterait cartes sur table, naturellement. Il y a toujours des petites frictions dans les périodes de composition mais c'est toujours sain. C'est comme un couple, on se prend la tête mais on s'aime.


 


AR : Comment vous avez décidé de réinterpréter les classiques du groupe des années 1970 ?


TS : On ne les a pas tant changé que ça et je pense qu'on ne se pose pas vraiment la question.


TD : Par exemple, Capitaine Coeur de Miel n'a rien à voir avec l'original parce qu'on l'a fait murir avec le temps. C'est l'exemple-type ce morceau. On prend le meilleur de chaque soir, on pratique énormément et au bout d'un certain temps, on arrive à la quasi-perfection.


BC : Certains morceaux se prêtent davantage à des réinterprétations que d'autres. Sur La Trace Des Fées par exemple, on n'y touche pas vraiment car il n'est pas nécessaire d'y toucher. Pourquoi changer ce qui est déjà parfait ?


CD : D'autres artistes avaient quand même modifié ce morceau, Jean-Pascal Boffo, donc au final c'est possible... Réveille-toi change totalement car Tristan l'interprète.


BC : La technique aussi a son importance. On n'a pas les mêmes moyens techniques et les mêmes sons qu'à l'époque, donc il y aura forcément un changement sur les morceaux des années 1970. Ce qui est important c'est au final de garder une cohésion et que l'alchimie fonctionne.


 


AR : Sur "Quasimodo" en live, on croirait que c'est de l'improvisation, est-ce que vous vous laissez aller ?


CD : On l'a composé pour 3eme étoile à gauche. Moi j'avais composé à la guitare acoustique le thème principal et Tristan avait composé un autre thème qui fait la transition. C'est une vraie composition à deux au cours duquel les autres sont venus participer pour les arrangements. Ce morceau sert de passerelle entre la musique de la première génération et celle de la deuxième.


TD : Si tu écoutes dix versions, il y aura toujours des moments différents. Mais on a des repères ce qui permet de cadrer tout ça et de nous laisser aller.


TS : Quand il y a du chant, on reste assez cantonnés par les parties de voix, on ne peut pas trop se permettre de se laisser aller. Tristan et Christian changent aussi leur façon de chanter. Dans Quasimodo, c'était jamais vraiment la même chose.


TD : Sur ce titre oui. certains soirs c'était génial, d'autres non. Je me souviens qu'à Compiègne j'avais eu l'idée de partir en live sur des vocalises et on s'est rendu compte qu'il y avait quelque chose à faire pour encore perfectionner le morceau.


CD : On change tous les soirs notre façon d'étendre ou de réduire les morceaux. Au final on réinterprète tout le temps.


BC : On s'adapte aussi beaucoup à chaque soir et aux envies de chacun. certains soirs on sera plus agressifs car l'humeur globale s'y prête et d'autres soirs on s'adoucira davantage. Tout est dans l'humeur, même si les morceaux ont une base. Des fois on va pousser sur cinq grilles ou sur dix. C'est surtout de l'écoute. Il ne faut surtout pas qu'il y ait de lassitude.


 


AR : Cela n'a pas été trop dur de façonner le setlist ? Comment vous l'avez faite ?


TD : Pendant un an j'ai recueilli les titres qui étaient les favoris des fans entre les incontournables, les morceaux jouables et les autres qui sont davantage des bonus. Une fois que j'avais la liste, je l'ai montrée à Christian et on en a parlé. Sachant que j'ai fait une liste spéciale pour le Trianon qui était LA soirée anniversaire. Et puis pour le reste de la tournée, on a du faire des choix... J'ai beaucoup pris en compte l'avis des gens. Mais c'est délicat parce que rien qu'avec les incontournables tu peux en avoir pour six heures de concert (rires). C'est comme le montage d'un film, on a un temps limité et on doit tailler dans le dur. L'essentiel était de représenter chaque période du groupe en prenant en compte l'avis des fans.


 


AR : Si vous deviez conseiller un néophyte, vers quel album vous pourrirez le diriger ?


TD : L'idéal est d'écouter tout en commençant par les années 1970 et suivre le fil chronologique.


BC : Ou faire l'inverse, car c'est compliqué de remonter directement dans les années 1970, il faut être averti quand même. Moi j'ai connu Ange à partir de Christian Décamps et Fils dans les années 1990 et je suis remonté à l'origine. Mais c'est un avis personnel.


HH : Pour les jeunes, écouter les disques de la deuxième génération serait peut-être plus facile en effet.


TD : Mon fils qui a quinze ans, connaît l'ensemble de la carrière du groupe mais ce qui l'a marqué c'est tout le délire des années 1970.


BC : Au final, on pourrit dire Guet-Apens qui marque la transition entre deux sons. C'est un bon compromis.


CD : C'est certainement lié au changement de line-up aussi. Chaque musicien a beaucoup apporté, et il y en eu beaucoup, au moins 25 !


TD : Au final, dire qu'Ange est dans sa deuxième génération est une bêtise. Avec tous les changements de personnel et de sons, on en est au moins à la septième ! Et on ne s'imagine pas ce que les mecs des années 1980 ont amené musicalement. Des gens comme Laurent Sigrist et Didier Viseux sur la basse ont amené un groove qu'il n'y avait pas avant. Thierry a aussi la philosophie des années 1970, il a la rondeur du jeu de Daniel Haas et le groove de ces bassistes des années 1980.


TS : C'est vrai que la ligne de basse sur Vu d'un Chien a vraiment changé, c'est plus groovie et funky qu'avant. La cocotte de la guitare attire le basse/batterie vers un côté groovie et funky alors que ça sonne très hard rock à la base !


 


AR : La discographie d'Ange montre que plusieurs styles cohabitent les uns avec les autres, pas trop dur de s'y retrouver ?


BC : S'il faut être métal, on est métal. Si on veut être jazz, on sera jazz. C'est très ecclectique.


HH : C'est ça qui m'a attiré d'ailleurs quand je suis arrivé. Je savais que je m'ennuierai jamais. C'est peut-être ça que les médias nous boudent, parce qu'on est inclassables.


TS : En allant au-delà de la musique, les textes aussi ont leur importance et prennent une place folle dans la composition. Initialement on compose des choses en posant dessus en yaourt un peu franglais. Une fois qu'on a tout joué, on découvre ce que Christian va nous donner en paroles et on enregistre. Quand tu finis d'enregistrer un album, il ne t'appartient plus, tu le laisses un peu. Et puis tu réécoutes ensuite des années après et tu es bluffé par le niveau de composition et d'écriture.


HH : Comme Troisième Etoile A Gauche. Cet album-là est une œuvre à part entière, complètement visionnaire, et je m'en suis rendu compte dix ans après.


CD : "Approximatif Univers" sur le même album est très anglais en fait. Chez Ange on aime davantage les anglais que les américains. King Crimson, Procol Harum, Who...


 


AR : Merci à vous en tout cas et bon concert !


TS : Merci à toi, cela devrait rouler !

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