
Tank
This Means War
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1- Just Like Something From Hell / 2- Hot Lead Cold Steel / 3- This Means War / 4- Laughing in the Face of Death / 5- If We Go (We Go Down Fighting) / 6- I (Won't Ever Let You Down) / 7- Echoes of a Distant Battle


Les amateurs du cinéma horrifique des années 1980 seront certainement saisis par l’introduction aux claviers de "Just Like Something from Hell", qui nous transporte immédiatement vers les plus terrifiants univers de John Carpenter à travers les ondes de Tangerine Dream enrobant gracieusement les notes de guitare saturée. Les amateurs de Tank seront un peu plus surpris d’un tel raffinement, qui n’est pas exactement ce à quoi le groupe, souvent comparé à Motörhead, les avait habitués. Mais ils seront vite rassurés par le riff énergique et véloce qui s’inscrit dans le pur registre de la NWOBHM, quand bien même le refrain tenterait quelques variations entre les riffs. En outre, les plus de huit minutes au long desquelles s’étire le titre, se trouvent avant tout justifiées par le dialogue des guitares soliste virtuoses à la Ted Nugent et par un deuxième chorus en conclusion.
Cette légère évolution esthétique s’explique en partie par une révolution dans la composition de Tank : le power trio évolue vers le format quatuor avec l’arrivée d’un second guitariste, Mick Tucker. Celui-ci est issu de White Spirit, un excellent groupe de la NWOBHM dont l’ambition avait été de revisiter le Heavy prog’ à la mode des 80s. Pour Tank, cela signifiera une progression vers des titres plus longs, plus mélodiques, des compositions plus complexes et ambitieuses.
Mais This Means War n’est qu’un album de transition, si bien que le groupe ne montre encore que des signes avant-coureurs de son évolution. En effet, Tank se maintient souvent dans son registre initial, que ce soit sur "This Means War" ou sur "Laughing in the Face of Death", avec hélas, une légère baisse d’inspiration dans l’écriture des riffs par rapport aux deux premiers albums - un défaut certes souvent compensé par la richesse des soli ("I (Won't Ever Let You Down)"). Il faut tout de même souligner le savoureux "Echoes of a Distant Battle", qui sera judicieusement mis en avant en single, où Tank affirme derechef sa pertinence riff-esque.
Cependant, quelques nouveautés apparaissent ci et là. L’alliance épique des claviers et des guitares sur l’introduction de "Hot Lead, Cold Steel" contraste avec le premier âge du groupe, alors que le refrain s’approche de l’hymne capable de séduire le public américain sans que jamais ne soit abandonnée la rigueur du martellement metallique, même lors du changement de registre surprenant – mais bien fait – du solo. À l’inverse, "(If We Go) We Go Down Fighting" emprunte le chemin de Def Leppard sur le pré-refrain (quasiment AOR) et le refrain.
Bien qu’encore légère, cette évolution produit des désaccords au sein du groupe : si Algy Ward est convaincu de la nouvelle direction prise par le combo sous l’influence de Mick Tucker, Peter et Mark Brabbs décident de jeter l’éponge et de quitter le char d’assaut qui peut alors faire rouler ses chenilles hors de sentiers battus.
À écouter : "Hot Lead, Cold Steel", "Just Like Something from Hell", "Echoes of a Distant Battle"
















