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Interview Hollywood Porn Stars


Louis, le 29/08/2007
C’est attablé à un bar parisien qu’Albumrock a rencontré les Belges du groupe Hollywood Porn Stars. Autour de boissons frelatées, Anthony Sinatra, chanteur du groupe, et Michael aka Redboy, guitariste et seconde voix, nous parlent de leur nouvel album, Satellites, sorti fin août. A quelques semaines de leur venue en France, un moyen d’en apprendre encore un peu plus sur ce groupe prometteur.


Nerveux, urgent, à l’essentiel... ce sont les premiers mots qui ressortent de Satellites. C’était une volonté du groupe dès le début ou c’est les chansons elles-mêmes qui l’ont imposé ?

Anthony Sinatra : On savait que le but de ce projet était de se laisser aller, de se déchaîner, de sortir les guitares électriques. Faire subir à ces morceaux pop ce traitement rock. On a enregistré rapidement en 12 jours.


En composant vos chansons en conditions live, vous pensiez forcément à leur rendu sur scène ?

AS : On ne pensait pas vraiment à une configuration concert, en s’imaginant devant un public et en tentant de recréer cette énergie live. On voulait surtout être au maximum ensemble et pouvoir tempérer, avoir des moments d’acalmie, réussir à poser les morceaux et essayer de procéder à ces changements ensemble. Le but était de se mettre complètement au service du morceau. On savait qu’on faisait un disque, et pas un concert. Le but n’était pas d’enregistrer live comme pour attirer le public, mais plutôt de pouvoir donner aux chansons le relief dont elles avaient besoin.


"Andy", votre premier single, a une ambiance bluesy et vraiment rock n’roll, qui sonne un peu Black Rebel Motorcycle Club. Vous sentez-vous pleinement intégré à cette scène indie rock pur jus ?

AS : On écoute énormément ces groupes là, on avale et digère pas mal de musiques. On n’avait pas vraiment d’objectif, être entre ceci et cela, selon les idées on y allait.


A part quelques titres, on sent une ambiance moins rock n’roll que sur le premier album. Une écriture, une ambiance un peu plus sombre avec des titres comme "Diamonds" ou "Young Girls". C’était une volonté du groupe ou ça s’est fait tout seul ?

AS : On savait qu’on n’allait pas faire le même que le premier, on ne voulait pas d’une copie. On voulait tenter un truc qu’on n’avait pas encore fait. Ca passait par l’écriture de morceaux plus posés, plus sérieux. Intégrer moins de clichés. On débarquait et Year of the Tiger c’était un peu pour nous un fourre-tout de ce qu’était le rock. On a pioché dans toutes nos influences. On n’hésitait pas du tout à passer d’un beat un peu funky à des guitares énormes. Pour celui-ci on voulait quelque chose de plus précis, raconter une histoire. Un son un peu plus serré, une ambiance, on voyait ça comme un album, vraiment. Faire en sorte qu’il soit le plus cohérent possible dans les thèmes, dans le son et dans la façon de l’enregistrer.

Redboy : Dans le choix des chansons aussi, au début on avait pas mal de titres, une trentaine de maquettes, 21 au moment d’entrer en studio, on en a gardé 16 au remixage. Plein de morceaux qu’on aimait bien mais qu’on n’a pas mis sur l’album. On voulait un tout cohérent du début à la fin mais on a gardé des chansons pour plus tard. Un peu à la différence du premier où très rapidement les morceaux dont on était satisfait se retrouvaient sur l’album. Là on a vraiment pris le temps et le recul nécessaire, avant d’entrer en studio on savait déjà où on voulait aller, choisir les chansons, contrôler l’intensité des titres.


Ce nouvel album est un tout cohérent qu’on peut écouter tout le long. Tandis que sur Year of the Tiger, votre premier disque, c’était plus compliqué, tout ne se ressemblait pas, rendant l’écoute plus difficile.

AS : C’est clairement ça, ce que je te disais, le premier c’est un espèce de fourre-tout, des choses qui nous tentaient, nous plaisaient. Pas vraiment une recherche de style. On avait vraiment envie de faire un disque, pour nous c’était très important de ne pas s’ennuyer à l’écoute de l’album. Chaque morceau était différent, apportait quelque chose en donnant un indice supplémentaire sur le son d’Hollywood. Ensuite c’est notre son, notre attitude qui fait le boulot dans le sens où l’on reconnaît que c’est le même groupe derrière. Sur celui-ci on avait très envie que les gens écoutent ça d’un trait sans sortir de l’ambiance du disque. C’est pour ça qu’on a commencé avec "Andy" qui fait un peu le lien avec le premier album.


Quel a été l’apport de John Goodmanson au mixage ? Pas mal de gros groupes sont passés entre ces mains (Sleater Kinney, Blonde Redhead, the Gossip…), c’est pas n’importe qui !

AS : On est ravi du travail qu’il a fait. Sa mission était en gros de pouvoir respecter nos choix, de garder la spontanéité des prises faites live en studio. Il avait un jour pour mixer chaque titre, c’était très risqué, le mix étant une des étapes les plus importantes et les plus difficiles dans la fabrication d’un disque. On était à chaque fois bluffé, il était toujours sur le même terrain d’entente que nous, il réussissait parfaitement à garder les points forts, à identifier les défauts.
RB : Il a réussit à garder la ligne directrice qu’on avait pour l’enregistrement. On avait l’impression qu’il était dans la pièce avec nous. Pas trop de production, pas surproduit, tout a été joué en live, chaque instruments que tu entends. A la différence de notre premier album où l’on avait passé deux mois à bricoler tout les 4 dans notre chambre sur les chansons enregistrées. Il a réussi à retenir la caractéristique de chaque chanson et la mettre en avant, il a contribué à mettre en place l’atmosphère de l’album.
AS : Et il nous a donné une certaine confiance, c’était un type qui bosse avec des groupes qu’on adore, nous on était convaincu de notre album donc le fait que lui le soit aussi était vraiment encourageant. Il a fait le disque alors qu’il bossait sur plein d’autres trucs parce qu’il voulait vraiment le faire, c’était une vraie fierté.


Vous avez pu tester Satellites pour la première fois au festival Pukkelpop en Belgique il y a moins de 10 jours, c’était comment ?

AS : Les gens réagissent vraiment bien aux nouveaux titres et on attend vraiment de voir ce que ça donnera quand ils les connaîtront bien. Les morceaux sont plutôt évidents et l’énergie du concert finit le boulot.
RB : C’était bien même si certains titres sont plus posés qu’avant, plus calmes, moins à fond. Ca fait respirer le set, donne une autre intensité. C’est assez cohérent, on essaye que les gens rentrent dedans, toujours ce souci d’homogénéité.


Vous avez tous des side project, que ce soit un groupe (My little cheap dictaphone pour Michael ou Piano Club pour Anthony) ou au travers d’un collectif, Jaune Orange, dans lequel Eric est particulièrement actif (on y reviendra). N'y a-t-il pas un risque de manque de cohésion du groupe ?

AS : Perso justement ça aide à la cohésion, ça fait respirer, s’évader, on acquiert de l’expérience. Etre dans un groupe ça veut pas dire faire une seule musique, mais faire d’autres choses, découvrir d’autres gens. Je dis souvent que tu fais de la musique avec un groupe de potes et tu fais du foot le dimanche avec un autre groupe de potes, sauf que moi le dimanche je fais aussi de la musique. C’était une parenthèse assez saine finalement.


Vous êtes proches de groupes comme Malibu Stacy ou Girls in Hawaii, la scène belge est en pleine effervescence avec des groupes comme vous ou Ghinzu. Vous portez quel regard sur elle ?

AS : Y’a des groupes avec qui on est vraiment potes, d’autres plutôt collègues de travail. La Belgique est un petit pays donc quand tu commences a faire des concerts tu rencontres tout le monde quasi tout les week-ends. Tout le monde se voit, tout le monde se parle. On fait chacun son truc de son coté et personne regarde ce que le voisin fait, on évolue tous différemment. Le seul point commun c’est le territoire, on est belges, point. Maintenant quand on entend parler de scène rock belge ça nous ennuie un peu, dans le sens ou ça fait un peu effet de mode, étiquette, carte de visite. Quand tu présentes ça comme un phénomène de mode, pour nous la mode ça sert juste à s’en lasser.


A travers le collectif Jaune Orange, vous aidez pas mal de petits groupes de Liège à percer, ça vous tenait à cœur ?

RB : C’est un système d’auto promo. A la base c’est un portail Internet, où des groupes ayant les mêmes goûts musicaux et indépendants se sont mis ensemble. Après t’as les groupes pris sur des labels et ces groupes plus médiatisés vont faire parler des autres. Sur le site t’a des compilations ou tu trouveras des titres à nous à côté de titres de groupes moins connus. Liège c’est une petite ville, on est un peu tous potes, on organise souvent des concerts entre nous.

Collectifjaune-orange


Le public français pourra vous voir à la Boule Noire en octobre. Après les Vieilles Charrues ou Solidays, vous avez gardé un bon souvenir du public français ?

AS : Absolument, on a fait deux tournées plus des festivals, des souvenirs incroyables notamment en Bretagne avec les Vieilles Charrues. Assez impatient de venir jouer ici, voir un peu comment les français vont accueillir les nouvelles chansons.
RB : On reviendra en tournée fin novembre décembre en France après notre passage à la Boule Noire en octobre.
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Ohms


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2000. Après deux albums beaucoup plus bruts de décoffrage, Deftones sort son magnum opus, White Pony, considéré par beaucoup comme l’un des sommets indépassables de ce curieux courant musical aujourd’hui moribond qu’est (que fut ?) le nü métal, fruit de cette improbable alchimie entre les guitares ultra-distordues à la Meshuggah qu’affectionne Stephen Carpenter et la new wave des The Cure, Duran Duran et autres Bad Brain dont raffole Chino Moreno, lequel met dès lors un point d’honneur à tempérer ses hurlements par des phases chantées en apesanteur. Cette union des contraires permet au gang de Sacramento de survivre dignement alors que les Korn, Limp Bizkit, Incubus et autres Linkin Park mordent successivement la poussière, de gré ou de force. Vingt ans plus tard, que reste-t-il de la verve deftonienne, de cet entre-deux si saisissant, de cette bouillonnante association de talents ? Eh bien force est de constater que la machine infernale californienne fonctionne du feu de Dieu, et ce ne sont ni le précédent Gore, ni l’actuel Ohms qui viendront démentir cette affirmation, bien au contraire.

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