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Critique d'album

Bjorn Riis


Forever Comes to an End


(19/05/2017 - - Rock progressif - Genre : Autres)
Produit par

Note de /5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"While my guitar gently weeps"
Quentin, le 02/11/2026
( mots)

Si le travail en solitaire de Bjorn Riis ne s'écarte pas fondamentalement de la musique prodiguée par le vaisseau mère Norvégien Airbag, il possède une sensibilité propre et permet d’apprécier pleinement le jeu subtil et mélancolique du guitariste.


Pour ce album paru en 2017, Bjorn Riis voit les choses en grand avec un concept album ambitieux qui s’attache à retracer les différentes étapes d'une rupture sentimentale. Une thématique qui, à défaut d'être très originale, permet d'alterner efficacement entre les longues plages atmosphériques très mélancoliques qui font ressortir le poids du deuil amoureux et des passages plus rythmés qui laissent davantage de relief à l'expression de la colère et de l'amertume. Au cœur des compositions, la place laissée à l'expressivité du jeu de Bjorn Riis est bien sûr prépondérante et les guitares se font tour à tour menaçantes, plaintives ou majestueuses avec cette sensibilité héritée de Pink Floyd, David Gilmour restant l’influence la plus palpable sur ce disque.


Guidé par un même fil conducteur émotionnel, l'album passe au crible les différents stades psychologiques de la séparation et projette d'entrée de jeu l'auditeur au cœur d'une tempête d'émotions qui s'ouvre par un riff rageur. La rugosité de l'entame tranche avec la douceur de refrains qui permet d'apprécier le chant détaché du Norvégien avant l'inévitable solo aérien doté de son phrasé expressif et de son vibrato reconnaissable. Après ce premier orage tumultueux, "Absence" laisse s'installer un sentiment de vide avec un piano qui occupe le premier plan et qui semble résonner dans un silence oppressant, avant d’introduire la lente élégie de "The Waves" et sa mélodie au temps suspendu avec comme toile de fond le ressac des sentiments.


Bjorn Riis livre ensuite avec "Getaway" une très belle composition instrumentale, fuite en avant visant à s'éloigner de la douleur portée par une boucle électro/claviers à la Archive puis un final nimbé de nappes de synthés et de riffs ténébreux qui rappellent davantage les atmosphères de Porcupine Tree. Une parenthèse de douceur offre un répit au milieu de la tempête sur "Calm" avant le long morceau épique qui constitue le plat de résistance de ce second opus. Pensé comme un dialogue entre Bjorn Riss et la chanteuse Sichelle Mcmeo Aksum, où les êtres séparés nourrissent leurs regrets et imaginent les possibilités d'un autre avenir, "Winter" prend le temps d'instaurer son spleen cafardeux et offre de très beaux contrastes entre montées en puissance et moments de recueillement (dont une coda très convaincante avec un jeu de guitare un peu jazzy qui fait son effet). Enfin, "Where Are You Now" referme l'album avec beaucoup de délicatesse. Le chant feutré, toujours en retenue de Bjorn Riss fait des merveilles pour évoquer la solitude jusqu'à ce qu'un dernier solo de guitare exprime ce que les mots ne savent plus dire.


Forever Comes to an End est certainement le plus bel album de Bjorn Riss, surpassant peut-être même sa discographie au sein d'Airbag par sa robustesse, sa cohérence et sa sensibilité mélancolique. Un très beau disque qui saura parler même à ceux qui sont heureux en amour.

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