
The Marshall Tucker Band
Long Hard Ride
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1- Long Hard Ride / 2- Property Line / 3- Am I the Kind of Man / 4- Walkin' the Streets Alone / 5- Windy City Blues / 6- Holding on to You / 7- You Say You Love Me / 8- You Don't Live Forever


Alors que Blackfoot et Outlaws enrichissent la scène sudiste et poursuivent leur ascension de façon convaincante, les groupes installés marquent le pas en 1976. Depuis la Floride, Lynyrd Skynyrd commence à tourner en rond avec l’honorable Gimme Back My Bullets, dont les réussites cachent mal les limites d’une inspiration qui s’affaiblit. En Caroline du Sud, The Marshall Tucker Band, un groupe dont on mesure mal désormais le succès qu’il pouvait connaître à l’époque, poursuit son œuvre avec un Long Hard Ride bien conventionnel.
La pochette, réalisée à partir d’une peinture de Frank C. McCarthy, donne le ton en rappelant leur univers inscrit dans les mythes de la Conquête de l’Ouest et des cowboys du XIXème siècle : elle illustre une volonté de jouer avec la tradition qui se trouve musicalement renforcée par la présence du violoniste Charlie Daniel, un invité régulier, et du banjo de John McEuen du groupe de country Nitty Gritty Dirt Band.
Et c’est bien ce genre musical qui est mis en avant dans ce sixième et court album aux compositions fort peu originales. On se surprend même à attendre la voix de Johnny Cash sur "Long Hard Ride", mais on aura plutôt droit à des soli de banjo et de violon qui font de cet instrumental une pièce plutôt mémorable.
Après cette introduction, les titres country s’enchaînent avec une dimension plus ou moins rock parfois nourrie par de belles lignes instrumentales à la guitare ("Property Line"), quand le groupe ne glisse pas doucement vers un registre soft-rock peu inspiré et sans originalité ("Walkin' the Streets Alone"), imitant même les Blues Brothers ("You Say You Love Me"), tant et si bien que les ballades deviennent un peu plus kitsch et passablement soporifiques ("Am I the Kind of Man", "Holding On to You" – sur lequel on notera un beau chorus de flûte suivi par une belle mélodie de guitare). Il arrive que l’esthétique initiale du groupe refasse surface, mais c’est de façon sporadique et toujours inaboutie ("Windy City Blues"). Il faut tout de même souligner le beau final "You Don't Live Forever", un titre country-rock qui évoquera tour à tour les Allman Brothers et Grand Funk Railroad.
Malgré ses limites, Long Hard Ride peut également apparaitre comme un album de transition vers le tournant plus grand public et soft-rock de Marshall Tucker Band, qui leur permettra de connaître un dernier succès historique avec Carolina Dreams en 1977.
À écouter : "Long Hard Ride", "Property Line", "You Don't Live Forever"

















