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Critique d'album

Lunar Shadow


The Pall Of A Past World


(08/04/2026 - - Heavy Metal revival - Genre : Hard / Métal)
Produit par

Note de /5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Brouillard sur les hauts des Galgals"
François, le 19/08/2026
( mots)

Après une trilogie remarquée (car remarquable) par les amateurs de la New Wave of Traditional Heavy Metal, le groupe allemand Lunar Shadow avait mis en silence son Metal classique aux guitares lumineuses et aux inclinaisons progressives. Entre temps, la formation s’était petit à petit transformée en projet soliste du charismatique Max Birbaum, multi-instrumentiste à l’inspiration débordante, désormais seulement accompagné du batteur Jonas Zeidler (et sur cet album d’un certain Chris Splith aux synthés).


Seul aux commandes, le musicien commence également à affirmer ses convictions politiques pour faire de Lunar Shadow la pointe avancée de la branche antifa de la NWOTHM (aux côtés de Spell et Seven Sisters), ce qui n’est pas sans conséquences logistiques. En effet, par souci de cohérence, l’artiste boycotte ouvertement les plateformes ("techno-fascistes" ?) à l’exception de bandcamp, et affiche une forte volonté d’autonomie (sans tomber dans le DIY) au prix de difficultés d’approvisionnement pour son public. En outre, Lunar Shadow avait créé la surprise en annonçant au dernier moment la sortie de The Pall Of A Past World à l’aide d’une magnifique pochette digne du neuvième art.


Malgré ces évolutions, Lunar Shadow continue de proposer de longues pistes metalliques aux inclinaisons progressives, parfois atmosphériques, où les guitares brillent de mille feux dans des développements mélodieux. Non sans surprise, l’excellent "The Cormorant" commence par quelques notes de koto, un instrument traditionnel japonais rarement usité dans ce contexte musical, pour dévoiler des mélodies mélancoliques portées par un chant poignant à la frontière de la pop – on évoquera volontiers Year of the Goat pour dresser un parallèle pertinent. Surtout, les magnifiques lignes de guitare aux développements variés, ne cessent d’être épiques et surprenantes (un court passage pourrait être qualifié de Camel-ien pour son osmose avec les claviers), une caractéristique qui fait la grande qualité de l’opus.


Par la suite, les oiseaux et la guitare acoustique pavent le chemin de "The Ventures Of Bombadil", dont le titre fait heureusement référence à l’univers de Tolkien. Les riffs orientalisants sont plus propres à la grammaire du Metal progressif mais Lunar Shadow retrouve vite sa touche si particulière grâce aux mélodies du chant, très dansantes lors du final, et surtout, grâce à ses digressions guitaristiques. Toutes les pistes ne sont pas d’une longueur impressionnante : "The Long Sleep" mène, après une introduction atmosphérique, une cavalcade plus véloce et agressive quoique toujours subtile dans ses développements instrumentaux. Plus bref, "The Reveries Of God" est un bon morceau de Heavy traditionnel qui demeure néanmoins le moment le moins original de l’opus.


Cependant, l’album se conclut en grande pompe sur un diptyque épique. "The Red Lion" d’abord, dont les notes acoustiques sur fond de bruits océaniques laissent vite la place à des développements mélodiques homériques, puis à l’un des riffs les plus extrêmes de l’album immédiatement contrebalancé par des arpèges progressifs. Ensuite, l’ouverture de "The Sun Crusher" balance entre Metallica et Dream Theater période Train of Thought (2003), jouant sur les dissonances désaccordées, prélude à une pièce très progressive (elle est d’ailleurs la plus longue piste avec pas loin de 12 minutes au compteur), où s’affirment les synthés et où s’alternent les riffs et les parties variées. Le groupe prendra même de court l’auditeur avec un ultime solo bluesy sans saturation en guise de conclusion.


C’est donc bien l’underground qui offre encore les meilleures productions musicales, et c’est dans l’ombre que brille encore davantage Lunar Shadow.


À écouter : "The Cormorant", "The Red Lion", "The Ventures Of Bombadil"

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