↓ MENU
Accueil
Première écoute
Albums
Concerts
Cinéma
DVD
Livres
Dossiers
Interviews
Festivals
Actualités
Médias
Agenda concerts
Sorties d'albums
The Wall
Sélection
Photos
Webcasts
Chroniques § Dossiers § Infos § Bonus
X

Newsletter Albumrock


Restez informé des dernières publications, inscrivez-vous à notre newsletter bimensuelle.
Critique d'album

Behemoth


I, Scvlptor


(04/09/2026 - - Death-black polonais - Genre : Hard / Métal)
Produit par

Note de 3.5/5
Vous aussi, notez cet album ! (1 vote)
Consultez le barème de la colonne de droite et donnez votre note à cet album
Note de 3.5/5 pour cet album
"Des racines et des Hail (Satan)"
François, le 29/09/2026
( mots)

Alors que le pays de la Saint-Barthélemy et de Bétharram vient de recevoir en grande pompe, et en partie aux frais de la princesse, le chef spirituel d’une secte minoritaire, également monarque absolu d’un petit État à la démographie défaillante (mais au système bancaire solide), aucun média français de premier plan n’a cru bon de s’acquitter de son devoir de pluralisme en annonçant la parution du nouvel EP de Behemoth – de même qu’aucun représentant du gouvernement ne s’est présenté à l’un des concerts du groupe sataniste, ne serait-ce que par souci d’équilibre.


Pourtant, il semble que sur les terres de Voltaire et de la laïcité, un combo censuré et interdit de concert – comprendre privé de sa liberté d’expression et de conscience – dans plusieurs pays pour des motifs religieux relatifs au christianisme (Pologne, Inde) ou à l’islam (Turquie), pourrait avoir droit à un traitement de faveur. Mais en ces temps de papomania, les excès blasphématoires et sataniques de Behemoth permettent de nous faire prendre conscience par contraste, de l’obscénité des religions qui se parent de morale pour justifier la privation de libertés individuelles, l’assoupissement de la rationalité et parfois le meurtre des autres croyants et surtout, des incroyants.


Car qu’inspire le diable dans les malheurs du monde ? Rien, sinon de l’excellente musique.


Un beau jour, au cours de mes explorations au sein du Metal extrême, j’ai fini par tomber sur Behemoth qui m’avait toujours interpellé par sa démesure et ses prestations scéniques dantesques. La porte d’entrée fut The Satanist qui est désormais l’un de mes albums préférés : en 2014, cet opus ouvrait une nouvelle période pour le groupe voyant son blackened Death Metal prendre la dimension orchestrale, atmosphérique et incantatoire qui allait dominer son esthétique jusqu’à aujourd’hui. Si les puristes préfèrent toujours les albums précédents, de mon côté, en bon néophyte, je suis conquis par cette nouvelle ère qui est magnifiquement représentée au début du cet EP. D’abord, et avant tout, elle est sublimée par "I, Scvlptor", dont la cadence mesurée renforce la solennité ténébreuse, puis par "Lord ov the Horizons" qui joue du contraste entre le chant clair sur arpèges (qui n’est pas sans évoquer Tobias Forge) et les élans extrêmes à l’atmosphère pesante. Issu des chutes de The Shit Ov God (2025), "Begotten" apporte à la musique du groupe quelque chose de plus gothique qui penche du côté de Tribulation en beaucoup plus massif.


Pour Behemoth, cet EP est également l’occasion de revisiter ses racines et de rendre hommage aux pères fondateurs du genre, aux pionniers de la célébration musicale de la Bête. Ainsi, Behemoth invite Shagrath de Dimmu Borgir au profit d’une excellente reprise d’"In League with Satan" de Venom (Welcome to Hell, 1981) et offre une belle interprétation live "The Return Of Darkness and Evil" de Bathory (The Return…, 1985) captée à Athènes. Après les racines, ce sont les premières branches qui sont mises à l’honneur, puisque le groupe revisite deux anciens titres des années de 1990. Ici, la démo "Rise of the Blackstorm of Evil" (The Return of the Northern Moon, 1992) et "In Thy Pandemaeternum" (Pandemonic Incantations, 1998) sont remis au goût du jour, ou plutôt réinterprété dans des versions post-The Satanist. C’est une véritable réussite pour "Rise of the Blackstorm of Evil" qui gagne en grandiloquence, en subtilité et en intensité, pour s’affirmer comme le plus grand titre de l’opus.


En proposant un album explorant l’archéologie de l’esthétique du groupe, Behemoth fait aussi un point d’étape au cours du cycle ouvert il y a plus de dix ans et qui, de The Satanist à I, Scvlptor, est une longue messe noire sans faute.


À écouter : "I, Scvlptor", "Rise of the Blackstorm of Evil", "In League with Satan"

Commentaires
Soyez le premier à réagir à cette publication !