
Venom
Black Metal
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1- Black Metal / 2- To Hell and Back / 3- Buried Alive / 4- Raise the Dead / 5- Teacher's Pet / 6- Leave Me In Hell / 7- Sacrifice / 8- Heaven's On Fire / 9- Countess Bathory / 10- Don't Burn the Witch / 11- At War With Satan (preview) / 12- Bursting Out (60 Min+ Version) / 13- Black Metal (Radio 1 Session) / 14- Nightmare - Radio 1 Session / 15- Too Loud for the Crowd (Radio 1 Session) / 16- Bloodlust (Radio 1 Session) / 17- Die Hard (12 / 18- Acid Queen (12 / 19- Bursting Out (12 / 20- Hounds of Hell (Outtake)


Cette chronique est rédigée en hommage à Cronos (Conrad Tomas Lant), chanteur et bassiste historique de Venom, qui est définitivement parti en guerre contre Satan le 1er octobre 2026 – Rot in Peace.
La force de la New Wave Of British Heavy Metal (NWOBHM) tient moins en la qualité intrinsèque des albums qui ont marqué son épopée qu’en sa nature de catalyseur des dynamiques du Metal à venir. Moment fondateur du genre, ou du moins de son autonomie vis-à-vis du rock, la NWOBHM est le tronc à partir duquel les multiples branches metalliques se déploient dans la deuxième moitié des années 1980 : Glam Metal, Thrash Metal, Death Metal, Black Metal, Doom Metal, tous ces courants ont revendiqué l’héritage de la nouvelle vague britannique.
Du côté du Metal extrême, c’est Venom qui jouira d’une solide réputation et du statut d’ancêtre prestigieux : le groupe aura même popularisé l’expression "Black Metal", du titre de leur deuxième album, même si d’un point de vue musical, il n’a jamais donné dans cette esthétique intransigeante. Si leur musique est sombre, c’est plutôt du fait d’une production volontairement crue et caverneuse (notamment sur Welcome to Hell) que les pionniers du Black Metal reproduiront, de quelques fantaisies ésotériques qui évoquent vaguement la scène extrême, et surtout de thématiques sulfureuses (satanisme, sorcellerie) qui demeurent avant tout des provocations carnavalesques. Là se trouve l’héritage de Venom.
Car ses compositions s’inscrivent pleinement dans la dynamique de l’Angleterre du Nord Est, qui reproduisait le style agressif et rudimentaire de Motörhead. Cela est très sensible sur "Heaven's on Fire" ou "Raise the Dead", mais également sur "Teacher's Pet" - avec plus d’humour et un interlude bluesy. Éventuellement, Venom offre un surplus d’agressivité à cette base esthétique ("Sacrifice") tout en jouant sur les variations rythmiques ("Leave Me in Hell").
Doté d’une production un poil supérieure à celle de Welcome to Hell, Black Metal propose également plusieurs titres mémorables sur ses deux faces (divisées entre la première – Black – et la deuxième - Metal). L’inaugural "Black Metal" expose une version véloce de la NWOBHM, avec un refrain hymnique chanté hargneusement mais sans growl : son titre aura une influence forte sur l’avenir de la scène extrême, tout comme "Countess Bathory" auquel un célèbre groupe suédois pionnier du Black Metal rendra hommage plus tard. De fait, il s’agit peut-être du morceau le plus réussi de l’album.
Toujours brutalement martelée, la musique de Venom n’en est pas moins dotée de subtilités ésotériques qui permettent à plusieurs pièces d’entrer dans la postérité : un solo orientalisant par-ci ("To Hell and Back"), des introductions cinématographiques (de l’excellent "Buried Alive") ou plus épiques ("Don't Burn the Witch") par-là. Enfin, le narratif "At War with Satan (Preview)" offre un avant-goût de l’album-concept à venir (At War with Satan, 1984), que Cronos avait déjà depuis longtemps à l’esprit et qui verra finalement le jour deux ans plus tard. Selon nous, la bande annonce met l’eau à la bouche – même si cette évolution du groupe aura bien des détracteurs.
Dans son économie globale, Black Metal n’est pas un opus si inventif que cela, mais il dispose de moments suffisamment forts, portés par un univers transgressif et une interprétation (production incluse) originale, pour entrer dans la légende du Metal en tant que jalon fondateur de cette épopée.
À écouter : "Black Metal", "Buried Alive", "Sacrifice", "Countess Bathory", "Don't Burn the Witch"
















