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Critique d'album

Kansas


Leftoverture


(21/10/1976 - Epic - Classic Rock - Genre : Rock)
Produit par Jeff Glixman

1- Carry on Wayward Son / 2- The Wall / 3- What's on My Mind / 4- Miracles Out of Nowhere / 5- Opus Insert / 6- Questions of My Childhood / 7- Cheyenne Anthem / 8- Magnum Opus: Father Padilla Meets the Perfect Gnat / Howling at the Moon / / 9- Carry on Wayward Son / 10- Cheyenne Anthem
Note de 5/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"Magnum Opus"
François, le 22/02/2026
( mots)

Il aura fallu plusieurs albums pour que Kansas parvienne à mettre au monde une version purement étatsunienne du rock progressif, genre musical initialement typiquement européen dont le succès américain peinait à se transformer en scène nationale indigène. Plus saturée et attachée au hard-rock, plus immédiate dans ses mélodies et ses lignes de chant, la version US du rock progressif avait de quoi séduire les masses tout en conservant sa complexité et son écriture exigeante.


Selon nous, Masque (1975) est le meilleur album du groupe, néanmoins, l’histoire et le public retiennent Leftoverture comme l’aboutissement du projet musical de Kansas et comme son premier véritable chef-d’œuvre. La pochette, magnifique et ancrée dans l’iconographie progressive, participe beaucoup au succès de l’album : l’élégance et la finesse du trait, les couleurs chatoyantes immortalisent un vieux scribe humaniste, sorte de Léonard De Vinci occupé à sa tache sisyphéenne de remplissage d’un parchemin infini. Il faut peut-être y voir une allégorie de Steve Walsh alors en pleine panne créative.


Mais c’est avant tout la qualité musicale de Leftoverture qui en fait un jalon historique du rock progressif et plus largement du rock américain. À ce titre, impossible de ne pas évoquer le tube international "Carry On Wayward Son", qui synthétise bien l’ambition du groupe, doublement progressive et hard-rock (l’introduction est à ce titre un cas d’école) tout en demeurant accessible voire grand-public (les lignes de chant semblent bien viser cet objectif). Parmi les autres pièces fabuleuses de l’album, le solennel "Miracles Out of  Nowhere" rayonne grâce à ses magnifiques plans de claviers et de violon, à ses arpèges et à son refrain épique, à sa maîtrise du contrepoint et à son final épique.


Deux titres devenus cultes qui possèdent une écriture suffisamment alambiquée pour être qualifiée de progressifs, bien que cette dimension soit beaucoup plus affirmée sur des pièces fondamentalement inscrites dans cette esthétique. Ainsi, le mélancolique "Cheyenne Anthem" révèle toute sa finesse dans la recherche de sonorités de claviers originales, tandis que ses cheminements instrumentaux se veulent tortueux. Plus encore, "Magnum Opus" conclut l’album sur une touche très progressive : cette fresque de plus de huit minutes ne rechigne pas à mettre en place quelques passages très ambitieux qui évoqueront aussi bien Gentle Giant que King Crimson (période Red). Cette immersion totale dans le registre progressif, par ailleurs très réussie, est assez inattendue, tant elle renvoie aux premiers temps du groupe (pour les curieux, nous ne pouvons que conseiller l’écoute de l’album de Proto-Kaw, Early Recordings from Kansas 1971–1973, 2002).


Parallèlement, Kansas propose des morceaux plus immédiats comme l’électrique et imparable "What's on My Mind" ou le presque FM "Opus Insert" aux chœurs imposants, qui pour autant, ne manquent pas de contours progressifs à l’image de l’introduction de  "Questions of My Childhood" ou des aspérités Genesis-ennes de "The Wall".


Le tribunal de l’histoire aura exprimé une vérité au sujet de Leftoverture : il s’agit sûrement de la meilleure illustration de la voie que Kansas voulait tracer pour le rock progressif étatsunien, la plus aboutie également. Mais cette splendeur s’atténuera dès l’album suivant (Point of Know Return, 1977), pour emprunter un chemin déjà plus AOR, anticipant le destin de l’ensemble de la scène progressive mondiale ou presque.


À écouter : "Carry On Wayward Son", "Miracles out of Nowhere", "Cheyenne Anthem"

Commentaires
FrancoisAR, le 22/02/2026 à 18:31
Merci pour ton retour Daniel, et à ton service. Une précision tout de même pour Livgren, il ne devient chrétien qu'en 1979 et tient auparavant des positions ésotériques exotiques (un mélange New Age-pseudo chrétien et sectaire, mais même là c'est assez tardif - juste avant sa conversion). Les titres qui pourraient avoir un sens vraiment chrétien ont subi cette interprétation a posteriori par Livgren ("Carry On...") ou sont des extrapolations démenties par Livgren lui-même ("Dust in the Wind" est inspiré d'un poème amérindien). Et en 1979, Kansas n'est plus vraiment Kansas, sur le plan esthétique.
DanielAR, le 22/02/2026 à 12:24
A mon sens, le génie de Kansas a été de pouvoir "vulgariser" un style improbable, ce hard-rock pompier (comme on l'appelait en 1976), pour le rendre définitivement populaire sans l’abâtardir . Les "concurrents" de Styx œuvraient dans une dimension assez proche. Et la "foi chrétienne" au sens large était l'étonnant point commun entre les deux groupes. Livgren (chez Kansas) et De Young (chez Styx) étaient tous deux très militants (leurs lyrics en témoignent). "Leftoverture" voyage à mes côtés depuis 50 ans et il n'y a jamais eu la moindre bouderie entre nous. Merci mille fois pour cette chronique.