
Syd Matters
Brotherocean
Produit par


Deux ans après Ghost Days, Jonathan Morali fédère de nouveau son quintette autour d'un quatrième album doté d'un bel artwork rêveur et poétique. Deux adjectifs qui résument parfaitement l’atmosphère de douceur onirique qui règne sur Brotherocean, plus planant que son prédécesseur sorti trois ans plus tôt.
Comme à son habitude, le groupe marie des mélodies lentes et des arrangements sophistiqués mêlant guitares acoustiques et touches électroniques. Ce quatrième album est directement inspiré par la littérature à l'image du titre "Halascillag" qui renvoie au vaisseau fantôme de Gabriel Garcia Marquez ou encore "Sister River" qui évoque des images tirées du célèbre ouvrage de John Banville et nous plonge au cœur de l'univers marin.
Malgré quelques arrangements plus dynamiques comme ce piano pop de "Hi Life" ou encore les sursauts électro en seconde partie de "Rest", Brotherocean est un album très calme et les compositions sont toujours marquées par une mélancolie prégnante qui ne tombe jamais dans l'excès de pathos. Le chant sobre et traînant de Jonathan Morali est porteur d'un spleen gorgé de délicatesse qui s'exprime à travers de belles mélodies entêtantes à l'instar de celle qui règne en maître sur "A Robbery". Comme d'habitude, le groupe n'a pas son pareil pour nous servir des ballades folk enveloppantes à l'image de "Lost" ou de la ritournelle d'accords obsédante de "I Might Float". Sans oublier le plus beau titre de l'album, "We Are Invisible", doté de superbes parties instrumentales fantomatiques où l’acoustique et électronique se marient dans un superbe écrin de douceur mélodieuse.
De l'ouverture électro douce et lumineuse de "Wolfmother" à la longue pièce de plus de huit minutes "Hadrian's Wall" habitée par un jeu de percussions plus remuant, les titres s’enchaînent ainsi avec une grande fluidité jusqu'à la sympathique conclusion sifflotante de "One by One". Dernier album de Syd Matters (outre les projets parallèles et les bandes originales de films et de jeux vidéos) avant une longue période de pause, Brotherocean est un très bel album qui colle au style développé par les Français depuis le début des années 2000 et qui a permis de les installer comme chefs de file d'une scène folk française qui reste malheureusement trop souvent dans l'ombre.


















