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Critique d'album

Witchfynde


Cloak and Dagger


(20/06/1983 - - NWOBHM - Genre : Hard / Métal)
Produit par

Note de 4/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Def Witchfard"
François, le 03/07/2026
( mots)

Alors que de nombreux groupes de la New Wave of British Heavy Metal naissante jouaient avec les codes du satanisme et de l’occultisme pour choquer la ménagère britannique, Witchfynde prend le diable et la sorcellerie avec le plus grand des sérieux – ce qui avec le recul pourrait les rendre plus risibles que Venom. En outre, le combo de Chesterfield avait fortement participé à l’essor du Metal britannique en envahissant les bacs dès 1980 avec deux albums remarquables, le sombre Give ‘Em Hell et l’éclectique Stagefright. Pourtant, cette productivité et la qualité des compositions n’avaient pas suffi à convaincre Rondelet Records d’apporter un réel un soutien au combo qui tournait tout de même avec le très populaire Def Leppard. Ces tensions avec le label poussent le chanteur Steve Bridges vers la sortie et plongent le groupe dans un long silence discographique jusqu’en 1983.


Avec Cloak And Dagger, le retour de Witchfynde se fait derechef sous le signe du pentacle et des rituels ésotériques sanglants : la pochette, préfigurant une certaine esthétique Thrash Metal (Slayer), les installe encore au banquet du Diable. D’ailleurs, l’univers horrifique est convoqué sur l’introduction mystérieusement effrayante de "The Devil's Playground", un titre assez riche en plans et interventions de guitare. On y découvre le chant plus élaboré de Luther Beltz qui s’adonne à de vraies montées dans les aiguës – pas toujours très maitrisées mais la NWOBHM séduit aussi par son côté artisanal. La dimension mystique demeure présente sur la conclusion "Fra Diabolo" et sur les parties Doom de "Cry Wolf", qui reprend Dans l'antre du roi de la montagne d’Edvard Grieg, le mouvement le plus fameux de Peer Gynt, encadrant le développement véloce dans une veine Priest-ienne et un chorus aussi bref qu’efficace.


Witchfynde soigne la qualité de son riffing, à la manière d’Accept sur "Crystal Gazing" (en alternance avec de beaux arpèges) voire à la limite du pastiche (réussi) de Judas Priest sur "I'd Rather Go Wild". Mais encore, le groupe tente une approche plus grand public, suivant le chemin tracé par Def Leppard ou Demon. Ainsi, on se délectera de tubes n’ayant jamais atteint ce statut (le superbe "Somewhere To Hide" ou "Living For Memories" qui mène un beau contraste entre le riff martelé et les arpèges) ou d’un midtempo comme "Cloak And Dagger" à la basse chaloupée, qui semble vouloir mêler Free à Saxon ("Denim and Leather"). La pertinence de ces titres peut aisément faire oublier la vacuité de "Stay Away", l’inscription trop 70s de "Start Counting" ou les détours AOR de "Rock & Roll", à mettre sur le compte de l’esprit du temps et d’une seconde face un peu moins inspirée.


L’histoire n’aura pas vraiment retenu le potentiel de Cloak And Dagger, desservi par l’effondrement financier du label Expulsion Records qui condamne Witchfynde à une nouvelle errance jusqu’à Mausoleum Records où sera publié leur dernier opus, le mal-aimé Lords of Sin (1984).


À écouter : "Crystal Gazing", "Somewhere To Hide", "Living For Memories", "Cry Wolf"

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