
Omen
The Curse
Produit par Bill Metoyer
1- The Curse / 2- Kill On Sight / 3- Holy Martyr / 4- Eye of the Storm / 5- S.R.B. / 6- Teeth of the Hydra / 7- At All Cost / 8- Destiny / 9- Bounty Hunter / 10- The Larch


Là où s’agissant du Heavy Metal traditionnel et épique américain, le grand public pensera uniquement, ou presque, à Manowar, les amoureux du genre s’évaderont à sa moindre évocation, dans un univers fait de pochettes aux airs de Donjons & Dragons et de riffs épiques mal enregistrés, mal produits mais irrésistibles. Un monde foisonnant mais définitivement underground, où se meuvent des protagonistes de l’ombre tels Manilla Road, Cirith Ungol, Jag Panzer ou Brocas Helm.
La Californie a été une terre particulièrement fertile pour les formations adeptes du style, qui s’y sont multipliées bien que leur popularité n’ait jamais concurrencée celles du Thrash Metal ou du Glam Metal. On peut le déplorer en citant l’exemple d’Omen, dont les trois premiers albums sont pourtant magistraux, depuis l’inaugural et définitivement culte Battle Cry (1984), suivi par le formidable Warning of Danger (1985) trop sous-estimé, jusqu’à The Crurse (1986) qui parachève un triptyque d’une valeur incommensurable. Pourtant, le groupe n’est célébré que par la communauté des amateurs de Heavy traditionnel, certes investie et zélée, mais réduite.
Ici, Omen obtient le résultat le plus abouti de son art, le plus inscrit dans l‘esthétique du Power Metal sans renier l’influence matricielle de la NWOBHM. Ainsi, "The Curse" commence avec la grandiloquence d’Iron Maiden, puis opère une transition épique pour gagner les terres connues du groupe, qui apparaitront ici familières aux amateurs de Manowar. Véloce et intransigeante, la malédiction a quelque chose d’inéluctable, tout comme l’enchaînement – le déchaînement - du martial "Kill on Sight", du midtempo aux arpèges intenses "Eye of the Storm", de l’infatigable "At All Cost" aux guitares hérissées et au refrain particulièrement mémorisable. L’ensemble est toujours porté d’une voie de maître par l’interprétation impressionnante J.D. Kimball, au chant rugueux et inspiré. Toujours pertinent et en pleine maîtrise son propos, Omen ne descend jamais en dessous de l‘honorablement attendu ("Destiny" le bourrin "Bounty Hunter").
La Vierge de fer plane sur les lignes de basse et de guitare "Holy Martyr", tout comme "S.R.B." évoque nostalgiquement la grande époque des instrumentaux ornant les premiers opus d’Iron Maiden, avec une dimension Power Metal plus affirmée, jusqu’au changement d’ambiance qui, dans un ralentissement, est l’occasion de démonstrations mélodiques. Cette pièce est comme une introduction à l’un des plus grands titres du groupe, "Teeth of the Hydra" dont les premières lignes de guitare rappellent immédiatement "Seventh Son of the Seventh Son" – avant même que la pièce en question ne soit en gestation. Du reste, le titre s’avère finalement plus proche de Running Wild, mais surtout, c’est avec celui-ci qu’Omen impose son hymne.
Ainsi, The Curse conclut une trilogie remarquable, trois albums intégrés au panthéon du Heavy Metal épique américain, après lesquels Omen cesse d’exister dans sa composition historique – paraîtra encore un EP en 1987, Nightmares, mais cette ultime production avec Kimball demeure assez secondaire.
À écouter : "Teeth of the Hydra", "At All Cost", "The Curse"


















