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Critique d'album

Demon


Night of the Demon


(00/06/1981 - - NWOBHM - Genre : Hard / Métal)
Produit par

1- Full Moon (intro) / 2- Night of the Demon / 3- Into the Nightmare / 4- Father of Time / 5- Decisions / 6- Liar / 7- Big Love / 8- Ride the Wind / 9- Fool to Play the Hard Way / 10- One Helluva Night / 11- Wild Woman (Bonus Track) / 12- On The Road Again (Bonus Track) / 13- Liar (Original 1st Recording Was Released On 7 / 14- Night of the demon (1988 Remix)
Note de 4/5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Rendez-vous avec la peur"
François, le 29/05/2026
( mots)

Cela fait longtemps que la chronique du premier album de Demon traîne dans un coin de ma tête. Comment mon exploration de la New Wave of British Heavy Metal pourrait être complète sans avoir abordé au moins un opus du plus fameux groupe de Leek, et a fortiori son premier essai - Night of the Demon ? Pourtant, j’étais et je demeure encore hésitant. Qu’est-ce qui me retient ?


Avant d’aborder cette question, rappelons que si Demon parvient à jouir d’une place aussi importante au sein de la geste de la NWOBHM, c’est-à-dire à entrer dans la catégorie des "formations qui comptent", c’est en partie du fait de son imposante discographie. Il faut reconnaître à Demon qu’avec quatorze albums, dont sept durant les années 1980, le groupe fait partie des rares formations à maintenir une activité aussi intense durant toute la décennie. Respect.


Une autre explication provient évidemment de son nom, dont la puissance évocatrice n’est seulement dépassée par Satan (himself). En outre, cette identité est parfaitement mise en forme sur la pochette, dont l’illustration est digne du meilleur (ou du pire) film de zombie de série Z des 80s, toutes tripes dehors. Cette ambiance cinématographique et horrifique est d’ailleurs parfaitement mise en musique sur la courte introduction "Full Moon". Mais il est des signes qui ne trompent pas : en 1957, un film avait déjà porté le titre Night of the Demon, qui sera à nouveau attribué en 1988 pour inaugurer une franchise à la limite du nanar.


Et en effet, ce nom, cet univers et cette discographie expliquent bien plus l’aura du groupe que sa musique plutôt insignifiante. Pour être magnanime, il convient de sauver le très bon "Night of the Demon", mélange de Nazareth et de Rainbow, en plus sobre, qui est un très bon tube magistralement servi par l’excellent chanteur du groupe, Dave Hill. Tout aussi réussi, "Into the Nightmare" témoigne d’un goût pour les mélodes AOR et dispose d’un super riff lors du solo, de même que le midtempo "Father of Time" joue la carte FM avec plus d’assurance jusque dans la voix suave de Dave Hill – sans compter qu’il propose un refrain accrocheur et un chorus attrayant (dans la lignée du Wishbone Ash des 80s - "Living Proof").


Malheureusement, le reste de l’opus est encore très marqué par le hard-rock de la deuxième moitié des années 1970, qu’il soit britannique ou étatsunien, et Demon s’en saisit avec peu d’imagination : par conséquent, la plupart des pistes s’avère assez quelconque, même si en toute honnêteté, nous pouvons reconnaître au groupe un certain savoir-faire (et quelques bonnes idées éparpillées çà et là), comme en témoigne le hard rock’n’roll "One Helluvah Night" et son refrain à la AC/DC. L’intérêt descend d’un cran à l’écoute du bluesy "Big Love", du glam-rock de "Ride the Wind" qui reprend les Rolling Stones sur son refrain, du Hard US de "Decisions", du mauvais UFO de "Fool to Play the Hard Way", ou du peu mémorable "Liar".


Alors, si comme Saxon, Demon avait surpris en sortant ce premier opus sur le label français Carrere (Sheila, Régine, Claude François), Night of the Demon est loin de satisfaire aux exigences formelles d’une nouvelle vague metallique. Or, cet album est peut-être leur meilleur, tant leur carrière est marquée par des errements, parfois inconsidérés, qui, à bien y réfléchir, mériteraient qu’on se penche sur son cas, ne serait-ce que pour saluer ces expérimentations incohérentes.


A écouter : "Night of the Demon", "Into the Nightmare"

Commentaires
DanielAR, le 29/05/2026 à 14:15
Avec mon pote Snake, le batteur du groupe dans lequel je jouais, je pense que nous avons écouté 2.000 fois les cinq premières minutes de cet album. Malheureusement, comme le souligne pertinemment le texte de la chronique, le reste ne vaut guère tripette. Mais quel pied que cette pochette, cette intro digne de la Hammer puis le titre en lui-même ! Merci pour le souvenir collector !