
Basht.
Poor Advice
Produit par
1- Dive / 2- Perfume / 3- Keira Knightley / 4- Terror TV / 5- Superchurch / 6- Vermilion Reptilian / 7- Circadia / 8- Moth / 9- Kids vs Guns / 10- Poor Advice


Après deux E.P et plusieurs passages remarqués sur la scène parisienne, les Irlandais de Basht. sortent leur premier album produit par Ali Chant, déjà connu pour ses collaborations avec Yard Act, Perfume Genius ou encore The Murder Capital. Pur produit de la rencontre entre l'indie rock et le post-punk, Basht. tire son épingle du jeu sur une scène irlandaise en pleine effervescence emmenée par le succès de Fontaines D.C avec un premier album coup de poing traversé par la colère et la désillusion.
Animé par une fougue protestatrice, le jeune quatuor aborde de manière frontale des thématiques de société brûlantes telles que la place des institutions morales en Irlande (en premier lieu l'Eglise), la maltraitance des enfants en période de guerre ou la manipulation de l'information par les médias télévisuels. La place de la jeunesse apparaît comme une préoccupation centrale pour le groupe qui souhaite se faire le porte-parole d'une génération qui tente de trouver sa voie face aux turbulences de l'époque et aux injonctions moralisatrices. Cette approche engagée est parfaitement retranscrite par le chant grave et frondeur de Jack Leavey, auteur d'une prestation très expressive dès les premières inflexions désabusées de "Dive" jusqu'au pamphlet habité "Kids Vs Guns" qui dénonce les violences subies par les populations civiles sur les théâtres de guerre actuels.
Le groupe fait ainsi régner sur chaque titre une colère sous-jacente marquée par la nervosité de la ligne de basse sur "Vermilion Reptilian", la tension sombre qui parcours "Circadia" ou le fracas final des lignes de guitares sur "Perfume". Si "Terror TV" s'avère relativement classique, le groupe décoche un véritable uppercut avec "Keira Knightley" (en référence au film Love Actually), pour le coup véritable tube en puissance qui s'avère diablement accrocheur et qui évoque la lente détérioration d'une relation amoureuse vers une forme de dépendance toxique.
Basht. sait également ralentir le tempo et alléger la saturation pour travailler des atmosphères qui touchent la fibre émotionnelle de l'auditeur à l'instar de "Superchurch" et sa belle montée en puissance ou encore "Moth" et sa mélancolie maladive survolée par un refrain puissant. En conclusion, le titre éponyme s'avère particulièrement prenant pour évoquer les addictions qui servent de refuge et permettent la fuite en avant pour une partie de la jeunesse mais également l'espoir qui subsiste pour remonter la pente lorsque l'on a pris les mauvaises décisions et écouté les "mauvais conseils".
Si à Dublin la concurrence est rude, Basht. possède une fraîcheur juvénile portée par un feu intérieur qui couve et une personnalité vocale affirmée. Le quatuor participe ainsi dès son premier album au formidable renouvellement de la scène rock irlandaise et justifie que l'on place le groupe parmi les formations à suivre de très près.
















